L’ONU annonce le début de la liquidation de la MINURSO, mission au Sahara occidental

Adel Najdi, 1er novembre 2026.- Les Nations unies ont annoncé dimanche le début de la phase de liquidation de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), suite à la décision du Conseil de sécurité de ne pas renouveler son mandat.

Cette mesure marque une évolution importante dans un conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle, et intervient 35 ans après la création de la mission.

Avec l’annonce par l’ONU de la fin du mandat de la MINURSO, les opérations de maintien de la paix menées par la mission depuis 1991 prennent fin. Cela ne signifie toutefois pas la fin du processus politique onusien, ni la résolution du statut juridique du Sahara occidental, le territoire figurant toujours sur la liste des Nations unies des territoires non autonomes.

Selon une déclaration de son porte-parole, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a indiqué que le processus de liquidation serait supervisé par une petite équipe dédiée, rattachée au Département des appuis opérationnels des Nations unies. Cette équipe veillera au transfert ordonné, vers leurs pays respectifs, des équipements appartenant aux États ayant fourni des contingents, ainsi qu’à la gestion du matériel appartenant aux Nations unies.

Il a appelé toutes les parties à coopérer pleinement afin de garantir que le processus de liquidation se déroule de manière ordonnée et dans les meilleurs délais.

M. Guterres a souligné que les Nations unies poursuivraient leurs efforts en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.

Le Secrétaire général a mis en garde contre le risque d’une escalade des hostilités dans la région, exhortant les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter toute mesure susceptible de compromettre la stabilité régionale.

Il a insisté sur le fait que les Nations unies, par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, continueraient d’œuvrer à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant le droit à l’autodétermination.

Cette annonce intervient au lendemain des déclarations du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, réaffirmant la volonté de son pays de faire sortir le dossier du Sahara occidental du cadre de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans une interview exclusive accordée à la chaîne marocaine 2M, tard samedi, il a fait valoir que retirer ce dossier de la commission serait plus aisé que de faire adopter une résolution à ce sujet au sein du Conseil de sécurité, compte tenu des différences dans les procédures de vote entre ces deux instances.

M. Bourita a tenu ces propos dans le cadre de son appel à une révision de la gestion du conflit, soutenant que la communauté internationale ne devrait pas se contenter de poursuivre le processus onusien sous sa forme actuelle. Il a notamment souligné ce qu’il a qualifié d’années de stagnation dans le traitement du dossier, affirmant que la MINURSO était devenue partie intégrante de l’impasse politique et du blocage sur le terrain.

La question du Sahara occidental a atteint un tournant diplomatique inédit après que le Conseil de sécurité de l’ONU a échoué, vendredi dernier, à adopter l’un ou l’autre des deux projets de résolution visant à prolonger le mandat de la MINURSO. La Russie a opposé son veto au projet soutenu par les États-Unis, tandis que le projet de résolution russe a, lui aussi, été rejeté.

La MINURSO a été créée en avril 1991, en vertu de la résolution 690 du Conseil de sécurité, avec pour mission principale de surveiller le cessez-le-feu et de préparer un référendum sur l’autodétermination du territoire. Toutefois, les projets d’organisation de ce référendum ont été bloqués en raison de désaccords entre le Maroc et le Front Polisario sur les conditions du scrutin et la composition du corps électoral.

La mission opère depuis son quartier général situé à Laâyoune, le plus grand centre urbain du Sahara occidental, et dispose de 11 sites répartis sur l’ensemble du territoire ainsi que dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, en Algérie.

Article original en anglais sur The New Arab