Aucun répit face à la peur du déplacement forcé

Ramona Wadi, 11 août 2026. – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé son rejet du plan en 15 points du président américain Donald Trump pour Gaza, lequel prévoyait le désarmement du Hamas et le retrait d’Israël de la bande de Gaza. Lors d’une réunion du cabinet dimanche, Netanyahu a déclaré qu’il n’y aurait pas d’État palestinien tant qu’il serait Premier ministre et qu’Israël n’accepterait pas le plan de Trump.

Accepter le plan de Trump n’aurait pas abouti à la création d’un État palestinien – le plan et le paradigme de la solution à deux États ont été délibérément confondus – confirmant ainsi le rejet total par Israël de toute forme de soulagement, même temporaire. Depuis le début du génocide, et en particulier face à chaque proposition visant à mettre fin à la violence israélienne à Gaza, les responsables israéliens ont maintes fois modifié leur discours : insistance sur le désarmement complet du Hamas, transfert forcé, débats sur l’aide humanitaire et les restrictions à Gaza, « ligne jaune » et empiètement par l’occupation militaire… Autant d’éléments qui démontrent que la diplomatie ne sert pas seulement de couverture au colonialisme, mais y participe activement.

En fin de compte, les déplacements forcés se poursuivront ; Israël ne souhaite pas le retour des Palestiniens dans leurs foyers à Gaza. Le génocide visait une destruction totale.

La réalité vécue par les Palestiniens sur le terrain est l’élément absent de cette violence politique. Comme l’a déclaré Ahmed, un Palestinien, à Al Jazeera : « Personne ne nous soutient pour nous protéger. Pourquoi ? »

Que se passera-t-il si — ou quand — Israël décidera de déplacer de force davantage de Palestiniens à Gaza pour s’approprier plus de territoire ? Le Conseil pour la paix n’offre aucune garantie de sécurité aux Palestiniens ; son rôle est aussi contradictoire que les déclarations de Trump sur Gaza. Ce Conseil ne s’est pas explicitement prononcé contre le transfert forcé des Palestiniens ; or, la vision américaine pour Gaza ne laisse aucune place à la culture, au patrimoine ou aux valeurs palestiniennes. Ce Conseil est un prolongement des États-Unis, bénéficiant du soutien du Conseil de sécurité de l’ONU. Quelle place les Palestiniens occupent-ils dans ces plans ?

Aucune, d’où la crainte du peuple palestinien que le déplacement hors de leurs foyers à Gaza ne soit définitif. Il ne s’agit pas seulement du fait que leurs maisons ne sont plus que des décombres, mais plutôt du fait que la reconstruction de Gaza ne concerne en rien le peuple palestinien. Même si les grands projets de Trump pour Gaza ne se concrétisent pas, cela ne signifie pas pour autant que les Palestiniens pourront récupérer leurs terres. Les États-Unis et Israël ont élaboré une multitude de plans contradictoires ; si l’attention se porte actuellement sur le différend opposant Netanyahu à Trump au sujet du plan en 15 points, l’ancrage d’Israël à Gaza demeure incontestable, tant sur le plan de l’occupation militaire effective que sur le plan diplomatique. Aucune exigence particulière n’a été formulée pour qu’Israël se retire de Gaza ; il est désormais simplement stipulé qu’un tel retrait est conditionné au désarmement du Hamas. Si le Hamas venait à désarmer, Israël aurait entre-temps empiété sur de nouveaux territoires et ne céderait certainement aucune des terres dont il s’est déjà emparé, car cela contredirait les projets de colonisation de Gaza.

Aucun des acteurs impliqués dans ces manœuvres politiques ne soutient ou ne défend la cause palestinienne. On attend simplement des Palestiniens qu’ils patientent, relégués à l’arrière-plan de cette diplomatie qui décide de leur sort.

Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR