Partager la publication "Qui sont les ressortissants étrangers qui combattent dans la guerre israélienne contre Gaza ?"
The Palestine Chronicle, 13 février 2026. – De nouvelles données révèlent qu’un grand nombre de ressortissants étrangers – originaires d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine – ont servi dans l’armée israélienne pendant la guerre génocidaire contre Gaza, ce qui a suscité des enquêtes juridiques dans plusieurs pays concernant leur responsabilité potentielle.
Des dizaines de milliers de détenteurs de passeports étrangers ont servi dans l’armée d’occupation israélienne pendant le génocide perpétré par Israël à Gaza.
Les contingents les plus importants provenaient des États-Unis et de plusieurs pays européens.
Des plaintes ont été déposées dans divers États, faisant état d’une possible implication dans de graves violations du droit international.
La législation nationale de certains pays pourrait criminaliser la participation à des forces armées étrangères.
Les gouvernements subissent une pression croissante pour enquêter sur leurs ressortissants de retour au pays.
Une présence militaire multinationale
Les données publiées par le média d’investigation Declassified UK révèlent une structure militaire qui dépasse largement le cadre de l’implication d’un seul pays. Le contingent le plus important provenait des États-Unis, avec 12.135 binationaux et 1.207 multinationaux, suivis de la France (6.127 et 337), de la Russie (5.067 et 102), de l’Allemagne (3.901 et 292) et de l’Ukraine (3.210 et 56).
Les données recensent 1.686 binationaux et 383 multinationaux au Royaume-Uni, 1.675 en Roumanie, 85 en Pologne, 1.668 en Pologne et 149 au Canada, et 1.185 en Italie et 339 dans les pays du Sud.
Des chiffres comparables ont également été observés en Europe et dans les pays du Sud, notamment en Italie (828 et 100), aux Pays-Bas (559 et 86), au Brésil (505 et 91), en Argentine (609 et 56) et en Australie (502 et 119). Des contingents plus petits, mais néanmoins significatifs, ont été recensés en provenance d’Afrique du Sud (415 et 74), d’Éthiopie (1.387 et 29), de Suisse (373 et 135), de Belgique (406 et 65), d’Autriche (390 et 54), d’Espagne (372 et 79), de Hongrie (885 et 53) et de République tchèque (309 et 22).
Au total, les données publiées par Declassified UK indiquent que plus de 50.000 soldats possédaient la nationalité israélienne ainsi qu’au moins une autre nationalité. Ces chiffres suggèrent que la participation à la guerre s’inscrivait dans un vaste réseau transnational plutôt que de constituer des cas isolés de volontaires étrangers.
Défis juridiques dans différentes juridictions
L’ampleur de la participation a suscité des plaintes et des demandes d’enquête dans plusieurs pays.
Selon le rapport, Paul Heron, du Public Interest Law Centre, a déclaré qu’« il ne saurait y avoir d’impunité lorsque des preuves crédibles lient des ressortissants britanniques à de graves violations du droit international ».
Une plainte déposée auprès de la police métropolitaine de Londres accuse certaines personnes d’être impliquées dans des actes tels que des « assassinats ciblés de civils et de travailleurs humanitaires » et des attaques indiscriminées (Declassified UK).
Des experts juridiques ont également fait référence à la loi britannique sur le service militaire à l’étranger (Foreign Enlistment Act), qui interdit aux citoyens de combattre pour des États étrangers engagés dans une guerre contre des pays en paix avec la Grande-Bretagne. Des questions juridiques similaires se posent dans d’autres juridictions où des ressortissants ont servi à l’étranger.
Responsabilité des États au regard du droit international
La question dépasse la simple responsabilité individuelle.
Les conclusions de la Cour internationale de Justice ont mis en garde les États contre toute aide au maintien de l’occupation et ont reconnu un risque sérieux de génocide à Gaza.
Des juristes soutiennent donc que les gouvernements doivent déterminer si les actions de leurs ressortissants sont susceptibles d’entraîner des obligations d’enquête ou de poursuite en vertu du droit international.
Preuves et cas individuels
L’enquête a permis d’identifier des individus précis, filmés lors d’opérations génocidaires à Gaza, notamment grâce à des images montrant des ressortissants étrangers opérant dans des zones civiles et fouillant des maisons abandonnées pendant les déplacements de population.
Selon des organisations de défense des droits humains, les documents en accès libre et les preuves issues des réseaux sociaux pourraient mener à d’autres identifications et à des poursuites judiciaires dans plusieurs pays.
Article original en anglais sur The Palestine Chronicle / Traduction MR
Commentaire de Craig Mokhiber, avocat spécialisé dans les droits humains, et ancien membre de l’ONU (lire sa lettre de démission), sur son compte X le 13 février :
« J’ai qualifié le génocide palestinien de premier génocide mondialisé. Ce rapport révèle que des dizaines de milliers de ressortissants étrangers violents, originaires pour la plupart des États-Unis, du Canada et d’Europe, ont participé aux exactions du régime israélien et circulent désormais librement dans nos rues en toute impunité. (Parmi eux figurent des milliers d’Ukrainiens qui ont fui leur pays en temps de guerre pour participer aux crimes du régime israélien). Si nous voulons être en sécurité chez nous et si l’État de droit doit prévaloir, il est impératif que tous ces individus soient identifiés, dénoncés, fassent l’objet d’enquêtes et soient traduits en justice avec toute la rigueur de la loi. »
