26 prisonniers palestiniens atteints de cancer condamnés à une mort lente dans les prisons israéliennes

The Palestinian Information Center, 5 février 2026.– Le Centre palestinien d’études sur les prisonniers a révélé que 26 prisonniers palestiniens incarcérés dans des prisons israéliennes souffrent de cancers de différentes formes. Leur état de santé est extrêmement précaire et leur vie est menacée à tout moment. Ils sont privés de soins appropriés et ne reçoivent que des analgésiques.

Emprisonné par les Israéliens et victime de négligence et de mauvais traitements médicaux pendant des mois, Khaled Saifi, originaire de Bethléem, décède une semaine seulement après sa libération.

Le directeur du centre, le chercheur Riyad Al-Ashqar, a expliqué dans un rapport publié à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée chaque année le 4 février, que les prisonniers atteints de cancer sont victimes d’une politique d’agonie. Cette politique résulte d’une négligence médicale délibérée, de la gravité de leur état de santé et de conditions de détention inhumaines qui les privent des besoins les plus élémentaires, sans aucune distinction entre prisonniers malades et bien portants.

Al-Ashqar a souligné que les souffrances de ces prisonniers sont aggravées par la douleur d’une maladie grave qui peut leur être fatale, et par le durcissement des mesures de détention et les mauvais traitements continus, en particulier depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle l’administration pénitentiaire israélienne a renforcé les restrictions à leur encontre et les a privés de leurs droits fondamentaux, notamment l’accès aux soins, aux traitements et à une alimentation adéquate.

Il a précisé que le cancer est la principale cause de décès de prisonniers dans les prisons israéliennes avant le 7 octobre, en raison d’une négligence médicale délibérée. Les autorités israéliennes refusent en effet de les transférer dans des hôpitaux civils pour qu’ils reçoivent les soins nécessaires et se contentent de leur administrer des analgésiques.

Al-Ashqar a relevé le décès, en dernière circonstance, d’un prisonnier décédé d’un cancer : Mahmoud Talal Abdullah, 49 ans, originaire de Jénine. Ses examens médicaux avaient révélé un cancer à un stade avancé. Malgré la gravité de son état, l’administration pénitentiaire israélienne a refusé de le libérer ou de lui prodiguer les soins appropriés. Il a ensuite été transféré à l’hôpital de la prison de Ramla, puis à l’hôpital Assaf Harofeh, où son décès a été annoncé en octobre dernier. Al-Ashqar a également évoqué le décès de Mohammad Anwar Labad, 57 ans, originaire de la bande de Gaza, arrêté pendant la guerre de génocide et décédé en décembre 2024 des suites d’une négligence médicale délibérée après la confirmation de son cancer.

Plusieurs prisonniers libérés sont arrivés début février à Gaza, dans un état grave. Photo Ashraf Amra, pour Drop Site News.

Al-Ashqar a révélé que parmi les détenus atteints de cancer figurent deux femmes : Fidaa Assaf, 47 ans, originaire de Qalqilya, qui souffre de leucémie et est détenue depuis un an malgré la gravité de son état, et Suhair Zaaqiq, originaire d’Al-Khalil, qui souffre de fibromes et de tumeurs cancéreuses sans avoir reçu de traitement approprié.

Le journal a également souligné que plusieurs détenus atteints de cancer comptent parmi les prisonniers de longue date ayant passé de nombreuses années dans les prisons israéliennes, notamment Jamal Ibrahim Amr, originaire d’Al-Khalil, détenu depuis 2004 et condamné à la prison à vie. Diagnostiqué d’un cancer de l’intestin en 2018, la maladie s’est propagée au foie et aux reins à la suite de négligences médicales, et son état de santé est jugé préoccupant. Il a également évoqué le cas du prisonnier Fawaz Saba’a Ba’ara, originaire de Naplouse, détenu depuis 2004 et condamné à trois reprises à la prison à vie. Atteint d’un cancer et de graves problèmes cardiaques, il a besoin d’une opération à cœur ouvert que les autorités israéliennes refusent de pratiquer.

Al-Ashqar a estimé que les conditions de détention inhumaines et les violations persistantes des droits des détenus constituent un terreau fertile pour le développement de maladies graves. Il a notamment souligné les annonces répétées de nouveaux cas de cancer et de maladies incurables, conséquences d’une négligence médicale accumulée depuis des années, qui met en danger la vie des prisonniers.

Il a mis en garde contre le danger que représentent les conditions de détention pour les prisonniers atteints de cancer, compte tenu du mépris d’Israël pour leur vie et de l’absence de traitement adéquat, en particulier de chimiothérapie urgente dont nombre d’entre eux ont besoin. Il a insisté sur le fait que cette négligence a souvent conduit à la libération de prisonniers alors que leur état de santé était critique, tandis que d’autres en sont décédés.

Al-Ashqar a appelé les organisations et instances internationales, et notamment l’Organisation mondiale de la santé, à intervenir d’urgence pour sauver la vie des prisonniers malades en général, et de ceux atteints de cancer en particulier, et à œuvrer sérieusement pour leur libération avant qu’il ne soit trop tard.

Article original en anglais sur The Palestinian Information Centre / Traduction MR