Partager la publication "Le gouvernorat de Jérusalem met en garde contre un important projet de traitement des déchets sur les terres de Qalandiya"
PNN, 4 juin 2026. Le gouvernorat de Jérusalem a mis en garde jeudi contre la décision des autorités israéliennes d’entamer officiellement les procédures de planification d’un vaste projet de traitement des déchets, d’inspiration coloniale, sur les terres du village de Qalandiya, au nord-ouest de Jérusalem-Est occupée.
Cette initiative représente une dangereuse escalade dans les politiques d’annexion et de confiscation des terres dans les territoires palestiniens qui menacent la population palestinienne et l’agriculture dans la région.
Dans un communiqué, le gouvernorat a déclaré que les plans publiés prévoient la construction d’une importante station d’épuration sur les terres du village de Qalandiya, ainsi qu’une modification du tracé du mur de séparation existant, qui sera déplacé plus profondément à l’intérieur du territoire du village.
Selon le plan, le projet, dans son ensemble, entraînera la confiscation d’environ 278 dounams (27,8 ha) de terres palestiniennes, dépassant largement les superficies envisagées dans les plans précédents, révélant ainsi l’ampleur et les objectifs de ce projet colonial. Le rapport indique également que la zone visée comprend une quarantaine de maisons habitées, ainsi que plusieurs dizaines de dounams de terres agricoles fertiles plantées d’oliviers, de céréales et de légumes. Ce projet constitue donc une menace directe pour les moyens de subsistance des habitants, leur stabilité sociale et leur droit de rester sur leurs terres.
Selon le plan, une usine de traitement des déchets et de valorisation énergétique sera construite, les déchets étant injectés dans le réseau électrique israélien. Cette usine recevra d’importantes quantités de déchets de divers types, notamment du plastique, du papier et d’autres matières inflammables, dans le cadre d’un plan israélien plus vaste d’extension des infrastructures de traitement des déchets au détriment des terres palestiniennes occupées.
Le rapport précise que le projet remonte à juin 2024, lorsque le gouvernement d’occupation a chargé la société Eden, affiliée à la municipalité de Jérusalem, d’identifier un site pour l’usine. La société a proposé un terrain de 130 dounams (13ha) à Qalandiya, comprenant au moins sept bâtiments résidentiels et des terres agricoles, comme étape préliminaire à la construction de l’usine de traitement des déchets et de valorisation énergétique. Le gouvernorat de Jérusalem a ajouté qu’en avril 2025, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, avait signé un décret, conformément à l’article 19 du « Décret foncier », visant à réactiver deux anciennes confiscations datant de 1970 et 1982. Cette mesure avait pour but de préparer les terrains pour le nouveau projet.
La première confiscation, prononcée le 30 août 1970, concernait environ 1 200 dounams (120 ha) alloués à la zone industrielle d’Atarot, dont 390 (39 ha) appartenaient à des habitants de Qalandiya. La seconde confiscation, prononcée le 1er juin 1982, portait sur 137 dounams (13,7 ha) destinés à un prétendu « centre de sécurité ».
Le gouvernorat de Jérusalem a souligné que ce projet ne saurait être considéré comme un projet environnemental, contrairement aux affirmations des autorités d’occupation. Il s’inscrit plutôt dans un système colonial global visant à remodeler la géographie et la démographie palestiniennes à Jérusalem-Est occupée et dans ses environs. Le gouvernement a réaffirmé que les dangers du projet dépassent la simple confiscation des terres et la menace qui pèse sur les habitations, avec de graves conséquences environnementales et sanitaires. Ceci est dû à la proximité immédiate du site visé avec des zones résidentielles palestiniennes densément peuplées, situées dans et autour du village de Qalandiya.
Le gouvernement a averti que l’implantation d’une station d’épuration dans cette zone entraînerait une augmentation des émissions de polluants, d’odeurs et de particules fines, avec des répercussions négatives sur la qualité de l’air, les sols, les eaux souterraines et la santé publique.
Il a souligné que l’expérience internationale en matière de stations d’épuration situées à proximité de zones résidentielles fait état de risques accrus pour la santé publique, notamment une augmentation des taux de maladies respiratoires et cardiovasculaires et de certains types de cancer, en particulier chez les enfants et les personnes âgées.
De plus, il a mis en lumière les dommages potentiels causés à la production agricole et à la sécurité alimentaire locale par le ciblage de terres agricoles productives.
Le gouvernement a qualifié le projet d’exemple flagrant de « racisme environnemental », où les communautés palestiniennes sont accablées par les risques et les conséquences environnementales de projets au service des colonies israéliennes et de leurs infrastructures, en violation des principes de justice environnementale et du droit à un environnement sain.
Le gouvernorat de Jérusalem a affirmé que ce projet constitue une violation flagrante du droit international humanitaire, notamment de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de confisquer des biens privés ou d’exploiter un territoire occupé à son profit. Il contrevient également aux principes des droits humains et au droit international de l’environnement.
Le gouvernorat a appelé la communauté internationale, les Nations Unies et les organisations internationales de défense des droits de l’homme et de l’environnement à prendre des mesures immédiates pour stopper le projet et demander des comptes aux autorités occupantes pour leurs politiques ciblant les terres, le peuple et l’environnement palestiniens à Jérusalem occupée.
Article original en anglais sur Palestine News Network / Traduction MR


