Partager la publication "Le président libanais appelle à la « paix avec Israël » après sa rencontre avec Trump"
The Cradle, 22 juillet 2026.– Le président libanais Joseph Aoun a rencontré des responsables américains à Washington le 22 juillet et a appelé à la paix avec Israël, au lendemain d’un entretien avec le président Donald Trump dans le Bureau ovale, durant lequel il a qualifié ce dernier de « grand président » alors même que des bombes de fabrication américaine frappaient son pays.
S’adressant mercredi aux membres du Congrès et de l’administration américains, Aoun a déclaré que le Liban se trouvait « à la croisée des chemins historique, face à une occasion rare de rétablir la souveraineté de l’État ».
« Je crois que, pour la première fois depuis des années, nous avons une véritable opportunité de marquer l’histoire », a affirmé Aoun.
Il a déploré la mort de milliers de Libanais et le déplacement de centaines de milliers d’autres en raison de la guerre menée par Israël, affirmant que remédier aux « souffrances » du Liban constituait « la mission de [sa] présidence » à l’occasion de ce déplacement dans la capitale des Etats-Unis.
Parallèlement, il a indiqué que sa « mission comprenait […] l’instauration d’une paix durable avec Israël », selon l’Agence nationale d’information (ANI) du Liban.
Dans le même temps, les forces israéliennes ont bombardé mercredi la colline d’Ali al-Taher, à la périphérie de Nabatiyeh al-Fawqa. Un drone israélien a également mené une frappe dans la zone.
La veille, Aoun était arrivé à la Maison Blanche et avait été reçu par Trump ; ce dernier avait alors appelé à une offensive syrienne contre le Liban en présence du président libanais, au cours de leur entretien.
Aoun, qui n’a pris la parole que brièvement lors de la réunion publique, a fait l’éloge de Trump et a déclaré qu’il se réjouissait de rencontrer « un si grand président ». (photo ci-dessus extraite de la VIDEO publiée par InfoSudLiban)
Le président libanais a également affirmé que son gouvernement était « déterminé » à respecter l’accord inconstitutionnel — négocié par les États-Unis et signé le mois dernier entre Tel-Aviv et Beyrouth — en violation des lois libanaises.
Lors de sa rencontre avec Trump, Aoun a affirmé à tort que l’accord ne nécessitait pas l’aval du Parlement et qu’il avait, en tant que président, l’autorité pour le ratifier.
« Berri soutient en fait ce que nous faisons », a déclaré Aoun.
En réalité, le président du Parlement, Nabih Berri, a ouvertement critiqué l’accord et œuvre à le faire échouer, tout comme il l’avait fait dans les années 1980 avec l’accord de paix du 17 mai entre le Liban et Israël.
« Le Liban a été un pays très malmené pendant une longue période », a déclaré Trump alors qu’il était assis aux côtés d’Aoun dans le Bureau ovale.
Trump a également évoqué l’idée d’une attaque syrienne contre le Hezbollah, qualifiant cela de « concept ». Aoun est resté silencieux lorsque Trump a fait cette remarque.
Le président américain a appelé à maintes reprises à une telle incursion.
Masaad Boulos, homme d’affaires libano-américain et conseiller de Trump, était présent à la réunion.
« Tout dépend de la mise en œuvre. Cela prendra du temps. Ce n’est pas facile. Personne ne croit une seconde que ce sera une tâche aisée », a-t-il déclaré.
Le chef des Forces libanaises (FL) — parti anti-Hezbollah soutenu par les États-Unis et l’Arabie saoudite —, Samir Geagea, a salué la réunion et a déclaré que Beyrouth devait « aller jusqu’au bout de la voie tracée par Washington ».
Le Hezbollah a vivement critiqué la réunion ; le député Hussein al-Hajj Hassan a dénoncé les « promesses en l’air » de Washington et l’absence de calendrier pour le retrait israélien du Liban.
« Il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui nous attaquent, détruisent nos terres et nos foyers, et tuent notre peuple », a ajouté Hajj Hassan, faisant notamment référence aux propos de Trump se disant « ouvert » à un dialogue avec le Hezbollah si Beyrouth en faisait la demande.
Depuis la rencontre entre Aoun et Trump, les troupes d’occupation israéliennes n’ont cessé de détruire des infrastructures civiles et de mener des attaques dans le sud du Liban.
Ces opérations de démolition se poursuivent depuis plusieurs mois et se sont intensifiées récemment. Des villages entiers ont été rayés de la carte.
Israël a ouvertement juré de poursuivre l’occupation du Liban, faisant fi de toute pression américaine, et a publiquement affirmé que des centaines de milliers de civils libanais n’étaient pas autorisés à regagner leurs villages.
Depuis le 2 mars, plus de 4 000 personnes ont été tuées et plus d’un million déplacées par Israël au Liban.
L’accord entre le Liban et Israël, soutenu par les États-Unis, permet à Tel-Aviv de maintenir son occupation du Liban et de poursuivre ses attaques contre le pays.
Le 21 juillet, les Forces armées libanaises (FAL) sont entrées dans l’une des « zones pilotes » du sud du Liban, dans le cadre de l’accord négocié par Washington.
Les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu sur les soldats libanais.
Article original en anglais sur The Cradle / Traduction MR
