La Coalition de la Flottille de la Liberté condamne les agressions sexuelles commises par les forces israéliennes

FFC, 2 janvier 2026. La Coalition de la Flottille de la Liberté condamne les agressions sexuelles odieuses commises par les forces israéliennes. Elle exige des comptes face à une culture d’impunité systémique.

Il a été récemment révélé que des policiers et des responsables pénitentiaires israéliens ont agressé sexuellement et violé trois participants à la récente mission de la Coalition de la Flottille de la Liberté, organisée pour contester le blocus illégal de Gaza par Israël.

Ces agressions ont eu lieu après l’attaque militaire illégale d’Israël contre des navires de la flottille et la saisie et la détention forcées de centaines de civils en eaux internationales. Les crimes sexuels constituent des violations flagrantes de la dignité humaine et de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme. La Coalition de la Flottille de la Liberté (FFC) condamne ces actes avec la plus grande fermeté et exige une enquête immédiate, indépendante et crédible, ainsi que la traduction en justice de tous les responsables.

Le 21 décembre 2025, Anna Liedtke, journaliste allemande présente à bord du navire de la flottille Conscience – qui transportait des dizaines de journalistes et de médecins – a pris la parole lors d’une conférence internationale en solidarité avec les prisonniers politiques. Dans son témoignage, elle a révélé publiquement, pour la première fois, avoir été violée par des agents israéliens après avoir résisté à une fouille à nu forcée pratiquée par des policières. Depuis qu’elle a révélé son agression, la FFC s’efforce de soutenir Anna et de respecter ses choix quant à la prise de parole publique.

Anna n’est pas la seule participante à la flottille à avoir subi des violences sexuelles de la part de la police et des autorités pénitentiaires israéliennes. Le journaliste italien Vincenzo Fullone, également à bord du Conscience, a été victime de viols répétés lors de sa détention illégale, tout comme la militante australienne Surya McEwen.

Parler de violences sexuelles, surtout lorsqu’elles sont commises par des agents de l’État qui agissent en toute impunité, est extrêmement difficile. C’est pourquoi nous pensons que, à mesure que l’espace de parole se libère, d’autres personnes pourraient se manifester. Nous continuerons de placer les survivantes au cœur de nos préoccupations, de respecter leur liberté de parole lorsqu’elles seront prêtes à témoigner et de veiller à ce que personne ne soit contraint de parler avant d’être prêt(e).

L’agression odieuse perpétrée contre les volontaires de la flottille doit être replacée dans le contexte plus large d’un système de violence profondément enraciné, au sein duquel les soldats, policiers et gardiens de prison israéliens agissent depuis longtemps en toute impunité. Les violences sexuelles, notamment les viols, les viols collectifs, les fouilles à nu humiliantes et autres formes de torture sexuelle, ont été commises à maintes reprises contre des Palestiniens détenus par Israël et documentées par des organisations israéliennes, palestiniennes et internationales de défense des droits humains. Si nous nous engageons à apporter aide et soutien aux volontaires de la flottille victimes de violences sexuelles, nous reconnaissons que les Palestiniens – militants, enfants, femmes, hommes et détenus âgés – ont subi des violences sexuelles et des actes de torture bien plus généralisés et systématiques de la part d’Israël, sans aucun mécanisme crédible de responsabilisation.

Des enquêtes récentes du Centre palestinien pour les droits de l’homme décrivent le recours systématique à la torture sexuelle contre les détenus palestiniens, notamment le viol, le déshabillage forcé, le filmage d’abus et les agressions sexuelles impliquant des objets et des animaux. Ces actes, qui se sont intensifiés dans le contexte du génocide perpétré par Israël à Gaza, s’inscrivent dans un schéma de traitement plus large, vieux de plusieurs décennies, qui constitue de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants au regard du droit international.

Dans un témoignage, une mère de 42 ans, enlevée à un poste de contrôle établi par des soldats israéliens à Gaza, raconte avoir eu les yeux bandés, avoir été menottée à une structure métallique, déshabillée de force, filmée, battue et violée à plusieurs reprises – par voie anale et vaginale – pendant trois jours. Dans un autre témoignage, un père de 35 ans, enlevé à l’hôpital Al-Shifa, rapporte que des soldats israéliens l’ont déshabillé de force, puis ont lâché un chien militaire qui lui est monté dessus, lui a uriné dessus et l’a violé.

Ces abus ne sont pas des cas isolés. Les organes des Nations Unies ont signalé le recours généralisé aux violences sexuelles et sexistes par les forces et services de sécurité israéliens dans le cadre de leurs pratiques de détention et de contrôle, notamment le déshabillage forcé en public et les menaces de viol. Amnesty International a qualifié à juste titre la torture et les violences sexuelles infligées aux détenus palestiniens de crimes de guerre. De plus, le viol et les autres formes de violence sexuelle constituent une humiliation psychologique délibérée visant à anéantir la dignité humaine et à effacer l’identité individuelle – un comportement reconnu comme composante des pratiques génocidaires par le droit international. Selon la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies, il s’agit de « l’un des pires moyens d’infliger des dommages physiques et psychologiques graves à la victime ».

Malgré l’abondance et la documentation des faits, les grands médias ont largement passé sous silence le recours systématique et généralisé par Israël aux agressions sexuelles et à la torture contre les Palestiniens. Ce silence sélectif face aux témoignages des survivants – documentés et examinés par d’importantes organisations de défense des droits humains ainsi que par des organes des Nations Unies – constitue une grave défaillance journalistique et éthique qui invisibilise les victimes, fausse la perception du public et permet l’impunité dont bénéficient les auteurs israéliens de ces crimes.

Cette impunité n’est pas fortuite, mais structurelle et omniprésente. Elle est profondément ancrée dans le système politique et juridique israélien, où les enquêtes sont superficielles, les poursuites inexistantes ou menées à des fins de relations publiques, et les institutions censées assurer le contrôle protègent systématiquement les auteurs de ces crimes plutôt que les victimes. Elle est indissociable des politiques plus larges qui soutiennent le blocus, l’occupation et la discrimination institutionnalisée d’Israël – des politiques qui ont permis des exactions généralisées et systématiques constituant des crimes contre l’humanité, notamment l’apartheid, le nettoyage ethnique et le génocide. Un ordre politique et juridique qui tolère, voire normalise, de telles violations ne peut être considéré comme capable d’enquêter sur lui-même ou de demander des comptes à ses propres forces.

La FFC explorera toutes les voies possibles pour que les responsables des violences sexuelles commises contre nos volontaires répondent de leurs actes, notamment par le biais de mécanismes juridiques internationaux, de rapports sur les droits humains, d’enquêtes indépendantes et d’un plaidoyer coordonné avec des organisations partenaires.

Nous appelons :

*Les Nations Unies et leurs États membres à exiger un accès sans entrave aux lieux de détention et une enquête internationale indépendante sur les violences sexuelles commises par les forces israéliennes.

*La Cour pénale internationale doit enquêter d’urgence sur toutes les allégations de violences sexuelles et de torture dans les centres de détention israéliens.

*La société civile internationale, et notamment les médias, doivent rompre le silence sur les exactions commises contre les Palestiniens et les militants internationaux, et exiger la fin des systèmes de violence qui prospèrent grâce à l’impunité.

Ces crimes sont indissociables du contexte plus large de l’occupation coloniale persistante et du déni de la liberté et de la dignité des Palestiniens. L’impunité pour les violences sexuelles – qu’elles soient perpétrées contre des volontaires des flottilles et des mouvements de solidarité ou contre des hommes, des femmes et des enfants palestiniens – doit cesser et les responsables doivent être traduits en justice.

Déclarations d’Anna, Vincenzo et Surya

Anna : « Après mon enlèvement par les forces israéliennes, j’ai subi des violences physiques et sexuelles répétées. Lors d’une fouille à nu forcée, j’ai été violée par des gardiennes israéliennes. Je témoigne aujourd’hui non pas pour moi-même, mais pour toutes les femmes qui ont enduré des violences et des tortures sexuelles dans les prisons israéliennes — pour celles qui n’ont pas survécu à ces agressions, pour celles qui subissent ces violences actuellement et pour celles qui ne peuvent pas en parler. »

Vincenzo : « À trois reprises, j’ai reçu l’ordre d’entrer dans une petite pièce aménagée à cet effet, où j’ai été entièrement déshabillé et soumis à des fouilles anales invasives et douloureuses. Je suis resté silencieux à chaque fois pour éviter de provoquer davantage de violence et pour priver les gardes de la satisfaction de ma souffrance. Lors de la troisième fouille, la douleur est devenue insupportable et a été aggravée par des moqueries, des insultes – notamment : « Ça ne te plaît pas, salope du Hamas ? » – et la prise de photos de mon corps. Je ne trouve toujours pas la paix car s’ils ont été capables de me faire cela, je ne peux imaginer ce qu’ils ont fait – et continuent de faire – aux Palestiniens sous leur contrôle total. »

Surya : « J’ai été déshabillée et agressée sexuellement par des officiers israéliens alors que j’étais prise en otage. L’un d’eux m’a braqué une arme sur la tempe, me menaçant de mort, tandis que l’autre me tirait les parties génitales avec une violence perverse, presque jubilatoire. Si cette expérience a un coût psychologique, je refuse catégoriquement d’en avoir honte, de me sentir diminuée ou souillée, car ces sentiments appartiennent uniquement aux agresseurs. Ce bref aperçu du sadisme que les colonisateurs sionistes infligent en masse aux Palestiniens n’a pas affaibli mon engagement, mais a au contraire renforcé ma détermination à œuvrer pour la libération. »

Article original en anglais sur Freedom Flotilla / Traduction MR