À bas le gouvernement honteux du Liban !

Ibrahim Al-Amine, 20 mars 2026.- La manière dont l’État gère la guerre au Liban défie toute logique. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, ainsi que leurs soutiens, répètent que « le Liban n’a pas choisi la guerre contre l’occupation israélienne ». Ils laissent également entendre à Washington et à Israël qu’ils sont prêts à mettre fin à l’agression en réprimant le Hezbollah.

Le président Joseph Aoun (à dr.) et le Premier ministre Nawaf Salam.

La contradiction est flagrante. Comment un gouvernement qui a échoué pendant quinze mois à faire pression sur les États-Unis pour qu’ils limitent les attaques israéliennes peut-il prétendre maintenant pouvoir faire ce dont l’armée israélienne est elle-même incapable : démanteler le Hezbollah ? À moins qu’il ne croie sincèrement que les citoyens libanais descendront dans la rue pour exiger le démantèlement de l’arsenal, ou que des dizaines de milliers de jeunes hommes attendent le signal pour prendre les armes.

Il ne s’agit pas d’une question de capacité, mais d’état d’esprit. Les propos tenus par Salam lors de son interview avec CNN frisent la déconnexion totale avec la réalité politique. Il semble implorer le moindre geste de la part des États-Unis ou d’Israël, prêt à céder de la souveraineté par avance pour satisfaire ceux qui l’ont porté au pouvoir. Il se comporte comme s’il détenait la solution miracle, tout en manifestant peu d’empathie pour les familles des plus de 1.000 martyrs déjà tombés, alors même qu’il prétend se concentrer sur l’aide aux personnes déplacées.

12 mars 2026. Des images révèlent les conséquences des intenses frappes aériennes israéliennes sur Dahye, banlieue sud de Beyrouth, montrant la destruction généralisée de bâtiments résidentiels et d’infrastructures civiles. (Source photo Eye on Palestine).

Voilà le Liban d’aujourd’hui. Aoun et Salam se soucient peu du massacre de plus de 500 citoyens libanais en 15 mois, des blessures infligées à deux fois plus de personnes, de la destruction de milliers de maisons, de l’occupation continue des terres ou de la détention de prisonniers privés d’accès au Comité international de la Croix-Rouge. Interrogés sur la marche à suivre, leur réponse est toujours la même : ils affirment ne pas pouvoir contraindre Israël à cesser ses agissements et que « les États-Unis ne sont pas d’accord ».

S’ils admettent ouvertement leur incapacité à protéger le pays, son peuple et sa souveraineté, et qu’ils sont même incapables d’obtenir un entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain, comment osent-ils prétendre pouvoir mener une guerre interne pour désarmer la résistance ? Avec une armée dont ils peinent à payer les salaires et à couvrir les frais médicaux ? Ou bien invitent-ils de fait les États-Unis, l’occupation israélienne, voire Ahmed al-Charia, à se charger du désarmement de la résistance ?

Il n’y a plus de place pour la prudence ni pour la politesse. Voir des citoyens ordinaires confrontés à l’une des machines de guerre les plus destructrices au monde rend le silence impossible face à une telle imprudence et à une telle honte au Liban. Il est temps de dénoncer les dirigeants qui ne voient que l’extérieur.

Au sein de la classe dirigeante siège un groupe important de personnes sans véritable mandat populaire, propulsées au pouvoir par des calculs régionaux et internationaux ou par des ordres étrangers directs. N’était-ce pas le modèle syrien depuis 15 ans ? Et les États-Unis et l’Arabie saoudite ne sont-ils pas en train de le reproduire aujourd’hui ?

La conclusion est inévitable. Faites entendre votre voix. À bas ce gouvernement honteux !

Article original en anglais sur Al Akhbar / Traduction MR / L’article en arabe ICI.