Rubio affirme que les États-Unis démantèleront la Cour pénale internationale « brique par brique »

Quds News Network, 14 juillet 2026. – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé lundi que l’administration Trump s’efforçait de « démanteler » et de « paralyser systématiquement » la capacité d’action de la Cour pénale internationale (CPI). Cette initiative constitue la dernière attaque en date contre le tribunal, qui a émis en 2024 un mandat d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Sous le slogan « Les États souverains plutôt que le mondialisme », Rubio a annoncé le lancement de cette campagne, soulignant que les États-Unis utiliseraient « tous les moyens à la disposition de notre gouvernement » et collaboreraient avec « tous les alliés avec qui nous pouvons faire cause commune » pour démanteler la Cour siégeant à La Haye, « brique par brique, si nécessaire ».

Le but de cette décision est d’empêcher la Cour de « cibler des militaires ou des responsables américains, ou de menacer d’une quelconque manière la souveraineté américaine », selon le département d’État.

Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, Rubio a accusé la Cour d’« interférer avec les opérations militaires et les activités des forces de l’ordre américaines » et a affirmé que se soumettre à la Cour équivaudrait à « la mort des États-Unis en tant que nation souveraine et indépendante ».

« La CPI représente une menace intolérable pour la souveraineté américaine : elle revendique le pouvoir de poursuivre et même d’emprisonner des militaires et des responsables américains agissant dans l’intérêt national des États-Unis », a déclaré le département d’État.

« La CPI cherche désormais à s’imposer comme un arbitre mondial échappant à toute responsabilité, se plaçant au-dessus de l’État-nation en tant que bras armé supranational d’une bureaucratie mondialiste », indique le communiqué du département.

Évoquant une enquête de la CPI sur d’éventuels crimes de guerre américains en Afghanistan, Rubio a affirmé que la Cour « s’érigeait en juge ultime de la politique militaire américaine et de l’ensemble du système judiciaire des États-Unis ».

Selon Rubio, la CPI est « soutenue et dirigée par un puissant réseau d’organisations non gouvernementales de gauche, de mondialistes arrogants et de gouvernements hostiles du tiers-monde, unis par leur animosité envers les États-Unis ».

Le département d’État a menacé de mettre en œuvre cette campagne en exhortant les pays à se retirer de la CPI et à rejeter sa « prétendue autorité pour poursuivre des responsables et des militaires américains ». À l’encontre des pays refusant de « rejeter l’autorité illégitime de la CPI tout en bénéficiant de l’aide américaine », le département a menacé d’exercer une surveillance accrue et a promis d’imposer des interdictions de voyager et des sanctions renforcées, ainsi que de révoquer les visas du personnel de la CPI et des organisations affiliées.

Le département d’État s’est engagé à inciter les pays non signataires du Statut de Rome (tels que les États-Unis et Israël) à se joindre aux États-Unis dans leur campagne. Ce statut confère à la CPI la compétence pour poursuivre les auteurs de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression.

La Cour compte 125 États membres, dont tous les pays de l’Union européenne.

Les pays les plus hostiles à la Cour sont depuis longtemps les grandes puissances mondiales, qui refusent de se soumettre à sa juridiction. La Russie et la Chine, principaux adversaires géopolitiques des États-Unis, ne sont pas membres de la CPI.

En 2002, le président George W. Bush a officiellement retiré la signature des États-Unis et a fait adopter la Loi pour la protection des membres du service américain (American Service-members’ Protection Act, ASPA), une loi restreignant la coopération américaine avec la CPI. L’ASPA autorise même le recours à la force pour libérer des militaires américains détenus, ce qui lui a valu le surnom de « loi sur l’invasion de La Haye » (Hague Invasion Act).

Washington a également fait pression sur divers pays pour qu’ils signent des accords bilatéraux d’immunité, afin d’empêcher le transfert de ressortissants américains à la CPI.

Rubio n’a fait aucune mention directe du mandat d’arrêt en cours visant Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Gaza dans le cadre du génocide — un conflit ayant coûté la vie à plus de 73.000 Palestiniens depuis octobre 2023.

La menace proférée par Rubio confirme les analyses et les rapports selon lesquels les États-Unis et Israël mènent une guerre diplomatique contre la Cour en raison de ses efforts pour tenir Israël responsable de crimes de guerre à Gaza, situation qualifiée de génocide par les Nations unies, les organismes de défense des droits humains et les spécialistes du génocide.

L’année dernière, le président américain Donald Trump a signé un décret imposant des sanctions à des juges de la CPI en raison des enquêtes visant de hauts responsables israéliens.

Ces mesures ont affecté la liberté de circulation et la sécurité physique des juges, ainsi que leur famille et leur capacité à effectuer des opérations courantes du quotidien.

Depuis février de l’année dernière, l’administration Trump a imposé des sanctions à 11 responsables de la CPI en lien avec ces mandats d’arrêt ainsi qu’avec l’enquête en cours de la Cour sur la situation en Afghanistan.

L’année dernière, Reuters a confirmé que l’administration Trump avait menacé la CPI de nouvelles sanctions si elle ne modifiait pas son texte fondateur pour empêcher toute enquête sur le président américain et les hauts responsables, et si elle n’abandonnait pas son enquête sur les responsables politiques israéliens concernant les crimes de guerre à Gaza. Reuters a rapporté que l’administration américaine exige également de la CPI qu’elle classe sans suite les enquêtes visant des dirigeants israéliens pour le génocide à Gaza et qu’elle mette fin à l’enquête sur les crimes de guerre commis par les troupes américaines en Afghanistan.

Si la Cour ne donne pas suite à ces trois exigences américaines, Washington pourrait prendre des mesures de rétorsion à l’encontre d’autres responsables de la CPI, voire sanctionner l’institution elle-même, a déclaré un responsable de l’administration Trump ayant requis l’anonymat.

Selon des informations récentes, l’organe de contrôle de la CPI a rejeté les demandes américaines visant à faire abandonner l’enquête sur les crimes de guerre israéliens et à modifier le Statut de Rome afin d’empêcher les poursuites contre des ressortissants de pays ne reconnaissant pas la compétence de la Cour.

En mars 2020, les procureurs ont ouvert une enquête sur la situation en Afghanistan, incluant les crimes commis par les troupes américaines.

« Une inquiétude grandit… à l’idée qu’en 2029, la CPI puisse se tourner vers le président, le vice-président, le secrétaire à la Défense et d’autres responsables, et engager des poursuites à leur encontre », a déclaré à Reuters un responsable de l’administration Trump.

« La solution consiste à modifier le Statut de Rome pour établir très clairement qu’ils n’ont pas compétence », a ajouté ce responsable.

Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR