Partager la publication "Élections de mi-mandat aux États-Unis : les progressistes soutiennent les attaques du criminel de guerre Barack Obama contre Trump"
Joseph Massad, 30 octobre 2026. – L’ancien président américain Barack Obama mène campagne pour soutenir les candidats du Parti démocrate. Dans des discours prononcés dans l’Ohio et le Michigan, il a critiqué l’administration Trump pour des politiques qui ne sont pas sans rappeler celles qu’il a lui-même menées lorsqu’il était au pouvoir.
Un sondage auprès des jeunes, réalisé par Harvard et publié la semaine dernière, révèle que deux tiers des jeunes électeurs inscrits désapprouvent le bilan du Parti démocrate au Congrès, tandis que près de deux tiers des jeunes démocrates réclament la fin de l’aide militaire américaine à Israël. Pourtant, les démocrates et ceux qui se qualifient de « progressistes » mettent Obama à contribution pour rallier des soutiens à leurs candidats, malgré son propre bilan désastreux.
Obama, ce « chef des expulsions » qui a cruellement fait expulser plus de trois millions d’immigrés, a aujourd’hui l’audace de qualifier Trump d’agent du « chaos, de la cruauté, de la corruption et de l’incompétence ».
Son administration a également emprisonné par milliers des mères et des enfants en quête d’asile. En 2014, elle a réinstauré la détention familiale de masse, faisant passer la capacité d’accueil de moins de 100 lits à environ 3.700 en 2015. Elle a justifié la détention de ces familles par la volonté de dissuader d’autres migrants, jusqu’à ce qu’un juge fédéral bloque cette politique.
Ce n’est pas que Trump ne soit pas cruel ; c’est qu’Obama, lui, fait preuve d’une cruauté impitoyable.
Le fait que les libéraux et les progressistes américains continuent de voir en ce même Obama un phare d’espoir face aux exactions actuelles de Trump témoigne, une fois de plus, de la faillite morale et politique de la gauche libérale américaine.
Cruauté et chaos
Il est pour le moins ironique de voir des individus se revendiquant « progressistes » soutenir les critiques formulées par Obama, un criminel de guerre, à l’encontre de Trump. Obama s’estime doté de l’autorité morale nécessaire pour condamner la guerre menée par Trump contre l’Iran, un conflit qui a coûté la vie à des Américains.
Les guerres menées par Obama en Afghanistan et en Irak ont causé la mort de plus de 100.000 Afghans et Irakiens au cours de ses deux mandats, ainsi que celle de 2.500 Américains ; pourtant, il reproche à Trump la mort de 21 soldats américains dans le cadre de la guerre contre l’Iran.
C’est ce même Obama qui, lorsqu’il était président, tenait une « liste d’élimination » hebdomadaire, et dont les frappes de drones ont tué, au Yémen en 2011, un citoyen américain âgé de 16 ans, Abdulrahman al-Awlaki.
Il a fait bombarder des mariages au Yémen et en Afghanistan, des funérailles au Pakistan et un hôpital à Kunduz (autant de sites civils) provoquant la mort de centaines de personnes. En 2015, Obama a également autorisé un soutien logistique et en matière de renseignement, incluant le ravitaillement en vol, à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen.
Quant au « chaos » qu’il déplore aujourd’hui, rappelons qu’Obama est à l’origine de l’intervention militaire de 2011 en Libye, qui a plongé ce pays dans des années de conflit et d’effondrement politique.
Sans la moindre gêne, Obama se permet désormais de pontifier, qualifiant l’action de Trump au pouvoir de « pitreries » et d’« absurdités ».
Ce qui relevait véritablement de l’absurde, de la pitrerie et du grotesque, c’est qu’Obama ait accepté le prix Nobel de la paix en 2009, alors même qu’il menait des guerres contre les populations pakistanaise, afghane et irakienne, qu’il soutenait le renversement de la démocratie au Honduras, qu’il favorisait des dictatures à travers le monde arabe et musulman, qu’il brandissait la menace d’une invasion de l’Iran et qu’il apportait un soutien enthousiaste à l’entreprise coloniale raciste israélienne.
Que Trump estime, lui aussi, mériter ce prix n’a rien d’hypocrite ; c’est, en réalité, le comité Nobel qui fait preuve d’hypocrisie en refusant de le lui décerner.
Faire la leçon aux Arabes
Dans son célèbre discours à l’université du Caire en 2009, Obama s’est adressé au monde musulman tout entier en tant que président qui avait déjà garanti l’impunité à l’administration Bush pour ses crimes, qui allait par la suite étendre la « guerre contre le terrorisme » et qui ne fermerait jamais le centre de détention de Guantánamo.
Il n’a fait aucune mention des centaines de milliers de personnes -plus d’un million, selon certaines estimations- déjà tuées par les guerres menées par les États-Unis, de l’Irak à l’Afghanistan.
Il n’a exprimé aucune compassion pour les dizaines de milliers de civils arabes, Égyptiens compris, tués au cours de ce qui représentait alors six décennies de guerres et de massacres perpétrés par Israël à leur encontre. Il n’a pas non plus témoigné de solidarité envers les millions d’Arabes contraints à l’exil par les bombardements barbares d’Israël, dont un million d’Égyptiens durant la « guerre d’usure ».
Obama a condamné les Palestiniens pour leur refus de reconnaître à Israël le droit d’être un État « juif » raciste, et a adressé des injonctions racistes aux Arabes et aux musulmans.
Son engagement en faveur d’un Israël raciste allait même au-delà de celui de son vice-président, Joe Biden. Il a cherché à donner aux Arabes une leçon sur l’histoire des Juifs européens, les exhortant à prendre conscience de l’Holocauste, perpétré par des chrétiens européens contre des Juifs européens, plutôt que de la « Nakba », ce processus toujours en cours, mené par des colons juifs européens contre les populations arabes.
De manière immorale, Obama a accusé les peuples arabes de nier l’Holocauste, au seul motif qu’ils remettaient en question le colonialisme de peuplement juif européen en Palestine :
« Six millions de Juifs ont été tués, soit plus que la population juive totale d’Israël aujourd’hui. Nier ce fait est infondé, ignorant et haineux. Menacer Israël de destruction ou répéter des stéréotypes ignobles sur les Juifs est profondément condamnable ; cela ne fait qu’éveiller, chez les Israéliens, le souvenir le plus douloureux qui soit, tout en faisant obstacle à la paix que les peuples de cette région méritent. »
Il a par ailleurs rappelé à son auditoire du Caire que les liens entre l’Amérique et Israël étaient « indéfectibles ». Plutôt que d’exiger qu’Israël mette fin à sa violence aveugle, Obama, personnage ultra-sioniste, a insisté sur le fait que « les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance par la violence et le meurtre est une erreur, et elle ne mène à rien. »
Il a interdit aux Palestiniens, et aux autres Arabes, de chercher jamais à démanteler les structures racistes sur lesquelles repose la domination israélienne. Il a averti les peuples arabes que toute tentative de leur part visant à détruire le fondement raciste de l’État israélien serait perçue comme équivalant à un « Holocauste ».
Un an plus tard, à la tribune des Nations unies, le premier président américain noir est allé jusqu’à exhorter les Palestiniens, ainsi que les pays arabes et musulmans, à reconnaître à Israël le droit d’être un État juif raciste, insistant sur le fait que « l’existence d’Israël ne saurait faire l’objet d’un débat. Israël est un État souverain et la patrie historique du peuple juif. »
Cadeaux à Israël
En février 2011, Obama a opposé son veto, le seul de son premier mandat au Conseil de sécurité de l’ONU, pour faire échouer une résolution condamnant la colonisation israélienne, alors que les 14 autres membres du Conseil l’avaient soutenue.
Obama a également menacé d’opposer son veto à la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU en 2011, et a coupé le financement américain versé à l’UNESCO lorsque celle-ci a admis la Palestine en tant que membre.
En plein cœur de la guerre menée par Israël contre Gaza en 2014, qui a coûté la vie à 2.251 Palestiniens, le Pentagone, sous son administration, a réapprovisionné l’armée israélienne en obus de mortier, en grenades et en missiles Hellfire.
Ce sont ces années de soutien inconditionnel de la part d’Obama, couronnées par un « cadeau d’adieu » à Israël sous la forme d’une aide américaine de 38 milliards de dollars, répartie sur dix exercices fiscaux (de 2019 à 2028) et constituant, à l’époque, le plus important programme d’aide militaire jamais accordé par les États-Unis à Israël, qui ont permis à ce dernier de perpétrer le génocide en cours à Gaza depuis 2023.
Pourtant, Abdulrahman « Abdul » El-Sayed, candidat démocrate au Sénat dans le Michigan (qui affirme s’opposer au génocide israélien en cours ainsi qu’à ce qu’il qualifie de « socialisme pour les grandes entreprises » aux États-Unis), a apporté un soutien enthousiaste à Obama ; un Obama qui a pourtant armé et financé le génocide israélien, le rendant possible par sa rhétorique sioniste.
Durant son mandat, Obama a par ailleurs orchestré l’exemple le plus frappant de ce « socialisme pour les grandes entreprises » : le sauvetage, financé par les contribuables à hauteur de 500 milliards de dollars, d’un système bancaire américain corrompu.
Un mois plus tôt, El-Sayed avait mené campagne à travers Détroit aux côtés de Kamala Harris – candidate malheureuse à l’élection présidentielle qui, en tant que vice-présidente, a continué à soutenir sans réserve le génocide israélien à Gaza ainsi que le projet expansionniste d’Israël.
Rien de tout cela n’est nouveau. Nous avions déjà assisté à ce triste spectacle lorsque Obama, ainsi que les libéraux et les « gauchistes » américains, ont fait campagne pour d’autres criminels de guerre (Hillary Clinton en 2016 et Joe Biden en 2020), les présentant comme le « moindre mal ».
Aucun crime commis par des présidents démocrates, aussi atroce soit-il, ne saurait dissuader les libéraux américains de leur apporter leur soutien. Alors qu’il s’apprêtait à prendre ses fonctions, Obama a exhorté les Américains à « se tourner vers l’avenir plutôt que vers le passé », justifiant ainsi son refus de poursuivre les responsables de l’administration Bush pour des actes de torture.
Aujourd’hui, les démocrates se tournent au contraire vers leurs anciens dirigeants pour préserver des politiques que les jeunes électeurs souhaitent voir abandonnées.
Le fait que ces mêmes progressistes nous incitent à soutenir les candidats de ce même parti témoigne de l’obstination avec laquelle ils poursuivent leur programme politique aux États-Unis. En cherchant à maintenir leur emprise sur le parti, ils risquent en réalité de provoquer sa désintégration, une évolution dont tous les Américains devraient se réjouir.
Article original en anglais sur Middle East Eye / Traduction MR
