Partager la publication "La communauté internationale cessera-t-elle enfin de considérer le meurtre de Palestiniens comme un droit humain ?"
Ramona Wadi, 6 janvier 2026. – À quel niveau de normalisation de la violence le sionisme est-il parvenu pour que les projets d’anéantissement des Palestiniens ne se contentent pas de frôler, mais relèvent pleinement du genre horrifique ? Plus Israël s’éloigne de manière absurde et radicale du concept de droits humains, moins les déclarations et les actions proposées par les ministres israéliens suscitent de véritables interrogations au sein de la communauté internationale.

07.01.2026.- Une usine métallurgique qui faisait vivre des centaines de familles à Anata, au nord-est de Jérusalem occupée, a été démolie ce matin par les forces d’occupation israéliennes, laissant le site en ruines. (source Quds News Network).
La Knesset a déjà adopté en première lecture, en novembre dernier, un projet de loi infligeant la peine de mort aux Palestiniens. Ce texte exclut spécifiquement les Israéliens de la peine capitale, stipulant notamment qu’elle s’appliquerait aux individus « agissant dans le but de nuire à l’État d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre ». Des Palestiniens ont été exécutés extrajudiciairement par Israël pour des motifs bien moins graves. Le génocide à Gaza en est un exemple : des Palestiniens ont été tués pour la simple raison qu’ils existaient sur leur terre. Que se passe-t-il en Cisjordanie occupée, où les colons sionistes tuent des Palestiniens en toute impunité, avec le soutien total de l’armée israélienne ?
Le ministre israélien de la Sécurité, Itamar Ben Gvir, à l’origine du projet de loi sur la peine de mort, a également appelé à l’assassinat de responsables palestiniens pour leur engagement diplomatique à l’ONU. « S’ils accélèrent la reconnaissance de l’État terroriste palestinien, et que l’ONU reconnaît un État palestinien, il faudrait ordonner des assassinats ciblés de hauts responsables de l’Autorité palestinienne, qui sont de facto des terroristes », a affirmé Ben Gvir.
En décembre dernier, les médias israéliens ont rapporté que l’administration pénitentiaire israélienne examinait une proposition de Ben Gvir visant à créer une prison pour Palestiniens « entourée de crocodiles ». Officiellement inspirée de la prison américaine du parc national des Everglades, cette prison utiliserait les crocodiles comme solution sioniste économique pour empêcher toute évasion des Palestiniens.
Le monde assiste à un génocide en cours qu’Israël gère désormais de manière à ne susciter aucune condamnation. Les condamnations timides n’ont certes pas mis fin au génocide israélien à Gaza, mais pour Israël, l’indifférence est préférable à une attention superficielle. Qu’un responsable israélien prône ouvertement le meurtre de Palestiniens engagés dans la lutte anticoloniale ou la diplomatie ne leur laisse aucune chance de survie.
Ce n’est pas l’effet dissuasif qui rend la proposition de Ben Gvir effrayante, mais l’idée que tout Palestinien tentant de fuir serait dévoré par des crocodiles. Nous avons vu des Palestiniens projetés en l’air par des bombes, mis en pièces et décapités. Le sionisme est-il sans limite en matière de violence ? Le monde n’a-t-il pas atteint ses limites en matière d’impunité pour le processus colonial qu’est Israël ?
Quant à l’Autorité palestinienne, qui s’est pliée à tous les desiderata imposés par ses donateurs et par Israël, quel genre de trahison est-ce de trahir les siens ? Si elle existe encore, c’est uniquement parce qu’Israël, et la communauté internationale, en ont besoin pour leur processus colonial.
Si Israël met en œuvre la suggestion de Ben Gvir – assassiner les dirigeants de l’Autorité palestinienne qui cherchent à obtenir la reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU –, comment la communauté internationale justifiera-t-elle ces assassinats ciblés de responsables étrangers aux mouvements de résistance palestiniens ?
Les masques sont déjà tombés, mais la rhétorique, elle, persiste. Et on peut affirmer sans risque de se tromper que l’ONU a ouvert la voie à l’horreur, bien plus qu’à sa Charte des droits de l’homme. La communauté internationale cessera-t-elle enfin de considérer le meurtre comme un droit humain ?
Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR