Génocide à Gaza : la justice française requiert des mandats d’amener contre deux militantes sionistes

Charlie Barreira, 2 février 2026. C’est un tournant juridique en France depuis le début du génocide palestinien et l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes à leur encontre. La chambre criminelle de la cour d’Appel de Paris a requis des mandats d’amener contre la présidente de l’organisation sioniste Israel Is ForeverNili Kupfer-Naouri et la porte-parole du collectif Tsav 9, Rachel Touitou, pour complicité de génocide et incitation au génocide, dans le cadre d’une enquête ouverte en juin 2025.

La première, qui est également avocate franco-israélienne, a confirmé l’information le 16 janvier dans une interview donnée au média pro-israélien The News.

La plainte ne date pas d’hier. « En novembre 2024, l’Union juive française pour la paix, un plaignant franco-palestinien membre d’Urgence Palestine, accompagné de l’association NIDAL, a déposé une plainte – à laquelle se sont ensuite joints la FIDH, Al-Haq, le Centre Al-Mezan pour les droits humains et le Centre palestinien pour les droits humains – contre la présidente de l’association « Israel is Forever » pour complicité de génocide », expliquent les associations dans un communiqué.

Blocage de camions d’aide humanitaire

Tsav 9, dont Rachel Touitou est membre, a selon ses dires bloqué à plusieurs reprises des camions d’aide humanitaire à destination de Gaza dès 2024. Israel Is Forever a appelé à rejoindre ces actions et mobilisé des volontaires. Sa présidente, Nili Kupfer-Naouri, ajoutait d’ailleurs à la télévision qu’il est « absolument immoral de penser une seule seconde à ravitailler la population civile qui est tout sauf une population innocente. »

À la différence d’un mandat d’arrêt, un mandat d’amener vise à obtenir la comparution d’une personne devant la justice, et non à sa détention provisoire automatique. Ils sont, en théorie, diffusés sur l’ensemble du territoire européen. Dans son entretien avec The News, l’avocate a déclaré : « Je ne pourrai plus mettre les pieds en France parce que je n’ai pas l’intention d’aller dans les geôles françaises, ni en garde à vue ni autrement ».

Elle a notamment dénoncé « un délire antisémite » de la justice française. De son côté, Rachel Touitou estime que les juges réagiraient plus vite pour des plaintes liées à Gaza que « contre des apologies de terrorisme proférées par des députés « insoumis ».

Pour les associations ayant portées plainte, cette décision est saluée comme « une étape juridique cruciale ». Dans leur communiqué, elles ajoutent : « De telles mesures, rares dans les affaires traitées par la section des crimes contre l’humanité, franchissent une étape décisive dans l’enquête pénale. »

Ces deux mandats d’amener interviennent alors qu’une autre plainte vise deux soldats franco-israéliens, accusés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

Source : L’Humanité, 2 février 2026.