Partager la publication "Israël ferme les points de passage vers Gaza et suspend l’aide humanitaire suite à l’offensive iranienne"
Quds News Network, 8 juin 2026. – Israël a fermé tous les points de passage frontaliers vers Gaza et suspendu l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave, malgré un accord de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis. Cette décision intervient dans un contexte de restrictions et d’attaques persistantes, aggravant la crise humanitaire et détériorant les conditions de vie des Palestiniens à Gaza.

Le sud de la bande de Gaza, dans la nuit du 6 au 7 juin. Le cessez-le-feu tel que le conçoit l’occupant israélien.
Le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires), une unité du ministère israélien de la Défense, a confirmé la fermeture de tous les points de passage vers Gaza, y compris ceux de Karem Abou Salem et de Rafah, jusqu’à nouvel ordre.
Israël a justifié sa décision par l’offensive iranienne, après que l’Iran a lancé une salve de missiles vers Israël, suite aux avertissements de Téhéran exigeant qu’Israël mette fin à son offensive en cours au Sud-Liban sous peine de nouvelles attaques.
« L’opération de ce soir était un avertissement. Si ces agressions se répètent, les réponses seront plus larges et viseront toutes les cibles américano-sionistes de la région », a déclaré le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien dans un communiqué. Ces frappes ont fait suite à de multiples avertissements iraniens concernant l’invasion israélienne du Sud-Liban, qui se poursuit à un rythme soutenu malgré le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban en début de semaine.
Israël a franchi « toutes les lignes rouges » en continuant de cibler la banlieue sud de Beyrouth, connue sous le nom de Dahiyeh, a déclaré dimanche le quartier général Khatam al-Anbiya des Gardiens de la révolution.
« Nous avions déjà averti que si les crimes dans la banlieue de Beyrouth s’étendait, nous attaquerions des cibles dans les territoires occupés », a-t-il précisé.
Khatam al-Anbiya a ajouté que si Israël « étend ses attaques dans cette région ou riposte aux actions de l’Iran, il subira des revers encore plus cuisants et regrettables, et des attaques destructrices seront lancées contre le régime et ses partisans ».
Le COGAT a également affirmé que la fermeture du point de passage n’affecterait pas la situation humanitaire à Gaza, ajoutant que la quantité de nourriture entrant dans l’enclave depuis le début du cessez-le-feu avait « largement dépassé » les besoins nutritionnels de la population, selon les normes de l’ONU. C’est la deuxième fois qu’Israël ferme les points de passage vers Gaza durant son offensive contre l’Iran, aggravant ainsi les souffrances des patients nécessitant des soins médicaux et des Palestiniens déplacés.
Selon des chiffres publiés par le quotidien israélien Haaretz en mars, le nombre de camions d’aide entrant dans la bande de Gaza, ravagée par la guerre, a chuté de 80 % depuis le début de l’offensive israélo-US contre l’Iran en février, suite à la fermeture par Israël de tous les points de passage frontaliers avec Gaza, sans aucune justification. Le point de passage de Rafah n’a rouvert qu’au début du mois de février pour permettre à un petit nombre de Palestiniens de traverser pour la première fois depuis des mois, notamment des patients nécessitant des soins médicaux urgents, sous strictes restrictions et sous surveillance étroite.
Depuis le début du cessez-le-feu, les autorités israéliennes empêchent les camions d’entrer par le point de passage de Rafah, et limitent son utilisation au passage des personnes physiques.
Le point de passage de Karem Abu Salem a rouvert quelques jours après sa première fermeture afin de permettre « l’entrée progressive de l’aide humanitaire » sur le territoire. Ce point de passage se situe à l’intersection de la frontière de la bande de Gaza avec les frontières israélienne et égyptienne et a également été fermé le premier jour de l’offensive contre l’Iran.
Des informations font état du projet d’Israël de restreindre davantage l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza. Selon Palestine Economic, citant une source proche du dossier, les autorités d’occupation israéliennes ont informé les organisations internationales, lors d’une récente réunion, de leur intention de limiter l’entrée d’aide et de biens à Gaza.
La source ajoute que les organisations internationales ont rejeté la politique israélienne, avertissant que toute entrave à l’acheminement des fournitures ferait ressurgir la menace de famine à Gaza.
Human Rights Watch a déclaré dans un rapport publié en février que les restrictions israéliennes sur l’aide humanitaire continuaient de provoquer des pénuries de médicaments, de matériel de reconstruction, de nourriture et d’eau dans la bande de Gaza.
La grande majorité des plus de deux millions d’habitants de Gaza dépendent des organisations humanitaires pour se nourrir, s’hydrater, se soigner, se loger et accéder à d’autres produits de première nécessité, après plus de deux ans de guerre contre Israël qui ont ravagé une grande partie du territoire.
Israël est accusé d’utiliser la famine comme arme de guerre tout au long de sa campagne génocidaire à Gaza, un acte que les organisations de défense des droits humains qualifient de crime de guerre.
Malgré le cessez-le-feu, les attaques israéliennes dans la bande de Gaza, ravagée par la guerre, ont connu une recrudescence. Au moins 119 Palestiniens ont été tués lors d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza, ravagée par la guerre, au cours du seul mois de mai, a annoncé mardi le ministère palestinien de la Santé. Il s’agit du bilan mensuel le plus lourd enregistré depuis le début de l’année.
Selon le ministère, les femmes, les enfants et les personnes âgées représentent 30 % des victimes, dont 19 enfants (16 %) et 10 femmes (8,5 %).
Au moins 33 Palestiniens ont été tués et plus de 130 blessés durant les quatre jours de l’Aïd, du 27 au 30 mai, d’après le ministère de la Santé.
Israël a violé le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre à plus de 3.000 reprises, faisant des centaines de morts et bloquant l’acheminement de l’aide humanitaire indispensable.
Depuis le cessez-le-feu, les forces israéliennes ont tué plus de 930 Palestiniens, dont plus de 300 enfants, femmes et personnes âgées.
Les immeubles d’habitation, les marchés, les véhicules et les cafés continuent d’être pris pour cible. Dans certains cas, des familles ont reçu l’ordre de déplacement quelques minutes seulement avant que leurs maisons ne soient bombardées, tandis que beaucoup d’autres n’ont reçu aucun avertissement.
Plus de 72.900 Palestiniens ont été tués dans des attaques israéliennes depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a condamné les récentes attaques israéliennes dans la bande de Gaza, affirmant que « la violence incessante des massacres » reflète « l’impunité généralisée » dont jouit Israël.
« Des Palestiniens continuent d’être tués et blessés dans ce qui reste de leurs maisons, dans les abris et les tentes des familles déplacées, dans les rues, dans des véhicules, dans un centre médical et dans une salle de classe », a déclaré M. Turk.
Ces attaques surviennent alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, recherché par la Cour pénale internationale, a déclaré la semaine dernière avoir ordonné à l’armée israélienne de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, un « premier pas », contraignant ainsi environ 2 millions de Palestiniens à se réfugier dans une portion toujours plus réduite de l’enclave côtière dévastée.
À la mi-mars, l’armée israélienne a discrètement transmis des cartes à des organisations humanitaires montrant qu’elle avait étendu son emprise d’environ 11 % au-delà de la « ligne jaune » de démarcation convenue lors du cessez-le-feu d’octobre. De ce fait, 64 % de Gaza, au lieu des 53 % stipulés dans l’accord d’octobre, se trouvait sous contrôle israélien direct.
Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, avait déclaré précédemment que l’objectif ultime d’Israël était d’expulser un grand nombre de Palestiniens de Gaza, dans le cadre de ce qu’il qualifiait de « migration volontaire », mais que les militants des droits humains décrivent comme un plan à long terme de nettoyage ethnique visant à rendre les conditions de vie à Gaza intolérables.
Ajith Sunghay, chef du bureau des droits de l’homme des Nations Unies dans les Territoires palestiniens occupés, a déclaré que « la préoccupation de l’ONU concernant la commission de crimes de guerre à Gaza demeure intacte ».
« Il est déjà extrêmement difficile de survivre en situation de déplacement permanent dans les ruines de Gaza, sous blocus, et après que les attaques israéliennes ont pratiquement détruit tous les services essentiels : santé, éducation, production alimentaire, application de la loi et ordre civil », a-t-il ajouté. « Il est impensable de poursuivre les attaques militaires contre une population vivant dans de telles conditions. »
Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR