Partager la publication "Le prix Nobel de la paix décerné à une enquêtrice de l’ONU ayant accusé Israël de génocide à Gaza"
The Palestine Chronicle, 10 octobre 2026 – Navanethem Pillay, dite Navi Pillay, remporte le prix Nobel de la paix après avoir dirigé une enquête majeure de l’ONU sur le génocide commis par Israël à Gaza, suscitant l’indignation d’Israël.
Points clés
- Navi Pillay a reçu le prix Nobel de la paix 2026 pour ses décennies d’engagement en faveur de la justice internationale, des droits humains et de l’État de droit.
- Elle a présidé la commission de l’ONU qui a conclu, en septembre 2025, qu’Israël avait commis un génocide à l’encontre des Palestiniens de Gaza.
- Israël a condamné cette distinction, tandis que l’Afrique du Sud, la Commission européenne, Amnesty International et l’ONU ont salué cette reconnaissance.
Le Comité Nobel salue l’action de Navi Pillay en faveur de la justice internationale
La juriste sud-africaine Navi Pillay, qui a présidé une commission de l’ONU ayant conclu qu’Israël avait commis un génocide à l’encontre des Palestiniens de Gaza, a reçu le prix Nobel de la paix 2026 ce vendredi.
Le Comité Nobel norvégien a honoré cette ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, âgée de 85 ans, pour son action de plusieurs décennies en faveur de la justice internationale et du renforcement des institutions juridiques.
Selon l’agence de presse Reuters, le comité a souligné l’importance de défendre le droit international alors que les institutions qui enquêtent sur les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides subissent des pressions politiques croissantes.
Navi Pillay assistait à une conférence juridique à Nuremberg, en Allemagne, au moment de l’annonce du prix. La cérémonie de remise aura lieu à Oslo le 10 décembre.
Cette distinction couronne une carrière marquée notamment par la défense de militants anti-apartheid en Afrique du Sud, sa nomination en tant que première femme non blanche à la Haute Cour du pays, ainsi que ses fonctions de juge et de présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a félicité Navi Pillay et a qualifié ce prix de reconnaissance de son engagement de toute une vie en faveur de la justice, de la paix et de la dignité humaine.
« Elle a servi l’humanité avec intégrité et la conviction que le monde peut et doit être un endroit meilleur », a déclaré M. Ramaphosa dans un communiqué relayé par la Deutsche Welle.
Il a salué son travail juridique durant l’apartheid ainsi que ses contributions ultérieures à la justice internationale.
Navi Pillay rejoint ainsi les précédents lauréats sud-africains du prix Nobel de la paix : Albert Luthuli, Desmond Tutu, Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerk.
Les conclusions de l’ONU sur le génocide à Gaza suscitent la condamnation d’Israël
Mme Pillay a présidé la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé, laquelle a conclu en septembre 2025 que les autorités israéliennes et les forces d’occupation avaient commis un génocide à l’encontre des Palestiniens de Gaza.
La commission a établi qu’Israël avait commis quatre des cinq actes constitutifs de génocide définis par la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Ces actes comprenaient le meurtre de Palestiniens, l’atteinte grave à leur intégrité physique ou mentale, la soumission du groupe à des conditions d’existence calculées pour entraîner sa destruction, ainsi que la mise en œuvre de mesures visant à entraver les naissances.
La commission a également conclu que les déclarations de hauts responsables israéliens, examinées au regard du comportement des forces israéliennes, démontraient une intention génocidaire.
« La commission conclut qu’Israël est responsable de la commission d’un génocide à Gaza », a déclaré Mme Pillay lors de la présentation des conclusions.
« Il est manifeste qu’il existe une intention de détruire les Palestiniens de Gaza par des actes répondant aux critères énoncés dans la Convention sur le génocide », a-t-elle ajouté.
La commission a appelé Israël et les autres États à honorer leurs obligations en mettant fin au génocide et en traduisant les responsables en justice.
La réaction virulente d’Israël
Le ministère israélien des Affaires étrangères a condamné l’annonce du prix Nobel faite vendredi, s’en prenant à Mme Pillay et l’accusant d’instrumentaliser les institutions internationales contre Israël.
« S’il existait un prix pour le mensonge, la haine et les accusations sanguinaires, Navi Pillay ne se contenterait pas d’y prétendre : elle serait en tête de liste », a affirmé le ministère dans un communiqué relayé par la Deutsche Welle.
Il a qualifié cette décision d’« instrumentalisation grotesque » du prix.
Israël a rejeté les conclusions de la commission alors qu’Amnesty International, B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel ont également conclu qu’Israël avait commis un génocide à Gaza.
La procédure distincte engagée par l’Afrique du Sud contre Israël est toujours en cours devant la Cour internationale de justice. La Cour a ordonné des mesures conservatoires mais n’a pas encore rendu d’arrêt définitif sur le fond de l’affaire.
Des dirigeants internationaux et des organisations de défense des droits saluent cette distinction
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué la distinction décernée à Mme Pillay, louant son travail en faveur des communautés vulnérables et persécutées.
« Elle a regardé la brutalité de l’injustice droit dans les yeux sans jamais détourner le regard », a écrit Mme von der Leyen sur son compte X.
Elle a évoqué le combat de Mme Pillay contre l’apartheid en Afrique du Sud et le génocide au Rwanda, soulignant son attachement à l’État de droit.
La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a qualifié ce prix de « choix inspiré ».
« À une époque où le droit international et la justice sont tous deux attaqués, et où trop d’États tentent de les vider de leur substance, ce prix Nobel de la paix arrive à point nommé », a écrit Mme Callamard.
L’ONU a également salué cette annonce, y voyant la reconnaissance de l’importance constante des droits humains.
M. Ramaphosa a déclaré que ce prix offrait l’occasion de célébrer la contribution de Mme Pillay à la paix, à la dignité humaine et à l’espoir pour les populations du monde entier.
(PC, DW, Reuters)
Article original en angtlais sur The Palestine Chronicle / Traduction MR
