Partager la publication "Le génocide continue, avec l’approbation internationale unanime"
Ramona Wadi, 17 février 2026. – La communauté internationale a une fois de plus démontré son approche fragmentée du droit international, de l’ordre international et des droits humains. Non seulement les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont dérogé à la procédure habituelle en approuvant le plan américain en 20 points, qui place Gaza entre les mains du président Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais la communauté internationale est désormais alignée sur des intérêts coloniaux israéliens. Tandis que l’attention se porte sur le cessez-le-feu, l’aide humanitaire et la reconstruction de Gaza (cette dernière n’étant qu’une simple clause rhétorique), Netanyahu persiste à vouloir poursuivre le génocide, sous prétexte d’éliminer et de désarmer le Hamas.

La famille de Muhannad Al-Najjar, 14 ans, tué par des tirs israéliens à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, est en deuil et organise ses funérailles. (Source photos Quds News Network).
Deux années de génocide n’ont ni éliminé ni désarmé le Hamas. Le secrétaire du Cabinet israélien, Yossi Fuchs, a déclaré que le gouvernement israélien avait demandé à Trump un délai de 60 jours pour donner au Hamas l’opportunité de désarmer. Sans désarmement du Hamas et démilitarisation de Gaza – les tunnels faisant une fois de plus partie intégrante du discours sécuritaire israélien –, aucune reconstruction ne sera possible à Gaza. « J’entends encore aujourd’hui des affirmations selon lesquelles la reconstruction de Gaza sera autorisée avant la démilitarisation – cela n’arrivera pas », avait déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse télévisée fin janvier.
Depuis, la position d’Israël est restée inchangée. La communauté internationale n’a pas protesté, car elle a intégré le mouvement de résistance à un discours sécuritaire qui, techniquement, n’a rien à voir avec l’Occident, puisque le Hamas concentre sa résistance uniquement en Palestine colonisée.
Disposer d’un avantage militaire qualitatif, du soutien de grands gouvernements occidentaux en matière de fourniture d’armes et de surveillance, et pourtant avoir besoin de 60 jours supplémentaires pour démilitariser Gaza, est clairement contradictoire si l’on prend le discours de Netanyahu au pied de la lettre.
La destruction de Gaza, ainsi que l’occupation militaire israélienne de plus de la moitié du territoire, constituent la première phase du plan israélien, même si la communauté internationale a brûlé les étapes diplomatiques. La deuxième phase du plan israélien entraînera davantage de pertes en vies humaines et territoriales palestiniennes, retardera la reconstruction de Gaza jusqu’à la conclusion d’un nouveau cessez-le-feu qui sera violé à maintes reprises, puis, peut-être, initiera la troisième phase où la démilitarisation de Gaza et l’élimination du Hamas serviront encore de prétexte à un génocide colonial.
Pendant ce temps, les Palestiniens de Gaza sont toujours privés d’aide humanitaire, et plusieurs organisations humanitaires ne peuvent plus opérer dans le territoire.
Derrière toutes les façades déployées par les États-Unis, l’UE et l’ONU, le constat est clair : Israël continuera d’agir en toute impunité, et les limites de cette impunité ne cessent de s’étendre. La communauté internationale s’opposera-t-elle au discours sécuritaire d’Israël ? Non pas parce qu’elle soutiendrait soudainement le Hamas ou le peuple palestinien qu’Israël massacre pour des gains territoriaux, mais parce que le discours israélien est à la fois incohérent et illogique.
Cependant, la Commission européenne, par exemple, n’a pas seulement approuvé la mise en œuvre du plan américain pour Gaza. Elle a également déclaré s’attendre au désarmement du Hamas, sans toutefois préciser par quels moyens. L’accord tacite avec Israël pour la poursuite du génocide à Gaza pèse bien plus lourd que la préoccupation feinte de désarmer le Hamas.
Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR