Banque d’Israël : 177 milliards de shekels de pertes cumulées depuis la guerre de Gaza et augmentation de la dette publique

Centre palestinien d’Information, 24 mars 2026.- Un rapport publié par la Banque d’Israël pour 2025 révèle des pertes économiques croissantes subies par les individus et l’économie israélienne depuis le début de la guerre de génocide à Gaza le 7 octobre 2023, avec des avertissements sur des répercussions à long terme sur les finances publiques et le niveau de vie.

Janvier 2026.- Des colons portant des uniformes de l’armée israélienne filmés en train de voler dans un magasin palestinien du camp de Shuafat, au nord de Jérusalem occupée. (Source VIDEO Ramy Abdu)

Le rapport, publié lundi, indique que la perte théorique moyenne de revenu par habitant a atteint environ 35.000 shekels jusqu’à la fin de 2025. Il s’agit d’une estimation qui ne reflète pas une perte directe de revenu réel, mais plutôt l’impact économique global de la guerre.

Le document précise que la majeure partie de ces pertes a été financée par un recours accru à l’emprunt public, parallèlement à la hausse des taux d’intérêt, ce qui signifie que ces coûts se répercuteront dans les années à venir sous forme d’impôts plus élevés et d’une possible baisse de la qualité des services publics. Il met en garde contre une aggravation de ces coûts si aucune mesure financière n’est prise dans les budgets de 2027 et 2028.

Le rapport estime la perte cumulée du produit intérieur brut (PIB) à environ 177 milliards de shekels (276.353.000,00 €) depuis octobre 2023, chiffre distinct du coût direct de la guerre, qui s’élève à environ 350 milliards de shekels entre 2023 et 2026, incluant les dépenses de sécurité, les indemnisations, les paiements de réserves et la reconstruction. Le montant reflète les dépenses réelles, tandis que la perte en PIB représente la valeur de la production économique non réalisée à cause de la guerre.

Selon le rapport, cité par la chaîne 12 israélienne, l’économie n’a pas encore dépassé la période de ralentissement, malgré une croissance de 2,9 % en 2025 contre 1 % en 2024, un niveau encore inférieur aux taux d’avant-guerre. Même après avoir exclu l’impact de la guerre contre l’Iran en juin 2025, qui a coûté environ 0,3 % du PIB, la croissance reste en deçà de la tendance à long terme.

Le rapport attribue la performance économique faible à une pénurie persistante sur le marché du travail, avec des dizaines de milliers de réservistes absents chaque mois et l’interdiction d’entrée des travailleurs palestiniens depuis octobre 2023, alors que les travailleurs étrangers ne comblent pas le déficit. Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, le marché du travail n’a pas retrouvé son équilibre.

Dans ce contexte, le ratio dette publique/PIB est passé de 60 % à la veille de la guerre à 68,5 %, avec le financement d’environ la moitié des coûts de la guerre par l’emprunt, tandis que le service de la dette place Israël dans le tiers supérieur des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le rapport souligne que le gouvernement n’a pas profité de la préparation du budget 2026 pour réduire la dette, même avant le déclenchement de la guerre américaine contre l’Iran le 28 février dernier.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, a déclaré que l’augmentation du budget de la défense après la guerre contre l’Iran, combinée à des ajustements financiers limités, conduirait probablement à une nouvelle hausse de la dette en 2026, pour la quatrième année consécutive.

Il a ajouté que des mesures plus larges auraient pu être prises, en réduisant les dépenses non productives et en les réorientant vers des investissements dans les infrastructures et les moteurs de croissance.

Le rapport souligne que les défis économiques sont « multidimensionnels » et que leurs effets s’étendent sur plusieurs générations, incluant la réduction de la dette, l’augmentation des dépenses de sécurité, le maintien du niveau de vie et la réduction simultanée des écarts d’infrastructure et de productivité.

Sans augmentation substantielle des recettes fiscales, y compris la suppression d’exemptions et la restructuration du système fiscal, il sera impossible d’atteindre ces objectifs.

Le rapport critique également les politiques à long terme qui ont soutenu économiquement certaines catégories d’hommes haredim (ultra-orthodoxes) non intégrés au marché du travail, considérant que cela constitue un fardeau croissant pour l’économie, alors que celle-ci a besoin d’élargir sa base de main-d’œuvre et d’augmenter ses revenus.

Les chercheurs de la Banque d’Israël ont appelé à lier le financement de l’éducation haredi à l’enseignement de matières fondamentales favorisant l’intégration dans le marché du travail, tandis que le gouverneur a insisté sur la nécessité de réduire les dépenses civiles non productives, en particulier les « fonds de coalition ».

Source : Centre palestinien d’Information