Israël militarise Jérusalem en prévision d’une intensification de son agression durant le Ramadan

The Palestinian Information Center, 30 janvier 2026.- À l’approche du mois béni du Ramadan, alors que les musulmans du monde entier se préparent à l’accueillir comme une période d’obéissance, de prière et de joie, Jérusalem, ville occupée, est le théâtre d’une escalade sans précédent des mesures militaires israéliennes. Des voix s’élèvent pour dénoncer la transformation de la ville en un camp de sécurité à ciel ouvert.

Un déploiement massif de forces, des points de contrôle renforcés et des restrictions accrues imposées aux Jérusalémites et aux fidèles sont constatés, au moment même où des organisations et des chercheurs basés à Jérusalem confirment qu’il ne s’agit pas de mesures de sécurité temporaires, mais d’une politique systématique visant à militariser Jérusalem et à imposer une nouvelle réalité sur le terrain.

Dans ce rapport, nous nous efforçons d’analyser les caractéristiques de cette escalade israélienne, ses dimensions politiques et sécuritaires, ainsi que ses répercussions sur la vie des Jérusalémites et sur le mois de Ramadan dans la ville sainte.

Un camp sécuritaire à ciel ouvert

Le chef de l’Autorité de Jérusalem contre la judaïsation, Nasser Al-Hadhmi, a déclaré que les autorités d’occupation ont, ces derniers jours, commencé à mettre en œuvre des mesures militaires et sécuritaires sans précédent dans la ville occupée de Jérusalem, dans le cadre d’une politique systématique de militarisation de la ville et de sa transformation en un camp à ciel ouvert, en prévision du mois béni du Ramadan.

Dans un entretien exclusif accordé au Centre d’information palestinien, M. Al-Hadhmi a expliqué que ces mesures comprennent le déploiement d’un grand nombre de forces spéciales et d’unités de police des frontières dans les quartiers de Jérusalem, notamment aux abords de la mosquée Al-Aqsa et de la Vieille Ville, ainsi que la mise en place de points de contrôle militaires mobiles et permanents qui entravent la circulation des Jérusalémites et restreignent leur accès aux lieux de culte.

Il estime que, par cette politique, l’occupation cherche à imposer une nouvelle réalité sécuritaire dans la ville et à transformer le mois de Ramadan, période de prière et de partage, en une période de répression et de tensions, afin de briser la volonté des Jérusalémites et d’empêcher toute manifestation religieuse ou populaire à la mosquée Al-Aqsa.

Al-Hadhmi estime que la situation actuelle s’inscrit dans un plan plus vaste dont le but est de renforcer le contrôle sur Jérusalem et de la dépouiller de sa dimension religieuse et humaine, par le biais de restrictions délibérées imposées aux fidèles et de limitations d’âge et de durée d’accès à la mosquée Al-Aqsa, sous de fallacieux prétextes sécuritaires.

Il a souligné que la militarisation de Jérusalem coïncide avec une dangereuse escalade des incursions quotidiennes de colons dans la mosquée Al-Aqsa, sous la protection des forces d’occupation, dans un silence international honteux qui encourage l’État occupant à poursuivre ses politiques agressives en toute impunité.

Al-Hadhmi a averti que la poursuite de ces mesures pourrait embraser la ville, insistant sur le fait que l’occupation porte l’entière responsabilité des répercussions de ses politiques provocatrices, en particulier durant un mois d’importance religieuse et nationale pour le peuple palestinien.

Le chef de l’Autorité de Jérusalem a appelé le peuple palestinien de Jérusalem et de la Palestine occupée de 1948 à se rendre à la mosquée Al-Aqsa, à y maintenir une forte présence et à s’opposer pacifiquement aux tentatives de l’occupation d’imposer une nouvelle réalité sécuritaire visant à rompre le lien des musulmans avec leur Al-Aqsa.

Il a également exhorté la communauté internationale et les institutions de défense des droits humains à assumer leurs responsabilités juridiques et morales et à prendre des mesures urgentes pour stopper la militarisation de Jérusalem et mettre fin aux violations commises par l’occupation contre la ville sainte et ses habitants, notamment à l’approche du mois béni du Ramadan.

Un plan calculé

De son côté, Ismail Muslimani, chercheur spécialiste des affaires de Jérusalem, a déclaré que l’occupation poursuit la mise en œuvre d’un plan de sécurité calculé visant à militariser la ville occupée de Jérusalem et à la transformer en zone militaire fermée, dans le cadre de ses préparatifs pour le mois du Ramadan, conformément à une vision sécuritaire visant à exercer un contrôle total sur la ville.

Dans une interview exclusive accordée au Centre d’information palestinien, Muslimani a expliqué que ce plan se manifeste par le déploiement massif des forces d’occupation autour de la mosquée Al-Aqsa et de la Vieille Ville, l’utilisation d’outils de surveillance sophistiqués et le renforcement des mesures aux points de contrôle. Ces éléments reflètent la volonté manifeste d’Israël de gérer le Ramadan selon une logique purement militaire.

Il estime que l’occupation traite Jérusalem comme une arène sécuritaire plutôt que comme une ville habitée, au mépris total de sa dimension religieuse et humaine, et dans le but de soumettre les Jérusalémites par une politique de dissuasion et de répression préventive.

Muslimani a souligné que la militarisation de Jérusalem est indissociable du vaste projet de judaïsation, pour modifier le caractère arabe et islamique de la ville par le contrôle des déplacements, une présence militaire permanente et l’imposition de lois d’urgence non déclarées durant le mois de Ramadan.

Il a ajouté que ces mesures visent également à faciliter les incursions de colons dans la mosquée Al-Aqsa et à créer un climat de sécurité leur permettant de se livrer à des rituels provocateurs, tout en restreignant la liberté de culte des musulmans.

Muslimani a averti que ces politiques entraîneront une montée des tensions et de la colère populaire, notamment face à la multiplication des violations, affirmant que l’occupation cherche à imposer une nouvelle équation sécuritaire fondée sur la répression préventive plutôt que sur le respect de la liberté de culte.

Il a affirmé que Jérusalem connaît chaque année une escalade sécuritaire à l’approche du Ramadan, mais que la situation de cette année revêt un caractère plus dangereux et organisé, indiquant la volonté de l’occupation de tester de nouveaux outils pour un contrôle durable de la ville.

Il a appelé à dénoncer ces politiques auprès des médias et de la communauté internationale, à documenter les violations et à renforcer la mobilisation populaire et juridique pour défendre Jérusalem et ses lieux saints contre toute tentative de les transformer en base militaire.

Malgré les campagnes d’expulsion, d’intimidation et de contrôle, les Palestiniens insistent sur le maintien de leur présence à la mosquée Al-Aqsa et affirment être prêts à contrecarrer tous les plans de contrôle, de judaïsation et de changement d’identité de leur lieu saint, quels que soient les sacrifices que cela implique.

Article original en anglais sur The Palestinian Information Center / Traduction MR