Partager la publication "14 militants d’ISM risquent l’expulsion pour avoir accompagné des Palestiniens lors de la récolte des olives à al-Lubban al-Gharbi"
ISM-Palestine, 30 octobre 2026.– Quatorze militants originaires d’Italie, des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie, d’Allemagne, d’Irlande et de Suède, risquent l’expulsion après avoir été arrêtés par les forces d’occupation israéliennes alors qu’ils accompagnaient des agriculteurs palestiniens durant la récolte des olives à al-Lubban al-Gharbi, au nord-ouest de Ramallah.

Capture d’écran de la VIDEO publiée sur le compte instagram d’ISM France.
Les militants ont été interpellés dans une maison du village, à l’écart des oliveraies, puis transférés au poste de police israélien situé au poste de contrôle de Ni’ilin. Ils ont été interrogés et accusés d’avoir enfreint un ordre d’un commandant militaire en pénétrant dans une zone militaire fermée. Une audience concernant la révocation de leurs visas doit se tenir aujourd’hui ; elle pourrait aboutir à leur expulsion. L’audience est prévue dans les bureaux de Yahalom à 11 heures.
Des colons ont suivi le groupe jusque dans la zone résidentielle du village, où les forces d’occupation israéliennes les ont rapidement rejoints. Les soldats de l’occupation ont ensuite pénétré dans une maison où les 14 militants internationaux s’étaient rassemblés et les ont arrêtés. Bien que les autorités accusent les militants d’avoir violé un ordre interdisant l’accès à une zone militaire, aucun document de ce type ne leur a été présenté lorsqu’ils se trouvaient sur les terres agricoles. Selon des témoins, des colons sont restés aux côtés des soldats tout au long de l’arrestation.
Les forces d’occupation israéliennes ont également arrêté le maire d’al-Lubban al-Gharbi, qui a été violemment frappé. Elles ont causé des dégâts dans son atelier de menuiserie et l’ont menacé, lui intimant l’ordre de ne plus retourner sur les terres agricoles et de ne plus faire venir de militants internationaux dans le village.
L’un des militants italiens arrêtés a déclaré :
« Je suis venu ici pour témoigner ma solidarité avec le peuple palestinien et pour m’opposer au régime sioniste génocidaire qui, depuis des décennies, tue, blesse et déplace des personnes innocentes. Personne ne devrait jamais subir les crimes innommables qu’Israël commet contre le peuple palestinien ; il est donc indispensable de se dresser contre les États et les gouvernements qui perpétuent une telle destruction, y compris tous les alliés d’Israël. »
La libération de la Palestine est une question qui nous concerne tous, dans notre quête d’une liberté collective : le sionisme est, en réalité, une idéologie raciste dont l’impact dépasse largement le cadre du système d’apartheid israélien, puisqu’il exporte des armes, des technologies et des méthodes de violence vers d’autres gouvernements qui oppriment leurs propres populations. Alors que nous sommes témoins d’un génocide diffusé en direct, nous devons prendre conscience que la liberté des Palestiniens est, en fin de compte, synonyme de liberté pour tout être humain ; nous devons donc agir contre la terreur et l’indifférence prônées par les oppresseurs.
Al-Lubban al-Gharbi est située dans une zone de la Cisjordanie occupée où l’expansion des colonies, la confiscation des terres et les restrictions à la liberté de circulation ont progressivement réduit l’accès des Palestiniens à leurs terres agricoles.
Entre 2023 et 2026, des colons issus de l’avant-poste « Avichai Farm », établi sur des terres palestiniennes près du village, ont clôturé et accaparé des centaines d’hectares de terres agricoles, notamment des oliveraies. Le village est par ailleurs encerclé par des colonies israéliennes et des routes de contournement, tandis que le « mur de l’apartheid » a coupé l’accès à une part importante de ses terres agricoles.
Ces restrictions s’inscrivent dans une dynamique plus large d’expansion des colonies et de déplacement de populations dans la région ouest de Ramallah. Cela inclut des projets visant à rouvrir la route 463 en tant qu’axe réservé aux colons, ainsi que l’installation de nouveaux points de contrôle militaires, restreignant davantage les déplacements des Palestiniens entre des communautés déjà durement touchées par un processus de nettoyage ethnique lié aux infrastructures des colonies.
Pour les communautés agricoles palestiniennes, ces restrictions ont des conséquences désastreuses sur leur vie et leurs moyens de subsistance. L’expansion des colonies et des infrastructures qui leur sont associées limite de plus en plus l’accès aux terres agricoles ; par ailleurs, les attaques menées par des colons rendent les travaux de culture et de récolte périlleux, même là où l’accès demeure théoriquement possible. Ces pressions sont particulièrement intenses durant la récolte des olives, une source de revenus vitale pour quelque 80.000 à 100.000 familles palestiniennes à travers la Cisjordanie.
Lors de la récolte des olives en 2025, le Mouvement de solidarité internationale (International Solidarity Movement) a documenté de nombreux incidents impliquant des colons et des soldats israéliens. Parmi ceux-ci, on peut citer l’usage de munitions réelles et de gaz lacrymogènes contre des agriculteurs et des volontaires internationaux à Beita, des agressions visant une Palestinienne et des volontaires internationaux à Turmusayya, ainsi que l’entrave aux activités des récolteurs d’olives à Yatma.
La détention et la menace d’expulsion pesant sur des militants de la solidarité internationale à al-Lubban al-Gharbi surviennent alors que les communautés palestiniennes continuent de réclamer une présence solidaire internationale à leurs côtés, pour défendre leurs terres et résister aux déplacements forcés. Alors que la récolte des olives de 2026 touche à sa fin, les communautés palestiniennes réaffirment qu’une présence solidaire internationale demeure indispensable tout au long de l’année.
Article original en anglais sur palsolidarity.org / Traduction MR