Première image depuis des mois du Dr Hussam Abu Safiya : amaigri et portant des traces de torture

QNN, 11 juin 2026 – Le Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan de Gaza, a exigé sa libération immédiate. Détenu par les forces israéliennes, il a qualifié son enlèvement d’« injuste et arbitraire » lors de sa première comparution devant un tribunal depuis près d’un an. Une image de l’audience le montre amaigri et portant des traces de torture.

Abu Safiya a comparu devant la Cour suprême d’Israël par visioconférence depuis sa cellule, menotté.

« Ma détention est injuste et arbitraire, et j’exige ma libération immédiate », a déclaré le médecin, selon son avocat, Nasser Abu Odeh.

« Je suis pédiatre et je prodigue des soins aux patients, aux blessés et aux personnes vulnérables de la bande de Gaza », a ajouté Abu Safiya. « J’ai exercé mon métier dans le respect du droit international et des normes humanitaires, et ma détention est injuste et arbitraire », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration vidéo publiée après l’audience, l’avocat a indiqué que le tribunal a décidé de reporter sa décision concernant le maintien en détention d’Abu Safiya. Une décision est attendue dans les heures ou les jours qui suivent.

Cette audience marquait la première apparition publique d’Abu Safiya depuis février 2025, date à laquelle les médias israéliens avaient diffusé des images le montrant enchaîné en prison après son enlèvement, suscitant une vive indignation parmi les organisations de défense des droits humains et les militants.

Cette apparition d’Abu Safiya intervient quelques jours après que son avocat a révélé des détails sur ses conditions de détention. Il a déclaré que le médecin était détenu dans des conditions inhumaines, enchaîné aux mains et aux pieds, avec une alimentation limitée, sans accès à l’eau potable et privé de soins médicaux.

Abu Odeh a précisé que le médecin souffrait de plusieurs maladies chroniques et nécessitait des médicaments et des traitements réguliers qui lui ont récemment été refusés. L’avocat a également indiqué que les autorités israéliennes avaient transféré Abou Safiya le 3 juin de la prison du Néguev à l’isolement à la prison de Nafha, dans le sud d’Israël.

D’anciens détenus palestiniens ont livré à plusieurs reprises des témoignages poignants sur les conditions de détention du médecin palestinien. Selon ces témoignages, il a subi de graves sévices et une négligence médicale. L’un d’eux a même déclaré que des gardiens israéliens l’avaient déshabillé et avaient lâché des chiens policiers sur lui.

D’après des témoignages rapportés jeudi par l’agence de presse Asra, d’anciens détenus palestiniens ont décrit les conditions épouvantables et brutales auxquelles est confronté le médecin palestinien Hussam Abou Safiya dans les prisons israéliennes.

Hamza Abu Amira, un ancien détenu, a déclaré que le médecin palestinien avait subi des « traitements d’une cruauté exceptionnelle », notamment des humiliations continues et de graves tortures physiques et verbales infligées par des unités spécialisées de la prison israélienne. Il a affirmé que les gardiens l’avaient forcé, dans d’atroces souffrances, à répéter des phrases dégradantes destinées à le déshumaniser.

Rami Abu Amira, un autre détenu libéré, a décrit ce qu’il a qualifié de l’une des scènes les plus choquantes auxquelles il ait assisté : les interrogateurs ont « déshabillé le Dr Hussam et lâché des chiens policiers sur son corps fragilisé », lui infligeant de profondes blessures et des griffures.

Il a ajouté que le médecin revenait souvent des interrogatoires « physiquement anéanti et à peine conscient », témoignant de l’ampleur des souffrances endurées en prison.

Les témoignages des anciens détenus ne se limitaient pas aux tortures physiques ; ils ont également évoqué ce qu’ils ont décrit comme une tentative systématique de détruire le médecin palestinien « psychologiquement et moralement », car Abu Safiya était reconnu pour sa résilience et son engagement humanitaire. L’ancien détenu Ahmad Qaddas a déclaré que « les cris du médecin, victime de violents passages à tabac, résonnaient dans les cellules », ajoutant que les autres détenus n’avaient pas le droit de s’approcher de sa cellule ni même de s’enquérir de son état de santé.

Il a affirmé que les sévices infligés à Abou Safiya « n’étaient pas de la simple torture physique, mais une tentative de le déshumaniser, de détruire son identité et sa dignité ».

Selon les témoignages des détenus, la santé d’Abou Safiya s’est fortement dégradée. Ils ont indiqué qu’il souffrait de vomissements persistants et d’une incapacité à s’alimenter, tout en étant privé de soins médicaux adéquats.

Observations sur l’état du Dr Hussam Abu Safiya tel qu’il est apparu au tribunal : *Deliberately styling the hair to appear in better condition : les cheveux semblent avoir été coiffés de manière à ce qu’il apparaisse en meilleur état. *Sleep deprivation : privation de sommeil. *Swelling resulting from torture : tuméfaction due à la torture. *White and clean, not prison clothes : vêtement blanc et propre, qui n’est pas la tenue carcérale. *Weight loss due to starvation : perte de poids due à la privation de nourriture. *Bruises resulting from beatings : ecchymoses résultant de coups. *Infected scabies : gale infectée. *Hands and feet both cuffed : mains et pieds menottés.

D’anciens prisonniers ont également déclaré que les forces pénitentiaires israéliennes avaient mené des raids répétés dans sa zone de couchage et lancé des grenades assourdissantes et des grenades lacrymogènes à proximité de lui, malgré son état critique, aggravant ainsi ses souffrances quotidiennes.

Les témoignages décrivent également des entraves prolongées aux mains et aux pieds, la privation de nourriture et d’hygiène élémentaire, ainsi que le fait d’être contraint de s’insulter et de répéter des phrases humiliantes, dans ce que les détenus décrivent comme une tentative de briser son moral.

Récemment, un tribunal israélien a prolongé la détention d’Abu Safiya, suite à des informations faisant état de graves actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements. Selon l’organisation Médecins pour les droits de l’homme Israël (PHRI), le tribunal a prolongé sa détention administrative pour une durée indéterminée.

Dans une déclaration publiée en mars, les rapporteurs spéciaux de l’ONU, Tlaleng Mofokeng et Ben Saul, ont indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles l’état de santé d’Abu Safiya « demeure critique ».

« Il a été systématiquement privé d’examens et de traitements médicaux essentiels, et de soins indispensables à tel point que sa vie, sa santé et son bien-être ont été gravement mis en danger », ont-ils déclaré. Abou Safiya, ancien directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, a été arrêté par les forces israéliennes en décembre 2024, en pleine guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens dans l’enclave côtière.

Il a été arrêté après avoir refusé de quitter l’hôpital, dernier établissement de santé opérationnel du nord de Gaza, alors que des attaques israéliennes étaient en cours.

Comme de nombreux autres détenus de la bande de Gaza, Abou Safiya est détenu sans inculpation ni procès, ce qui a suscité une vague d’indignation.

Son arrestation et sa détention « témoignent du ciblage systématique par Israël des personnels de santé palestiniens et de la destruction du système de santé à Gaza, dans le but d’imposer des conditions de vie susceptibles d’entraîner la destruction physique des Palestiniens », a déclaré Amnesty International.

Dans un communiqué, les experts de l’ONU ont affirmé qu’Abou Safiya « a subi une privation arbitraire de liberté, une violation de ses droits humains, notamment le droit de tout être humain d’être protégé contre la torture et les mauvais traitements, et son droit à la santé est bafoué ». Ils ont exhorté la communauté internationale, notamment les pays « ayant une influence sur Israël », à agir « pour garantir la prévention, le recours et la justice ».

« Israël doit libérer le Dr Abu Safiya et tous les professionnels de santé, et leur assurer l’accès à des soins médicaux appropriés », ont-ils déclaré.

Le réseau de santé de Gaza a été décimé par la guerre menée par Israël contre l’enclave. Plus de 930 attaques ont été recensées dans le secteur depuis octobre 2023, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiés le mois dernier.

L’OMS a indiqué que les 36 hôpitaux de la bande de Gaza ont subi des dommages suite aux attaques israéliennes et que seulement la moitié d’entre eux sont partiellement fonctionnels.

Les professionnels de santé palestiniens ont également été pris pour cible tout au long du conflit.

L’organisation humanitaire Medical Aid for Palestinians (MAP) a déclaré qu’au moins 1.722 professionnels de santé ont été tués entre octobre 2023 et octobre 2025, soit en moyenne plus de deux par jour.

Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR