Gamal Essam El-Din, mercredi 11 février 2026. Environ 200 Palestiniens ont quitté Gaza depuis la réouverture du point de passage de Rafah avec l’Égypte il y a 10 jours, selon des responsables de l’enclave assiégée.
Le point de passage de Rafah, unique voie d’accès pour les Palestiniens de Gaza vers l’extérieur, a rouvert à la circulation des personnes le 2 février, près de deux ans après sa prise de contrôle par les forces israéliennes lors de la guerre génocidaire contre Gaza.
Entre le 2 et le 5 février, seuls 135 Palestiniens ont franchi la frontière entre Gaza et l’Égypte par ce point de passage, principalement des patients nécessitant des soins médicaux et leurs accompagnateurs, selon Ismail Al-Thawabteh, chef du bureau de presse du gouvernement dans le territoire palestinien.
« On s’attendait à ce que le nombre de Palestiniens qui devaient quitter l’enclave pour l’Égypte soit plus important, entre 50 et 100 par jour, mais les contrôles israéliens stricts sur les déplacements ont rendu cela difficile », a déclaré M. Al-Thawabteh. Il a ajouté que les autorités israéliennes ont également fermé le point de passage les 6 et 7 février, pour des raisons inconnues.
Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué qu’environ 200 Palestiniens de Gaza avaient quitté la bande de Gaza par ce point de passage entre le 2 et le 9 février.
Le 8 février, seuls 45 Palestiniens ont quitté Gaza pour l’Égypte par ce point de passage, a déclaré à l’AFP Mohamed Abu Salmiya, directeur de l’hôpital Al-Shifa, principal hôpital du territoire. Parmi eux, 19 étaient des patients et les autres leurs accompagnateurs, a-t-il précisé.
« Plus de 20.000 patients à Gaza ont besoin de soins médicaux urgents à l’étranger, tandis qu’environ 2.000 étudiants attendent de pouvoir se rendre à l’université, mais les restrictions israéliennes les en empêchent », a déploré M. Abu Salmiya.
« Mon fils a été blessé pendant la guerre et on lui a posé une plaque de métal dans la jambe pendant un an et demi », a confié Rajaa Abul-Jadian à l’AFP, alors qu’elle s’apprêtait à quitter la bande de Gaza par ce point de passage dimanche dernier.
« On nous a dit qu’il fallait l’enlever pour éviter d’autres complications. »
Le passage par Rafah se poursuit également dans l’autre sens, des dizaines de personnes retournant à Gaza depuis l’Égypte durant la même période. Des responsables égyptiens ont déclaré dimanche à la chaîne d’information Al-Qahera que 145 Palestiniens étaient entrés à Gaza depuis l’Égypte depuis la réouverture du point de passage le 2 février.
La chaîne a indiqué que ce flux de personnes prouvait que le passage fonctionnait dans les deux sens malgré les restrictions israéliennes.
Elle a également précisé que le point de passage connaissait une sorte de mobilisation médicale, avec plus de 60 ambulances mobilisées par les autorités égyptiennes prêtes à accueillir de nouveaux groupes de patients palestiniens en provenance de Gaza, nécessitant des soins urgents en Égypte.
Le gouverneur du Nord-Sinaï, Khaled Megawer, a déclaré aux médias que l’Égypte facilitait la circulation des personnes et l’acheminement de l’aide humanitaire via le point de passage de Rafah. « Lorsque des patients palestiniens arrivent en Égypte par le point de passage de Rafah, des dizaines d’ambulances les accueillent, accompagnées d’équipes médicales spécialisées », a déclaré Megawer, ajoutant : « Nous les transportons vers des hôpitaux du nord du Sinaï, d’Ismaïlia, de Port-Saïd et du Caire, et nous apportons notre soutien aux personnes handicapées en fauteuil roulant, aux enfants et aux nourrissons, accompagnés d’un personnel médical, afin de garantir leur transfert en toute sécurité. »
Les membres du Comité national pour l’administration de Gaza, sous la direction d’Ali Shaath, ont effectué une visite d’inspection incluant le point de passage de Rafah et l’hôpital général d’Arish, ainsi que des centres de distribution d’aide humanitaire affiliés au Croissant-Rouge égyptien (CRE).
Selon les médias, une équipe du CRE a accueilli des Palestiniens de retour au point de passage de Rafah afin de faciliter les formalités en coordination avec les autorités compétentes et de leur distribuer des repas, de l’eau et des jus de fruits.
Des bonbons et des chocolats ont été offerts aux enfants, et un soutien psychologique a été apporté à toutes les personnes entrant par le point de passage de Rafah.
Lundi, le CRE a dépêché son 134e convoi « Zad Al-Izza » à Gaza, transportant plus de 277.000 colis alimentaires et des provisions d’hiver, et a accueilli le sixième groupe de patients et de blessés palestiniens au point de passage de Rafah. Le convoi transportait plus de 277.000 paniers alimentaires, plus de 270 tonnes de farine, 950 tonnes de matériel de secours et plus de 1.280 tonnes de produits pétroliers afin d’assurer le fonctionnement des hôpitaux et des infrastructures vitales de Gaza.
Il comprenait également une aide hivernale, notamment des vêtements et des couvertures, ainsi que des toilettes mobiles, des matelas et plus de 1.040 tentes pour abriter les familles déplacées.
Le porte-parole de la présidence, Mohamed Al-Shennawi, a déclaré dans un communiqué que le point de passage de Rafah était ouvert du côté égyptien depuis le 2 février, sans restriction ni condition.
Il a affirmé que toute tentative de déplacer les Palestiniens de leurs terres était vouée à l’échec et que la seule solution au conflit israélo-palestinien résidait dans la création de deux États vivant côte à côte en paix.
Les autorités locales ont mobilisé d’importantes quantités d’aide humanitaire, provenant à la fois d’Égypte et d’autres pays ayant acheminé de l’aide à l’aéroport d’Arish. L’Égypte a exercé de fortes pressions sur toutes les parties concernées afin d’autoriser l’entrée de cette aide à Gaza, a précisé M. Al-Shennawi. Hossam Abdel-Ghaffar, porte-parole officiel du ministère de la Santé, a déclaré que, sur ordre du président Abdel-Fattah Al-Sissi, les autorités locales ont élaboré un plan d’urgence pour fournir une assistance sanitaire complète aux Palestiniens venant de Gaza.
« Ce plan prévoit le renforcement des capacités de plus de 150 hôpitaux répartis dans tous les gouvernorats, notamment par le développement de services essentiels tels que les urgences, les soins intensifs et la chirurgie spécialisée », a précisé M. Abdel-Ghaffar.
Il a ajouté que plus de 12.000 médecins de diverses spécialités critiques, ainsi que plus de 18.000 infirmiers et infirmières, ont été mobilisés, et que des équipes d’intervention rapide rattachées à l’Administration centrale des urgences et des soins intensifs du ministère de la Santé ont été déployées. (…)
Article original en anglais sur Al-Ahram / Traduction MR