Des résolutions déconnectées de la réalité palestinienne

Ramona Wadi, 27 mai 2026. Si Israël n’est pas tenu responsable du colonialisme, des violences coloniales et du génocide, aucune résolution ne pourra apporter le moindre soulagement au peuple palestinien. La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a adopté un projet de décision qui occupera l’institution avec les données collectées, mais ne changera rien à la situation concrète des Palestiniens.

Ce projet de décision de l’OMS, intitulé « Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé », exige un suivi, une évaluation et un compte rendu de la quasi-totalité des conséquences des violences coloniales, notamment l’insécurité alimentaire et la famine, la malnutrition et ses conséquences, ainsi que les attaques contre le système de santé. Concernant ces dernières, le projet ne mentionne pas les auteurs de ces attaques, comme c’est souvent le cas dans les documents officiels internationaux. Il qualifie Gaza d’occupée, mais ne fait aucune mention du génocide perpétré par Israël. Les mentions d’Israël se limitent à l’occupation, aux opérations militaires et à ses obligations en vertu du droit international, une définition très restrictive qui contribue à normaliser l’impunité.

Les institutions internationales disposent de nombreux éléments concernant la violence coloniale israélienne et ses conséquences. Tout rapport supplémentaire est vain, car malgré l’abondance de documents attestant des violations du droit international commises par Israël, la communauté internationale refuse d’agir politiquement. L’action humanitaire, quant à elle, est entravée par des ingérences politiques et par l’insistance sur la neutralité au profit d’Israël.

Malgré ces omissions, la gravité du colonialisme israélien est clair. Le projet de décision, par exemple, exige un rapport sur « l’interdépendance entre la santé et les autres secteurs ». Les déplacements forcés sont mentionnés dans ce contexte, ce qui révèle la conscience qu’a l’organisation internationale du colonialisme et son refus de le combattre. Les résolutions en général, et celle de l’OMS ne fait pas exception, reposent sur le principe de normaliser l’anormal. On peut longuement parler de prévention et de reconstruction, mais Israël n’a aucune incitation à s’y conformer. Il se place au-dessus du droit international, reste impuni, tandis que les organisations internationales peinent à couvrir l’espace ambigu où se mêlent droits humains et diplomatie. Il en résulte une désintégration complète de ce qui reste de la Palestine et de la vie des Palestiniens. Qu’il s’agisse des obstacles à l’acheminement de l’aide humanitaire ou de la détérioration des conditions de vie due aux déplacements forcés, aux violences coloniales, au génocide à Gaza et au manque d’infrastructures contribuant aux problèmes de santé, le fait est que les organisations demeurent intactes, tandis que le peuple palestinien lutte pour sa survie.

Le projet de décision appelle à « renforcer les partenariats avec d’autres agences des Nations Unies telles que l’UNRWA, l’UNICEF et les partenaires dans le territoire palestinien occupé ». Cependant, elle ne remet pas en question le fait que toutes les organisations internationales opèrent dans un cadre qui protège les violations coloniales. Savoir quels sont les enjeux sanitaires à prendre en compte dans les territoires palestiniens occupés ne revient pas à s’attaquer au cadre international des limitations imposées à l’aide sanitaire et humanitaire.

Se contenter d’invoquer le droit international ou de rappeler les mesures conservatoires de la Cour internationale de Justice (CIJ) n’offre aucune sécurité aux Palestiniens. Ces formules toutes faites ne font que conférer une légitimité institutionnelle aux organisations internationales.

Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR