Partager la publication "Déplacements massifs au Sud-Liban suite à une nouvelle incursion terrestre des forces israéliennes"
The Cradle, 3 mars 2026. – Des dizaines de milliers de Libanais ont été déplacés du Sud-Liban et de l’Est du pays à la suite des attaques brutales d’Israël et des ordres d’évacuation massive, après l’ouverture d’un front par le Hezbollah en soutien à la République islamique d’Iran.
Ces deux derniers jours, au moins 30.000 personnes (1) ont rejoint la capitale depuis de nombreux villages du Sud et la région de la Bekaa, à l’Est.
Des milliers d’autres ont fui la banlieue sud de Beyrouth, soumise à d’intenses bombardements, et tentent de trouver un logement dans d’autres quartiers de la ville.
Depuis sa première opération en plus d’un an, le Hezbollah a revendiqué plusieurs autres attaques, notamment des tirs de roquettes et de drones.
Mardi après-midi, le Hezbollah a affirmé avoir touché quatre Merkavas israéliens dans le Sud. Plusieurs tirs de roquettes et incursions de drones ont également été menés contre des sites israéliens de l’autre côté de la frontière.
Entre-temps, Israël a annoncé le début d’une offensive terrestre au Sud-Liban, progressant vers la ville de Khiam et d’autres zones. L’armée israélienne a déclaré mener une opération au Sud-Liban dans le cadre d’une mesure de défense avancée le long de la frontière.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a indiqué avoir approuvé, conjointement avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’avancée et l’occupation par l’armée israélienne de nouvelles zones stratégiques au Liban.
« Afin de prévenir tout risque de tirs directs sur les localités israéliennes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi-même avons autorisé Tsahal à progresser et à contrôler des positions dominantes supplémentaires au Liban, et à défendre les localités frontalières depuis ces positions », a-t-il déclaré, ajoutant que le Hezbollah « paiera un lourd tribut pour avoir tiré sur Israël ».
Lors de son attaque terrestre d’octobre 2024 au Liban, Israël n’était pas parvenu à contrôler de territoire au Sud-Liban. Après l’instauration du cessez-le-feu, le pays a établi une occupation dans plusieurs zones frontalières, occupation qu’il a continué d’étendre au cours de l’année écoulée.
Les troupes de l’armée libanaise, déployées dans le sud du pays dans le cadre du cessez-le-feu, se sont retirées de plus de 50 positions frontalières et points d’appui nouvellement établis, ouvrant la voie à de nouvelles incursions terrestres menées par les forces israéliennes. Les plus importantes de ces incursions ont eu lieu dans les villes frontalières du sud du Liban, notamment Aïta al-Chaab, Iaroun et Kfarkila.
Des sources militaires ont qualifié ce retrait de « repositionnement » auprès des médias locaux.
Selon un article d’Al-Jadeed, l’armée a présenté plusieurs options aux dirigeants politiques lors d’une réunion du cabinet cette semaine. L’une d’elles consistait à ce que les troupes libanaises fassent face à toute incursion terrestre israélienne.
Le cabinet libanais a rejeté cette option à l’unanimité, la jugeant « suicidaire » pour l’armée.
(1) Mise à jour Al Jazeera le 4 mars à 11h48.- Le ministre libanais des Affaires sociales a déclaré à Al Jazeera que 65.000 personnes s’étaient inscrites dans des abris après avoir été déplacées par les récentes frappes israéliennes.
Article original en anglais sur The Cradle / Traduction MR
