Deux Palestiniens, dont un garçon de 14 ans, tués par des colons israéliens en Cisjordanie ; un deuxième enfant tué quelques heures plus tard

Quds News Network, 21 avril 2026. Deux Palestiniens, dont un garçon de 14 ans, ont été abattus par des colons israéliens mardi dans le village d’Al-Mughayyir, en Cisjordanie occupée. Au total, trois Palestiniens ont été tués aujourd’hui par des colons israéliens dans les territoires occupés, dont deux enfants, dans un contexte de recrudescence des violences perpétrées par les colons contre les Palestiniens.

Aws Hamdi Al-Naasan, 14 ans, et Marzouq Abu Naim, 32 ans (photos ci-dessus), ont été tués et quatre autres personnes blessées lors d’une fusillade perpétrée par des colons israéliens dans le village d’Al-Mughayyir, près de Ramallah, en Cisjordanie.

Ce mardi matin, des colons et des soldats israéliens ont attaqué des agriculteurs du village pendant qu’ils travaillaient leurs terres dans la région de Wadi Amar, au sud d’al-Mughayyir, selon des sources locales. Ces dernières ont ajouté que les assaillants tentaient de les expulser et de les empêcher de cultiver leurs terres.

Le meurtre de deux personnes, dont un élève, est survenu lors d’une attaque menée par des colons contre l’école de garçons d’al-Mughayyir, ont indiqué des sources locales.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, apparemment filmée par des habitants du village, montre un colon israélien armé n’hésitant pas à ouvrir le feu sur la population. Ce colon a été identifié comme étant Shmuel Effendi (photo ci-dessous).

Le ministère de la Santé a annoncé que quatre Palestiniens ont été tués depuis ce matin en Cisjordanie occupée.

Le père d’Aws Al-Naasan, Hamdi, avait également été tué par des colons israéliens en 2019, ont précisé des sources. Auparavant, Muhammad Majdi al-Ja’bari, âgé de 16 ans, avait été tué par un colon à Hébron, et Raja’ Fadl Bitawi, âgé de 49 ans, avait succombé à ses blessures par balles israéliennes à Jénine il y a près de deux ans.

Aws auprès de son père assassiné, en 2019.

Selon les données des Nations Unies, plus de 1.000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem, par les forces israéliennes et les colons depuis le 7 octobre 2023 ; parmi eux, un tué sur cinq est un enfant.

Récemment, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a confirmé que 1.079 Palestiniens, dont au moins 235 enfants, ont été tués en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, entre le 7 octobre 2023 et le 30 mars 2026. Parmi eux, plus de 33 ont été tués depuis le début de l’année 2026.

L’OCHA a ajouté que les violences et le harcèlement perpétrés par les colons israéliens se poursuivent sans relâche en Cisjordanie occupée. Ces attaques ont connu une augmentation dramatique depuis le début du génocide à Gaza.

La violence des colons est également devenue un facteur majeur des déplacements forcés en Cisjordanie occupée.

Ces attaques surviennent alors que le cabinet de sécurité israélien a ratifié une série de décisions impulsées par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Défense, Israel Katz, permettant à Israël de revendiquer de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme « propriété de l’État ». Amnesty International a déclaré que l’expansion des colonies illégales et la violence des colons, soutenue par l’État, dans le territoire palestinien occupé, constituent « une mise en cause directe de l’échec catastrophique de la communauté internationale à prendre des mesures décisives ». Dans un rapport publié en mars par l’ONU, le nombre de Palestiniens chassés de force de leurs foyers par Israël en Cisjordanie occupée a bondi de 25 % entre le 1er novembre 2024 et le 31 octobre 2025.

Durant cette période, plus de 36.000 Palestiniens ont été déplacés. Le rapport recense 1.732 incidents de violence perpétrés par des colons ayant entraîné des victimes ou des destructions matérielles, contre 1.400 lors de la période précédente – soit une augmentation de près de 25 %.

Ces attaques incluent des actes de harcèlement et d’intimidation répétés, ainsi que la destruction de maisons, de terres agricoles et de moyens de subsistance palestiniens.

« La violence des colons continue de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central en dirigeant, participant ou facilitant ces agissements », indique le rapport, rendant difficile la distinction entre violence d’État et violence des colons.

L’impunité généralisée et persistante « facilite et encourage la violence et le harcèlement à l’encontre des Palestiniens », ajoute-t-il. Des soldats et colons israéliens ont également recours à la violence sexiste, aux agressions et au harcèlement sexuels pour contraindre les Palestiniens à quitter leurs foyers en Cisjordanie occupée, ont déclaré cette semaine des experts en droits humains et en droit.

Des femmes, des hommes et des enfants palestiniens ont rapporté avoir subi des agressions, des actes de nudité forcée, des fouilles corporelles invasives et douloureuses, des exhibitions génitales d’Israéliens, y compris devant des mineurs, ainsi que des menaces de violences sexuelles.

« La violence sexuelle est utilisée pour faire pression sur les communautés, influencer leurs décisions de rester ou de quitter leurs foyers et leurs terres, et bouleverser leur quotidien », a indiqué un groupe d’organisations humanitaires internationales dans un rapport.

L’étude, intitulée « Violences sexuelles et transferts forcés en Cisjordanie », détaille des témoignages faisant état d’une escalade des agressions sexuelles et des humiliations subies par les Palestiniens dans leurs communautés et à leur domicile depuis 2023.

Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR