Partager la publication "Porte d’entrée d’une prison à ciel ouvert : Israël rouvre le point de passage de Rafah après deux ans de génocide à Gaza"
Quds News Network, 1er février 2026.- Une photo du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte, circulant sur les réseaux sociaux, montre l’entrée grillagée de ce point de passage, deux ans après le génocide. Un nombre limité de Palestiniens sera autorisé à y entrer et à en sortir, sous réserve de contrôles de sécurité et d’un point de contrôle militaire israélien.
La photo a été publiée par le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé de la coordination des affaires civiles palestiniennes. Elle montre l’entrée du point de passage, où un couloir étroit est bordé de hautes barrières métalliques surmontées de barbelés enroulés. À l’autre extrémité, une grande porte métallique est fermée, bloquant le passage, comme s’il s’agissait d’une « route grillagée ».
Les Palestiniens ont condamné ce point de passage grillagé, le qualifiant de « porte d’entrée d’une prison à ciel ouvert ».
Islam Badr, un journaliste palestinien, l’a surnommé « la prison centrale de Gaza ».
Israël a partiellement rouvert le point de passage de Rafah dimanche. Une source sécuritaire a indiqué au journal israélien Haaretz qu’aucun Palestinien de Gaza ne devrait emprunter le point de passage aujourd’hui.
Selon cette source, des vérifications du système sont en cours, parallèlement au lancement d’un modèle opérationnel initial, en coopération avec l’Égypte et une délégation de l’Union européenne chargée de superviser le point de passage côté gazaoui.
Le COGAT, l’agence militaire israélienne, a déclaré que l’entrée à Gaza ne sera autorisée qu’aux Palestiniens ayant quitté le territoire pendant la guerre génocidaire et ayant reçu une autorisation préalable des autorités israéliennes.
Par ailleurs, des informations indiquent qu’à la demande de l’Égypte, la sortie de Gaza ne sera autorisée qu’aux malades et aux blessés accompagnés de leurs escortes.
Israël érigera également un point de contrôle militaire près du point de passage côté gazaoui, à proximité de la ligne jaune, rapporte Haaretz. Un responsable de la sécurité a précisé qu’environ 150 personnes par jour seraient autorisées à quitter la bande de Gaza, transportées par groupes en bus, et que 50 Palestiniens seraient autorisés à entrer dans la bande de Gaza. Le ministère palestinien de la Santé a alerté sur la présence de cas médicaux critiques nécessitant une évacuation urgente par le point de passage de Rafah, leur vie étant gravement menacée.
Le ministère a indiqué qu’environ 6.000 blessés requièrent un transfert urgent pour recevoir des soins médicaux. Il a ajouté que le système d’évacuation actuel est extrêmement lent et qu’à ce rythme, il faudra des années pour que tous les patients et les blessés soient pris en charge.
Selon le ministère, l’évacuation d’au moins 500 patients par jour est nécessaire pour soulager leurs souffrances.
Une réouverture plus large est prévue pour lundi, ont indiqué trois sources sur place. Cependant, aucun accord n’a encore été trouvé concernant le nombre de Palestiniens autorisés à entrer ou à sortir, ont noté les sources, ajoutant que l’Égypte prévoit d’admettre « tous les Palestiniens qu’Israël autorise à quitter le territoire ».
Pour les Palestiniens de Gaza, le point de passage de Rafah a longtemps été le seul lien avec le monde extérieur.
Les forces israéliennes ont occupé le côté palestinien du point de passage en mai 2024, détruisant les bâtiments, bloquant les déplacements et provoquant une grave crise humanitaire, notamment pour les patients. Ils ont déployé des soldats dans une zone tampon militaire tout le long du corridor de Philadelphie, où ils se trouvent encore aujourd’hui.
La première phase du plan de cessez-le-feu en 20 points de Trump pour Gaza, entré en vigueur en octobre pour mettre fin à la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, prévoyait qu’Israël autorise l’acheminement de l’aide humanitaire sur le territoire et ouvre le point de passage de Rafah dans les deux sens.
Cependant, Israël a violé l’accord et a continué de le fermer, tuant des centaines de civils et bloquant une aide essentielle. Israël continue également d’occuper plus de 50 % de Gaza.
Des informations font état du projet d’Israël de limiter le nombre de Palestiniens entrant dans la bande de Gaza par le point de passage de Rafah, afin de faire en sorte que davantage de personnes soient autorisées à sortir qu’à entrer. Les responsables israéliens ont appelé à plusieurs reprises au déplacement forcé des Palestiniens de Gaza, à l’occupation de l’enclave et à la construction de colonies illégales.
Les Palestiniens craignent que ces projets concernant le point de passage de Rafah, sous contrôle israélien, visent à les expulser définitivement, ou que ceux qui partent, même temporairement, soient empêchés d’y retourner.
La réouverture partielle du point de passage intervient au lendemain d’attaques israéliennes ayant fait au moins 31 morts palestiniens dans l’enclave, marquant l’une des journées les plus sanglantes depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » d’octobre.
Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR
