Nawaf Salam : « Le Liban tout entier rejette la normalisation »

The Cradle, 26 mars 2025. – Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré le 26 mars que tous les citoyens libanais rejetaient l’idée d’une normalisation avec Israël.

Bombardement au sud du Liban, le 22 mars 2025. 5 tués, dont un enfant, et 14 blessés.

« Personne au Liban ne souhaite la normalisation avec Israël, et tous les Libanais la rejettent. Les cinq points qu’Israël persiste à maintenir n’ont aucune valeur militaire ou sécuritaire, si ce n’est la poursuite de la pression sur le Liban », a-t-il déclaré. « Tous les moyens diplomatiques internationaux et arabes de pression sur Israël pour qu’il cesse ses attaques n’ont pas été épuisés », a-t-il ajouté.

M. Salam a également souligné « la nécessité de mobiliser le soutien arabe et international pour faire face au projet israélien de déplacement des habitants de Gaza et de Cisjordanie ».

« L’objectif de la visite de l’envoyé français est de discuter du dossier de la reconstruction et d’obtenir le soutien nécessaire », a ajouté le Premier ministre. Ses commentaires interviennent alors que l’envoyé français Jean-Yves Le Drian entame une visite de deux jours au Liban.

Le président libanais Joseph Aoun a rencontré Le Drian, soulignant lors de la réunion la nécessité pour les médiateurs – Washington et Paris – de faire pression sur Israël pour qu’il retire ses forces du Liban.

« Israël occupe toujours cinq collines et n’a pas libéré les prisonniers libanais détenus pendant la récente guerre », a déclaré M. Aoun.

Cette réunion intervient un jour après que des sources ont déclaré à l’AFP que des responsables libanais étaient en « contacts intensifs » avec les États-Unis et la France afin d’empêcher tout bombardement israélien de Beyrouth, la capitale du pays.

Israël a mené des frappes aériennes meurtrières dans le sud et l’est du Liban ce week-end, en réponse à des tirs de roquettes provenant du sud du pays. Le Hezbollah, qui revendique généralement publiquement ses opérations, a nié toute implication dans ces tirs.

Tel-Aviv a continué de mener des frappes sur le territoire libanais depuis l’entrée en vigueur de l’accord de trêve en novembre dernier, violant l’accord plus de 1.500 fois.

Israël continue également d’occuper le sud du Liban, affirmant avoir reçu le feu vert des États-Unis pour maintenir cinq postes le long de la frontière, malgré l’accord de cessez-le-feu qui exige le retrait complet de l’armée israélienne du sud du Liban.

Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont annoncé qu’ils facilitaient des négociations indirectes entre le Liban et Israël pour discuter des prisonniers libanais détenus dans les prisons israéliennes, des 13 points « contestés » le long de la frontière dont Tel-Aviv devait se retirer il y a des années, et des cinq points occupés par les forces israéliennes après l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.

« Israël a l’intention d’attirer le Liban dans des négociations politiques afin de normaliser ses relations », a déclaré dimanche Nabih Berri, président du Parlement libanais et chef du mouvement Amal.

« Le Liban a conclu un accord qui bénéficie du soutien international et arabe, ainsi que de l’aval de l’ONU, et il l’applique et le respecte scrupuleusement. C’est Israël qui entrave sa mise en œuvre et cherche à le contourner », a-t-il ajouté.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Yousef Rajji, a déclaré le 22 mars que Beyrouth « intensifiait ses efforts diplomatiques » pour garantir un retrait israélien « immédiat et inconditionnel », excluant toute discussion de normalisation ou de négociations directes avec Israël.

Article original en anglais sur The Cradle / Traduction MR