L’État israélien admet vouloir « expulser les Bédouins » d’al-Mughayer lors de l’audience d’expulsion des militant.e.s français.e.s

ISM-Palestine, 6 février 2026. Le 5 février – Deux citoyen.ne.s français.e.s ont fait appel d’un ordre d’expulsion après que les forces israéliennes les aient arrêté.e.s le 1er février au domicile d’Abu Najeh à al-Khalayil, dans la banlieue d’al-Mughayer (à l’Est de Ramallah), pour avoir enfreint une ordonnance militaire. La transcription (document officiel disponible sur demande) de l’audience d’expulsion tenue le 1er février indique que l’État israélien a admis que la raison de l’ordre de CMZ (zone militaire fermée) était « l’expulsion des Bédouins qui occupent illégalement la région ». L’État admet ainsi officiellement sa stratégie démographique dans les terres qui sont sous le contrôle civil de l’Autorité palestinienne (zone B). En d’autres termes, l’État israélien recours à des mesures de sécurité pour atteindre des objectifs qui ne sont en aucun cas liés aux questions de sécurité.

Le 1er février, les forces militaires israéliennes ont mené un énième raid, émettant un ordre de CMZ (zone militaire fermée) (photo ci-dessus) d’une journée sans la clause permettant aux habitant.e.s de rester sur leurs terres. Il s’agit d’un acte illégal et d’une intensification des manoeuvres mises en place pour le nettoyage ethnique des communautés palestiniennes, c’est en tout cas ce qu’a affirmé l’Etat israélien lors de l’audience de révocation du visa. Malgré cette intimidation, les membres de la famille Abu Najeh ont décidé de ne pas quitter leur maison. Lors du raid, les forces israéliennes ont arrêté les citoyen.ne.s français.e.s Momo et Camille. Iels sont actuellement au centre de détention Ben Gurion et contestent leur ordre d’expulsion. Les vols de Momo et Camille sont prévus le vendredi 6 février.

Six militant.e.s internationaux ont été expulsé.e.s de la région d’al Khalayil en moins de deux mois, douze autres ont été arrêté.e.s et finalement libéré.e.s. Ces arrestations s’inscrivent dans une campagne d’intimidation intempestive contre la famille d’Abu Najeh et d’Abu Hamam à al-Khalayel. Ces familles sont victimes d’attaques coordonnées par les forces israéliennes et les colons depuis des mois. Récemment, les colons ont voler de l’eau et fait paître leurs animaux sur les terres palestiniennes notamment pour leur faire détruire les oliviers au passage. Tout ça avec le soutien et les encouragements de l’armée israélienne. Les colons ont aussi détruit et volé des parties de la clôture d’un voisin à plusieurs reprises, là aussi en incitant leurs moutons à détruire les oliveraies de la famille. 

Camille, arrêtée lors de la perquisition du 1er février a choisi de résister à l’expulsion. Elle a écrit :

« Si vous lisez ces mots, cela signifie que je suis détenue par l’armée. Je suis partie [en Palestine] en tant que bénévole avec ISM, le Mouvement de Solidarité Internationale. Le but de ce voyage était de faire preuve de solidarité avec les Palestinien.ne.s de Cisjordanie qui, depuis 1948, sont soumis à la colonisation que ce soit sous forme d’harcèlement, d’expulsions, d’agressions, de viols et de meurtres. En réponse à ces violations constantes de leurs droits, les Palestinien.ne.s résistent de nombreuses manières pour défendre leur droit de rester et de vivre dans la dignité sur leur terre. C’est dans une tentative de soutenir cette résistance à la mesure de mes moyens que j’ai choisi d’aller en Cisjordanie. Je pense qu’il est nécessaire de chercher à établir une solidarité concrète et matérielle avec les Palestinien.ne.s et les peuples colonisés, et ce voyage était un moyen de le faire. »

De son côté, Momo a déclaré :

« Je choisis de soutenir la résistance palestinienne comme toute résistance contre l’oppression et l’injustice. Liberté pour la Palestine, liberté pour tous les peuples opprimés. »

Les efforts de l’occupation pour expulser les militant.e.s internationaux de la région se sont aussi intensifiés ces derniers mois :

18 décembre – Israël a expulsé deux militantes américaines, Irene Cho et Trudi Frost, après qu’elles aient passé une semaine en prison à contester leurs arrestations illégales et les ordres de déportation. Les deux militantes avaient été arrêtés le 12 décembre sur la propriété d’Abu Hamam à al-Khalayel, après que les forces israéliennes aient émis un ordre de zone militaire fermée d’une durée d’un mois englobant une zone qui ne comprenait pas la résidence d’Abu Hamam où séjournaient les militantes. Plusieurs descentes militaires ont eu lieu les jours suivantes au cours desquels les forces d’occupation israéliennes traquaient des militant.e.s internationaux.

30 décembre – Dans la même zone, les forces israéliennes ont encerclé, jeté à terre, menotté et enlevé trois militant.e.s internationaux. Iels ont été retenu.e.s pendant des heures sur une base militaire avant d’être transféré.e.s dans un commissariat. L’un d’eux a été blessé lors d’une attaque de colons le 7 décembre, lorsque la matriarche de la famille, Fadda Abu Naim, 59 ans, Riziq Abu Naim, 13 ans, et quatre militant.e.s internationaux ont été blessé.e.s.

18 janvier – Israël a expulsé des militants irlandais et américains après que quatre militant.e.s internationaux aient été arrêté.e.s à la résidence d’Abu Hamam lors d’une incursion de colons.

Ces attaques par des colons et des soldats visent à déplacer de force les habitants d’al-Khalayil de leur terre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique israélienne de nettoyage ethnique des Palestiniens. Dans ce cas précis, déplacer la famille facilitera également la création par Israël d’une ligne d’avant-postes colonial et de colonies tout au long du chemin allant de la zone est de Ramallah à la zone sud de Naplouse, rejoignant ensuite la vallée du Jourdain.

Pour plus de détails : Mia +972-53-809-7706

Article original sur palsolidarity.org / Traduction ISM-France