Jour 2 : Des dirigeants iraniens assassinés, Téhéran intensifie ses frappes de représailles

Al Akhbar, 1er mars 2026.– L’Iran a confirmé l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, tombé en martyr lors d’une frappe conjointe israélo-américaine visant Téhéran. Cette annonce, faite tôt dimanche matin, marque une escalade dramatique dans un conflit qui a déjà embrasé plusieurs pays de la région.

Photo Al-Jazeera.

Dans un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne, les autorités ont déclaré que Khamenei avait été tué lors d’une « attaque ciblée » menée par Israël avec le soutien des États-Unis. La frappe aurait visé des sites stratégiques de la capitale, faisant l’objet de bombardements intensifs durant la nuit.

Khamenei dirigeait la République islamique depuis 1989, plaçant les pouvoirs du Guide suprême au cœur du système politique et militaire iranien. Son assassinat constitue l’un des événements les plus marquants de l’histoire de la République islamique.

Peu après la confirmation de la mort de Khamenei, Téhéran a également annoncé le martyre du conseiller principal Ali Shamkhani, décédé des suites de ses blessures reçues lors de la même vague de frappes. Shamkhani, architecte de longue date de la stratégie de sécurité nationale iranienne, a occupé pendant des années le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et est resté étroitement impliqué dans les décisions stratégiques.

Dans un communiqué distinct, la République islamique a confirmé l’assassinat du général de division Mohammad Pakpour, commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Pakpour avait pris la tête du CGRI en juin 2025, suite à l’assassinat de son prédécesseur lors de précédentes frappes israéliennes. Les médias iraniens ont décrit sa mort comme une perte considérable pour la structure de commandement des Gardiens.

Parallèlement, Mohammad Mokhber, conseiller de Khamenei, a déclaré que, durant la période de transition, le pouvoir exécutif serait exercé conjointement par le président Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni-Ejei et un juriste du Conseil des gardiens, conformément aux dispositions constitutionnelles.

De son côté, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a affirmé que la nation iranienne ferait regretter aux États-Unis et à Israël leur agression contre le pays. « Nous allons brûler le cœur des États-Unis et d’Israël », a-t-il menacé, ajoutant que « quiconque pense que le régime iranien s’effondrera après l’assassinat de Khamenei se berce d’illusions ».

Face à l’augmentation des pertes parmi ses dirigeants, l’Iran a intensifié sa campagne de représailles. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé une nouvelle vague de tirs de missiles, plus coordonnée, contre des « cibles militaro-industrielles » en Israël. Les médias israéliens ont rapporté des explosions à Tel-Aviv et à Haïfa, tandis que les sirènes retentissaient dans le centre et le nord du pays.

Une trentaine de missiles ont été lancés lors de l’un des plus importants barrages depuis le début de la confrontation. Des incendies ont été signalés dans certains quartiers de Tel-Aviv après les impacts. Selon les premières informations, on dénombre un mort et au moins vingt blessés dans la région de Tel-Aviv.

Le CGRI a également déclaré avoir ciblé le complexe du ministère israélien de la Défense, connu sous le nom de Kirya, à Tel-Aviv, ainsi que des installations militaro-industrielles à Beit Shemesh et à Ashdod, et des infrastructures navales à Haïfa. Les Gardiens ont averti que les opérations à venir seraient « encore plus intenses ».

Au-delà d’Israël, l’Iran a revendiqué des frappes contre des installations américaines dans toute la région. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir ciblé la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite et la base Harir en Irak, qui abrite des forces spéciales américaines. Des frappes avaient déjà été signalées contre des installations à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis.

Réactions régionales

Les factions palestiniennes, notamment les Brigades Al-Qods, ont exprimé leur pleine solidarité avec l’Iran, qualifiant le conflit de confrontation régionale décisive. Les groupes de résistance irakiens ont réitéré leurs menaces de cibler les bases américaines.

Parallèlement, les États du Golfe ont renouvelé leurs condamnations des frappes iraniennes sur leur territoire, tandis que les efforts diplomatiques internationaux semblaient paralysés. Les appels à une session d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU ont gagné du terrain, bien qu’aucun cadre de cessez-le-feu n’ait été mis en place.

Article original en anglais sur Al-Akhbar / Traduction MR