Partager la publication "L’accord de Washington « ne passera pas », déclare le député Fadlallah à Al Mayadeen"
Al Mayadeen, 26 juin 2026 – « Le gouvernement libanais actuel est dépourvu de toute légitimité, tant constitutionnelle que consensuelle, et n’est pas en mesure d’imposer sa volonté au pays. » C’est ce qu’a déclaré jeudi un haut responsable parlementaire du Hezbollah, rejetant l’accord-cadre signé à Washington et contestant sa possibilité de mise en œuvre sur le terrain.

26 juin 2026.- Un drone israélien a largué des tracts au-dessus de la localité de Mansouri, dans le district de Tyr, au sud du Liban. Les tracts incitent contre le Hezbollah et annoncent que la ville fait partie de la ligne de contrôle israélienne alors qu’ils ne sont pas parvenus à prendre la ville durant la guerre. L’armée israélienne exige que les gens quittent la ville ou soient tués. (source InfoSudLiban)
Lors d’un entretien téléphonique avec Al Mayadeen, à la suite de la signature d’un accord-cadre entre les autorités libanaises et « Israël », M. Fadlallah a appelé les autorités libanaises à « se retirer de la voie des négociations directes » et à annuler « toutes les décisions prises à l’encontre du peuple libanais » dans ce contexte.
Il a qualifié d’« infondées » les informations suggérant que la position du Liban avait été élaborée lors de réunions entre lui-même, le général de division Hassan Choucair et le général de brigade André Rahal. Il a ajouté que les informations diffusées « contredisaient ce qui avait été communiqué aux responsables concernés de l’État libanais » concernant le refus du Hezbollah de participer à des pourparlers directs.
« Ne vous précipitez pas pour annoncer de bonnes nouvelles à votre peuple » : Fadlallah à Netanyahu
Fadlallah s’est adressé directement au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui lançant : « Ne vous précipitez pas pour annoncer de bonnes nouvelles à votre peuple. »
Il a affirmé que Netanyahu était en réalité en train de « négocier avec lui-même », qualifiant le gouvernement libanais actuel d’« illégitime sur le plan constitutionnel et consensuel » et d’« incapable d’imposer ses diktats ».
« Cette administration ne pourra pas faire respecter l’accord signé à Washington à moins de recourir, avec le soutien des États-Unis, à une guerre civile », a déclaré Fadlallah.
Il a qualifié l’accord de Washington de « tentative de faire dérailler la voie tracée par Islamabad » et a insisté sur le fait que « sans résistance, rien ne passera », jurant que le Hezbollah « ne permettra pas aux autorités de détruire le Liban » ni de « leur abandonner le destin du pays ».
« Le facteur important, c’est le champ de bataille, et nous en sommes maîtres ; nous sommes le peuple de cette terre », a-t-il conclu.
L’Iran ne signera aucun accord avant un retrait israélien complet
Concernant l’Iran, Fadlallah a déclaré que la position de Téhéran « est claire » et qu’il « ne signera aucun accord avant un retrait israélien du Liban », affirmant que le gouvernement libanais a fait un « cadeau » à « Israël » qui « n’aura aucun effet sur le terrain ».
Le député a averti que le Hezbollah « s’opposerait à toute mesure gouvernementale » et « s’accrocherait davantage » à sa résistance et à ses armes. Il a affirmé que l’opposition du groupe est « sérieuse » et qu’elle ne permettrait pas aux autorités de « mettre en œuvre leurs engagements sur le terrain ».
Évoquant la participation continue du Hezbollah au gouvernement, Fadlallah a déclaré : « La présence de nos ministres au sein du gouvernement répond à une logique propre, et notre présence en son sein ne signifie pas que nous approuvons ses décisions. »
Il a soutenu que des pourparlers directs avec « Israël » violent l’article 52 de la Constitution, ajoutant : « Nul n’a le droit de mettre fin à l’état d’hostilité envers « Israël ». »
Fadlallah a également souligné que le Hezbollah ne cherche pas la confrontation avec l’armée nationale, affirmant : « Nous ne voulons aucun affrontement avec notre armée nationale, qui s’acquitte pleinement de ses devoirs ; l’armée demeurera, la résistance demeurera et le peuple demeurera. »
Il a conclu par un message direct à Netanyahu : « Vous avez conclu un accord avec quelqu’un qui ne possède rien. L’état d’hostilité envers Israël perdurera, et quiconque serre la main de l’ennemi se rend complice de ses crimes. »
Article original en anglais sur Al Mayadeen / Traduction MR