Al-Akhbar, 16 mars 2026. – La Résistance a intensifié ses opérations ce week-end et a lancé des dizaines de frappes en profondeur en Israël. Parmi les cibles figuraient la base aérienne de Palmachim, le complexe Rafael Advanced Defense Systems et plusieurs sites militaires tels que les bases de Stella Maris, d’Ein Shemer et du Mont Meron. Les attaques ont été menées à l’aide de drones suicides et de missiles de précision. Il s’agit de l’une des vagues de frappes les plus intenses depuis le début de la guerre.
Au sol, dans le sud du Liban, les combattants de la Résistance ont affronté les forces israéliennes lors de combats directs autour de la ville de Khiam. Ils ont également repoussé les tentatives d’avancée israéliennes près d’Odaisseh et de Taybeh, où des unités de chars Merkava israéliens ont été détruites et des groupes de soldats ciblés par des missiles guidés et des tirs d’artillerie. Les forces israéliennes ont tenté plusieurs offensives, notamment dans le sud de Khiam et certains quartiers de l’est, tandis que des hélicoptères ont été aperçus survolant la frontière face aux zones de Wazzani et de Majidiyeh. Malgré d’intenses frappes aériennes et des bombardements d’artillerie, aucun mouvement terrestre israélien n’a été signalé dans les quartiers ouest de la ville.
Les opérations de la résistance ont également inclus des tirs nourris de roquettes vers les colonies israéliennes du nord, notamment Kiryat Shmona, Nahariya et Metula. Les cibles ont été étendues aux casernes et bases militaires du plateau du Golan, et la résistance a revendiqué la destruction d’un drone armé et la perturbation des systèmes de défense aérienne.
En Israël, la reprise des affrontements a suscité critiques et frustration. Le journaliste israélien Nadav Eyal a écrit dans le quotidien Yedioth Ahronoth que le retour des combats avec le Hezbollah a laissé un goût amer à de nombreux Israéliens, après des mois de messages officiels laissant entendre que le groupe avait été considérablement affaibli. Un ancien responsable de la sécurité impliqué dans le conflit a déclaré que le public avait été « dupé ». Eyal a noté que les capacités du Hezbollah semblent supérieures aux prévisions de nombreuses évaluations militaires israéliennes.
Le quotidien israélien Haaretz a également rapporté que Washington et Tel-Aviv intensifiaient leurs opérations contre l’Iran et le Hezbollah, et que des discussions étaient en cours concernant l’extension des frappes aux installations pétrolières iraniennes et à des zones plus reculées du sud du Liban, jusqu’au fleuve Litani. Selon ce rapport, la résistance et Téhéran semblent préparés à une guerre d’usure prolongée en l’absence de solution politique à court terme.
Les médias israéliens indiquent que les stratèges militaires se préparent à une longue campagne. La chaîne 13 a rapporté que les opérations au Liban pourraient durer des mois, et que l’établissement d’une large zone tampon dans le sud du Liban pourrait créer de nombreuses cibles militaires pour le Hezbollah. Parallèlement, des tirs de roquettes continuent de secouer les localités du nord d’Israël, contraignant les autorités locales de Shlomi à évacuer des dizaines d’habitants jugés insuffisamment protégés dans leurs maisons. L’armée israélienne a également demandé au gouvernement de relever le plafond de mobilisation des réservistes à 450.000 soldats, contre 280.000 actuellement.
Certains analystes israéliens estiment que la situation actuelle résulte d’erreurs stratégiques. Le commentateur Eyal Zisser a déclaré qu’Israël avait commis une erreur stratégique en acceptant un cessez-le-feu en novembre 2024 avant d’avoir vaincu le Hezbollah de manière décisive, ce qui a donné au groupe le temps de se reconstituer. Il a également averti que le Hezbollah pourrait tenter d’entraîner Israël dans une guerre d’usure prolongée qui pourrait finalement le contraindre à accepter un cessez-le-feu, permettant ainsi au groupe de revendiquer sa résilience et de reconstituer ses capacités.
Sur le plan diplomatique, la journaliste israélienne Anna Barsky a rapporté dans Maariv une initiative française visant à amener le Liban et Israël à des négociations directes. Si la participation du Liban à ces pourparlers serait politiquement délicate sur le plan intérieur, Israël a manifesté un enthousiasme limité, de nombreux responsables restant favorables à une escalade. Un responsable israélien a suggéré que la seule façon de garantir la paix à la frontière serait un contrôle israélien étendu sur le territoire du sud du Liban.
Cet article est une traduction remaniée d’un article publié en arabe. / Article en anglais sur Al-Akhbar / Traduction MR
