The New York Times : L’attaque américaine contre le Venezuela sous Trump est « illégale » et « dangereuse »

Al Mayadeen, 3 janvier 2026.– L’agression américaine contre le Venezuela sous l’administration Trump suscite de vives critiques en raison de son absence de fondement juridique et de ses conséquences régionales potentiellement catastrophiques, écrit le comité éditorial du New York Times.

Les éditorialistes du NYT affirment que l’attaque militaire menée dans la nuit contre Caracas, sans approbation du Congrès ni soutien international, est condamnée comme une violation du droit américain et international. Ils ajoutent que cette action pourrait reproduire les échecs des précédentes tentatives de changement de régime.

La légalité de l’opération est sérieusement remise en question, déclarent les auteurs du NYT. La Constitution des États-Unis exige que le Congrès autorise tout acte de guerre. Or, le président américain Donald Trump a agi unilatéralement, sans fournir de justification légale légitime.

Selon les critiques, son administration n’a invoqué ni l’autorisation d’utiliser la force militaire de 2001, ni sollicité l’aval du Congrès, une étape minimale pourtant respectée par ses prédécesseurs. Les analystes ont souligné que les conséquences ne sont pas seulement juridiques, mais aussi stratégiques, ajoutant qu’agir sans contrôle accroît le risque d’abus de pouvoir militaire, crée un précédent pour d’autres puissances autoritaires et exacerbe l’instabilité en Amérique latine. La situation au Venezuela s’est encore fragilisée face à l’agression américaine ; une intervention américaine pourrait aggraver une crise humanitaire et politique déjà catastrophique.

Les actions militaires de Trump au Venezuela

Ces derniers mois, l’administration Trump a déployé une force militaire américaine considérable dans les Caraïbes, prétendant initialement cibler des opérations présumées de trafic de drogue.

Cette force comprend un porte-avions, au moins sept autres navires de guerre, des dizaines d’avions et environ 15.000 soldats.

Samedi, Trump a considérablement intensifié l’opération en enlevant le président vénézuélien Nicolas Maduro, qualifiant cet acte de « frappe de grande envergure » ​​contre le pays.

Leçons historiques des changements de régime

Les éditorialistes du New York Times ont cité des exemples historiques montrant que les changements de régime menés par la force militaire aboutissent rarement à la stabilité. Les États-Unis ont passé deux décennies en Afghanistan sans parvenir à une paix durable et ont laissé derrière eux une Libye fracturée.

L’invasion de l’Irak en 2003 demeure un exemple édifiant de conséquences dramatiques. Des tentatives similaires en Amérique latine, notamment au Chili, à Cuba, au Guatemala et au Nicaragua, ont engendré une instabilité durable. L’administration Trump affirme cibler les « narcoterroristes » des Caraïbes, mais les journalistes du New York Times estiment que cette justification manque de crédibilité.

Le Venezuela n’est pas une source majeure de fentanyl ni d’autres drogues au cœur de la crise des overdoses aux États-Unis, et la cocaïne produite par les gangs dans le pays est principalement destinée à l’Europe. Par ailleurs, Trump a gracié Juan Orlando Hernández, l’ancien président du Honduras, qui supervisait un vaste réseau de trafic de drogue, soulevant ainsi des questions quant à ses véritables intentions.

Selon le comité éditorial du New York Times, certaines attaques pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires, en violation du droit international. Un cas notable concerne une seconde frappe de missile lancée près de 40 minutes après la première, tuant deux marins qui étaient à la dérive et semblaient sans défense.

De tels incidents violent à la fois le droit américain et les Conventions de Genève, qui interdisent de tuer des personnes sur la base de simples soupçons sans procédure régulière.

Le « corollaire Trump » et l’Amérique latine

Cette stratégie globale semble s’inscrire dans une nouvelle doctrine. Dans sa Stratégie de sécurité nationale, notent les journalistes du New York Times, l’administration Trump s’est engagée à réactiver la doctrine Monroe et à asseoir la domination américaine en Amérique latine.

Ce prétendu « corollaire Trump » comprend le redéploiement de troupes dans la région, l’intensification des opérations maritimes meurtrières et une militarisation accrue des politiques migratoires et de lutte contre le trafic d’êtres humains.

Le Venezuela semble être le premier pays à subir ce qu’ils qualifient d’« impérialisme des temps modernes », une initiative qui non seulement exacerbe les tensions dans l’hémisphère, mais risque aussi d’inciter d’autres puissances mondiales à recourir à la force sous des prétextes similaires. Selon eux, il s’agit d’une « approche dangereuse et illégale de la place des États-Unis dans le monde ».

Ils soulignent que, malgré l’incarcération de Maduro, les structures du pouvoir au Venezuela restent intactes.

Les journalistes du New York Times insistent sur le fait que l’attaque américaine contre le Venezuela, telle qu’elle a été menée par l’administration Trump, est à la fois illégale et stratégiquement erronée. Elle risque d’aggraver les souffrances et de déstabiliser la région. En conclusion, ils ont affirmé que l’histoire a maintes fois démontré que le coût des interventions militaires dépasse largement les gains à court terme d’un changement de régime.

Article original en anglais sur Al Mayadeen / Traduction MR