Manlio Dinucci, 13 mars 2026.- L’”Opération Furie Epique”, déclenchée par les Etats-Unis contre l’Iran, s’est ouverte le 28 février avec le massacre de 175 fillettes et enseignantes quand un missile a frappé une école élémentaire de Téhéran.
À la question d’un journaliste du New York Times de savoir si c’était les Etats-Unis qui avaient frappé l’école, le président Trump a répondu : « Non. Selon moi et sur la base de ce que j’ai vu, ça a été le fait de l’Iran ». Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a ajouté : « La seule partie qui prend pour cible les civils est l’Iran ». Une série de preuves recueillies par le New York Times -dont des images satellitaires et autres vidéos vérifiées- démontre que l’école élémentaire a été touchée par un missile Tomahawk étasunien. Un morceau de fer du missile qui a frappé l’école porte l’inscription “Made in USA” et le nom “Globe Motors”, un producteur qui a son siège dans l’Ohio.
Le Pentagone a communiqué que, dans les sept premiers jours de l’Opération Furie Epique, ont été frappés en Iran plus de 3.000 objectifs avec des milliers de bombes et missiles. Les forces employées comprennent des bombardiers stratégiques et des chasseurs-bombardiers, avions pour la guerre électronique, drones espions et d’attaque et unités lance-missiles, plus d’autres armements que le Pentagone même dit ne pas pouvoir lister parce que secrets. Trump annonce maintenant un possible envoi de troupes étasuniennes en Iran pour « mettre en sécurité les provisions d’uranium enrichi du pays ». Il a déclaré aux journalistes : « Envoyer des troupes en Iran ? Nous ne l’avons pas encore fait mais c’est quelque chose que nous pourrions faire. Si nous le faisions, les Iraniens seraient si décimés qu’ils ne seraient pas en mesure de combattre au sol. À un certain point peut-être que nous le ferons. Ce serait une chose fantastique ». Et sans demi-mots, Trump déclare que ce devrait être lui, en qualité de président des Etats-Unis d’Amérique, qui choisirait qui doit être au gouvernement de l’Iran.
Le coût économique de la guerre est énorme. Le Pentagone a communiqué que les six premiers jours de l’Opération Furie Epique ont coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars. Il suffit de penser qu’une seule des milliers de bombes planantes à guidage satellitaire utilisées dans le bombardement de l’Iran a un coût qui, traduit en euros, équivaut au montant de 25 salaires annuels moyens bruts en Italie. La croissance de la dépense militaire étasunienne, que Trump entend porter de 1.000 à 1.500 milliards de dollars annuels, sert de volant à la croissance de la dépense militaire des pays européens de l’OTAN : celle de l’Italie, qui déjà dépasse la moyenne de 120 millions par jour, doit rapidement monter selon les engagements pris dans l’OTAN à plus de 300 millions d’euros par jour. À cela s’ajoute l’augmentation du coût du pétrole, provoquée par la guerre, qui a dépassé les 100 dollars le baril, avec une augmentation consécutive du coût de la vie. Ce mécanisme et d’autres amorcent une crise économique de portée mondiale.
En même temps, l’Opération Furie Epique accélère fortement le risque de guerre nucléaire. Israël -à qui les Etats-Unis sont en train de fournir 12.000 autres bombes de 1.000 libbres à utiliser contre l’Iran et le Liban- est en train d’expérimenter le fait que les systèmes antimissiles fournis par les Etats-Unis ne sont pas aussi infaillibles qu’il avait été annoncé. Divers missiles iraniens arrivent à les surmonter en frappant des villes et autres objectifs en Israël. L’impact est fort, plus qu’en termes de dommages et victimes, psychologiquement sur la population. En ce point croît la possibilité qu’Israël, unique pays du Moyen-Orient à posséder des armes nucléaires, puisse utiliser une arme nucléaire contre l’Iran. On parle ainsi ouvertement, dans la presse israélienne, de l’”Option Samson”. Elle est ainsi décrite par le Times of Israel : « l’”Option Samson est une doctrine conduite par la logique de la survie : quand toutes les autres dissuasions ont échoué et quand est en jeu l’existence même de l’Etat hébreu. Pour le moment, les conditions sur son activation n’y sont pas. Mais le scénario est en train de changer. Une escalade imprévue ou une attaque avec un grand nombre de victimes pourraient changer les calculs du jour au lendemain. L’Option Samson prévoit l’usage de la force nucléaire comme mesure défensive extrême d’Israël. Mais à la différence du Samson biblique, qui mourut avec ses ennemis, Israël -même peut-être condamné diplomatiquement- resterait vivant, intègre et encore en mesure de défendre son propre droit à l’existence. »
Bref résumé de la revue de presse internationale Grandangolo sur la chaine 262 de la TV italienne Byoblu, vendredi 12 mars 2026. / Traduction M-A. Patrizio.
