Partager la publication "Le Conseil de la Paix de Trump exporte la diplomatie israélienne du « cessez-le-feu »"
Robert Inlakesh, 13 février 2026. – Le nouvel ordre instauré par l’administration Trump, à travers son « Conseil de la Paix », un nom digne d’Orwell, n’est autre qu’un modèle israélien exporté à l’international. Il s’agit d’une tentative désespérée de préserver la position dominante des États-Unis en tant que superpuissance, tout en constituant un coup d’État sioniste.
Bien que le prétendu « Conseil de la Paix » (CdP) ait reçu l’autorisation légale du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) pour son objectif de soutien au cessez-le-feu à Gaza, sa charte fondatrice ne mentionne ni Gaza ni la Palestine. Aucun Palestinien n’en est membre.
Le CdP est manifestement un organe qui cherche à remplacer les Nations Unies, ouvrant la voie à un monde qui ne reconnaît plus les Conventions de Genève ni le droit international. Le budget de la défense états-unien pour 2026, récemment adopté par le Congrès, confirme cette orientation. Non seulement Washington verse ses 4 milliards de dollars obligatoires à l’entité sioniste, mais il interdit également de financer l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI).
Washington sanctionne activement des fonctionnaires de l’ONU et des juges de la CPI. De plus, les États-Unis se sont retirés du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Rien de tout cela n’est dû au hasard ; tout cela fait partie d’un plan soigneusement élaboré, qui, en fin de compte, profite aux Israéliens.
Sous l’administration Biden, les États-Unis ont adopté le Partenariat pour les infrastructures et les investissements mondiaux (PGII), une initiative proposée aux pays du G7 et poursuivie par l’administration Trump, avec quelques ajustements politiques à tendance républicaine.
Le PGII est la vision états-uniennee pour contrer l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie, mais en utilisant une approche diamétralement opposée. Washington souhaite que les multinationales occidentales fonctionnent selon un modèle de capitalisme des parties prenantes – initialement proposé par le Forum économique mondial – ce qui signifie que les entreprises prennent toutes les décisions importantes. Les projets pilotés par les actionnaires, ces entreprises qui orchestrent les relations publiques et façonnent le soft power, leur permettent également d’injecter des fonds à la place des gouvernements. Imaginez le rôle officieux de la Compagnie des Indes orientales, mais décuplé.
Tandis que ces entreprises poursuivent leurs objectifs, influencent les politiques et échappent à tout contrôle ou obligation de rendre des comptes, voici qu’intervient le « Conseil de la Paix » qui supervisera l’ensemble du projet. Le Conseil de la Paix est un système payant, dirigé par un dictateur et constitué de milliardaires, qui utilise la puissance des États-Unis pour contraindre le monde à se plier à ses exigences.
Le Conseil de la Paix est bourré de sionistes, de larbins des Émirats arabes unis, de despotes corrompus et du cercle restreint de Trump, composé d’élites économiques à la fois compétentes et incompétentes. Son premier grand projet, où il agira comme une ONU de substitution, est la bande de Gaza.
Guerres sans fin
Un tel ordre mondial, si ce projet ne s’effondre pas, repose sur le slogan favori de Donald Trump : « La paix par la force ». Autrement dit, la force prime le droit, ce qui correspond précisément à la manière dont la gestion des conflits est menée.
L’engagement de l’administration Trump en faveur d’une diplomatie du cessez-le-feu, sous l’impulsion des hommes d’affaires sionistes Jared Kushner et Steve Witkoff, révèle qu’elle privilégie l’imposition de scénarios impossibles à maintenir plutôt que la résolution des problèmes. Cette approche relève de la pure arrogance.
Le bref échange de tirs entre le Pakistan et l’Inde n’a pas abouti à un règlement, pas plus que le différend entre la Thaïlande et le Cambodge, deux conflits dont le président US Trump revendique la résolution. Des cessez-le-feu ont beau avoir été conclus, aucune mesure concrète n’a été prise pour s’attaquer aux causes profondes du problème. Il s’agit simplement d’un ordre donné aux deux camps de mettre fin aux hostilités.
L’exemple le plus flagrant et pertinent pour le CdP est celui de Gaza, premier terrain d’expérimentation du nouveau système onusien alternatif. Le cessez-le-feu à Gaza n’aborde aucun des problèmes politiques sous-jacents, ne recourt à aucun cadre juridique pour trouver des solutions et se résume à un accord qui donne aux Israéliens tout ce qu’ils veulent.
Si le Hamas semble commettre la moindre violation du cessez-le-feu, le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC), dirigé par les États-Unis et dont sont membres plus de 20 régimes contrôlés par les États-Unis, donne carte blanche aux Israéliens pour perpétrer des massacres. Parallèlement, les plus de 1.600 violations du cessez-le-feu et le massacre d’au moins 600 Palestiniens par l’entité sioniste ont été parfaitement répertoriés.
C’est ce même type de diplomatie du cessez-le-feu qui a conduit le monde à la situation catastrophique du Liban, où les Israéliens ont commis plus de 10.000 violations du cessez-le-feu depuis novembre 2024. L’entité sioniste a établi un record mondial en violant le cessez-le-feu libanais plus de fois qu’aucune autre armée dans l’histoire de l’humanité.
Malgré le caractère manifestement erroné de ce type de diplomatie par la stratégie de l’intimidation, le régime US et ses alliés sionistes se vantent de leurs succès et de la prétendue « paix » rétablie. En réalité, ils ne font qu’attiser les flammes de guerres sans fin, des conflits qui deviennent d’autant plus insolubles que les cessez-le-feu sont imposés.
Le CdP espère également utiliser cette même stratégie pour parvenir à un accord entre la Russie et l’Ukraine, mais échoue lamentablement. Le Soudan est devenu une autre cible, mais là encore, ce type de cessez-le-feu ne résoudra pas les problèmes de fond à l’origine du conflit.
L’alliance américano-israélienne souhaite instaurer un nouveau système sous l’égide du CdP, un système qui remplace l’ONU, mais qui s’en distingue par sa singularité. Les nations ne prennent plus de décisions ; ce sont les entreprises et les milliardaires qui le font, tandis que les Israéliens et le régime US peuvent agir à leur guise, sans même se soucier des conséquences de leurs actes sur autrui.
En fin de compte, le chaos mondial qui se met en place résulte de l’échec de l’ONU, mais il illustre précisément pourquoi le monde a si longtemps accordé une telle importance aux Nations Unies : elles étaient censées mettre fin aux génocides et aux crimes de guerre. Malheureusement, l’alliance américano-israélienne a préféré le monde d’avant la Seconde Guerre mondiale comme modèle d’avenir.
Article original en anglais sur Al Mayadeen / Traduction MR
