Cheikh Qassem : « Les jours de l’ennemi sur notre terre sont comptés ; les négociations directes sont vaines »

Al Mayadeen, 27 avril 2026. Le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a déclaré lundi que l’occupation israélienne « ne subsistera pas sur un seul pouce de notre terre occupée, et notre peuple retournera sur ses terres ».

28 avril 2026, 11h30. L’armée d’occupation israélienne vient de publier cet avis en arabe ordonnant aux habitants de 16 villages et villes du sud du Liban de quitter immédiatement leurs maisons et de se diriger vers la ville de Saïda, invoquant une prétendue violation du cessez-le-feu par le Hezbollah. Source Quds News Network.

S’adressant à la communauté de la résistance, il a déclaré : « Ô notre peuple, de même que nous avons résisté ensemble, nous reconstruirons ensemble. »

Cheikh Qassem a souligné que la clé de la solution à la situation actuelle au Liban réside dans l’obtention des cinq points, avant toute autre chose.

Les cinq revendications sont les suivantes :

La fin de l’agression israélienne par voie terrestre, maritime et aérienne

Le retrait d’ »Israël » de tout le territoire libanais occupé

La libération de tous les détenus

Le retour des personnes déplacées dans leurs villes et villages

La reconstruction.

Il a dit que l’ennemi israélien, « soutenu par le tyran américain », avait parié sur l’élimination de la Résistance islamique et de sa communauté, mais que malgré le recours à tous les moyens possibles, il avait échoué depuis le lancement de l’opération « Peuple Puissant » le 23 septembre 2024.

Le cheikh Qassem a affirmé que l’ennemi avait fait un pari décisif le 2 mars 2026, mais que les combattants de la Résistance l’avaient affronté lors de la bataille de la Paille Mâchée, surprenant non seulement « Israël » et ses alliés, mais aussi le monde entier par leur résilience, leur courage et leur détermination, ainsi que par des tactiques diversifiées et efficaces, un commandement discipliné et une unité populaire inébranlable malgré les déplacements de population et les lourdes pertes.

Cette détermination, a-t-il conclu, a acculé l’ennemi dans une impasse. « Cette résistance est tenace, puissante et invincible », a-t-il souligné.

« Une concession humiliante… l’autorité doit retourner auprès de son peuple. »

Dans ce contexte de fermeté, le cheikh Qassem a critiqué les autorités libanaises pour s’être précipitées dans une « concession gratuite et humiliante », inutile et qui équivaut à une « soumission sans contrepartie ».

Il a réitéré son rejet catégorique des négociations directes, avertissant que la conduite des autorités « ne servira ni le Liban ni elles-mêmes », ajoutant que « ce que l’ennemi israélo-américain veut d’elles [les autorités libanaises] ne leur appartient pas, et ce qu’elles [les autorités libanaises] recherchent auprès de [l’ennemi israélo-américain] ne leur sera pas accordé ».

Le cheikh Qassem a souligné que les dirigeants actuels « ne peuvent continuer ainsi à renoncer aux droits du Liban, à céder des terres et à s’opposer à leur propre peuple », les exhortant à revenir à une gouvernance fondée sur l’ensemble de la nation et non sur une faction, en s’appuyant sur le consensus qui sous-tend l’Accord de Taëf et la Constitution libanaise. Il a ajouté que les autorités doivent corriger leurs « graves erreurs », interrompre les pourparlers directs avec Israël au profit de négociations indirectes et abroger la décision du 2 mars criminalisant la résistance et ses partisans, qui représentent plus de la moitié de la population libanaise, afin de permettre un véritable dialogue interne, libre de toute pression extérieure.

« Nous ne déposerons pas les armes. »

Le cheikh Qassem a expliqué que les armes de la résistance sont de nature défensive, destinées à repousser l’agression, et non à en être la cause.

Il a ajouté que le véritable objectif de l’agression est désormais clair pour tous : « l’occupation du Liban dans le cadre d’un prétendu projet de « Grand Israël » », et c’est précisément contre cet objectif que les armes de la résistance restent, à ce stade, essentielles à sa survie.

Reconnaissant l’ampleur du sacrifice, il a présenté le choix sans détour : « La libération et la dignité, ou l’occupation et l’humiliation, et l’humiliation n’est pas une option pour nous

Il a réaffirmé que la résistance ne désarmera pas, déclarant que l’évolution de la situation sur le terrain a démontré sa disposition au sacrifice, ajoutant que de tels sacrifices sont « le prix de la libération et d’une vie digne ».

« Pas de cessez-le-feu sans l’Iran »

Le cheikh Qassem a critiqué les partisans de la capitulation, affirmant qu’ils « ne sont pas directement visés, mais profitent des souffrances d’autrui », se contentant de « miettes de pouvoir et de gains mineurs » au prix de la destruction de leurs compatriotes et de l’occupation d’une partie de leur patrie. Il a appelé au retour à l’unité nationale, arguant que c’est la voie vers la victoire collective et la défaite de l’ennemi.

Il a attribué le cessez-le-feu au rôle de l’Iran lors des négociations à Islamabad, suite à la « détermination légendaire » de la résistance et du peuple libanais.

Il a remis en question la position des autorités, soutenant que toute proposition de cessez-le-feu, quel que soit le médiateur, devrait être acceptée, tout en insistant sur le fait que seul le Liban peut négocier ses propres conditions.

« Un jour de honte à Washington »

Le cheikh Qassem a évoqué le « Mercredi noir », jour où l’occupation israélienne a lancé 200 frappes aériennes sur Beyrouth et le Liban en dix minutes, tuant plus de 300 civils et en blessant plus de 1.200, sous prétexte que les autorités libanaises ne respectaient pas le cessez-le-feu.

Ce qui a suivi, a-t-il affirmé, fut pire encore. Des responsables libanais ont rencontré directement l’ennemi à Washington lors de ce qui fut « un jour de honte », à la suite duquel le département d’État américain a annoncé que les autorités libanaises avaient signé un accord, sans même se réunir.

Les termes de cet accord imposaient un cessez-le-feu unilatéral au Liban tout en autorisant Israël à poursuivre son agression. L’accord comprenait également la reconnaissance, par les deux gouvernements, de la nécessité de contenir les activités de la résistance et celles d’autres groupes qualifiés de « groupes dissidents ».

Le cheikh Qassem s’est alors demandé si le pouvoir en place avait choisi de s’allier à l’ennemi israélien contre son propre peuple. Il a néanmoins exprimé l’espoir qu’ils changeraient de cap, révélant que les négociations directes et leurs résultats sont « nuls et non avenus pour nous et ne nous concernent en aucune façon ».

Cheikh Qassem réaffirme la fermeté de la résistance

Cheikh Qassem a affirmé que la résistance continuera de défendre le Liban et son peuple, promettant qu’il n’y aura « aucun retour à la situation d’avant le 2 mars ». Il a promis que la résistance continuera de « répondre à l’agression israélienne et de la combattre. Quelles que soient les menaces, nous ne reculerons pas, nous ne plierons pas et nous ne serons pas vaincus. »

S’adressant à « Israël », il a déclaré : « Menacez autant que vous le souhaitez. Les hommes de Dieu sur le terrain ne plieront pas. »

Il a affirmé son unité avec le Mouvement Amal, les forces politiques nationales et les personnalités de toutes les régions et confessions du Liban.

Cheikh Qassem a juré que la résistance ne trahirait pas le sang de ses martyrs, « au premier rang desquels le maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, ainsi que Sayyed Hashem Safieddine et tous les martyrs », ni les blessures des blessés, les souffrances des détenus, ni les sacrifices des déplacés.

Concernant les capacités de la résistance, le cheikh Qassem a rejeté toute mesure temporelle, précisant : « Elles ne se mesurent ni en mois ni en années. Elles reposent sur trois piliers : la foi, la volonté et les capacités, et ces piliers sont inépuisables,» citant à la fois la résilience des combattants et le soutien divin, avant de conclure en saluant tout soutien à la libération et à la reconstruction du Liban, tout en rejetant ceux qui servent les intérêts de l’ennemi.

Article original sur Al Mayadeen / Traduction MR