Tous les plans et actions d’Israël convergent vers l’effacement des Palestiniens

Ramona Wadi, 8 septembre 2026. – Durant le génocide d’Israël à Gaza, le monde entier a compris que la diplomatie ne s’opposait pas réellement à l’effacement des Palestiniens. Lorsque Israël a évoqué officiellement son projet de vider Gaza de ses habitants palestiniens, il a reçu des armes et un soutien diplomatique. Lorsque le transfert forcé est apparu comme faisant partie intégrante du plan, très tôt après le début du génocide, la communauté internationale a exprimé son refus, mais les ventes d’armes se sont poursuivies de plus belle. Il est devenu évident qu’Israël était autorisé à transformer les violations du droit international et les crimes de guerre en prérogatives exclusives au service de son agenda colonial.

Frappe de l’armée israélienne sur un bâtiment du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 8 septembre 2026. [Moiz Salhi – Agence Anadolu]

Aujourd’hui, alors que le transfert forcé revient au cœur de l’actualité — avec l’annonce par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, d’un plan sur sept ans prévoyant le transfert forcé de 250.000 Palestiniens vers d’autres pays, suivi du reste de la population palestinienne de Gaza —, le silence de la communauté internationale n’est pas du tout rassurant.

Même si ce plan ne se concrétise pas, l’occupation militaire de Gaza par Israël risque de devenir permanente, ce qui implique que plusieurs scénarios d’effacement sont envisagés.

Cette semaine, la rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, a averti que l’enlèvement des décombres par Israël dans les zones occupées par l’armée pourrait effacer les preuves du génocide et anéantir toute chance d’identifier les corps restant piégés sous les ruines. « Les décombres de Gaza contiennent des restes humains et des preuves matérielles essentielles à l’enquête sur les crimes internationaux présumés, y compris le génocide », a déclaré Mme Albanese, soulignant que les entreprises et les pays participant au déblaiement pourraient voir leur responsabilité pénale internationale engagée.

Il existe toutefois un écart majeur entre ce que dicte le droit international et la réalité lorsque Israël est impliqué. Israël évoque ouvertement des crimes de guerre sans jamais être sanctionné. Cela ne devrait pas surprendre : après tout, rien n’a empêché les groupes paramilitaires sionistes de procéder au nettoyage ethnique des Palestiniens lors de la Nakba pour ouvrir la voie à la création d’Israël.

Des décennies de violations supplémentaires, jusqu’au génocide, se sont également déroulées sans conséquences pour Israël, tandis que les Palestiniens étaient réduits à de simples statistiques pour des institutions internationales obstinées à faire fonctionner un paradigme humanitaire défaillant.

Israël dispose désormais de méthodes d’effacement plus sophistiquées et d’opportunités illimitées pour les promouvoir. En laissant le génocide se dérouler sans entrave à Gaza, la communauté internationale a accordé à Israël une impunité totale. Qui s’élèvera désormais contre le transfert forcé — présenté sous les atours d’une migration volontaire — alors que les Palestiniens ont déjà été déplacés par le génocide ? Qui dénoncera le fait qu’Israël déblaie les décombres et efface les preuves, alors que le feu vert donné au génocide a déjà ouvert la voie à des crimes d’effacement ?

Plus les Palestiniens sont tués et déplacés avec l’approbation tacite et totale de la communauté internationale, plus il est aisé pour Israël d’élaborer des plans visant à leur effacement pur et simple. Lorsque Ben Gvir affirme que le transfert forcé est une option réaliste, il est malheureusement fort probable qu’il ait raison. Tout plan mis en œuvre à l’avenir inclura indubitablement un transfert forcé.

C’est ainsi qu’Israël s’est maintenu en tant qu’entreprise coloniale en Palestine : par le transfert forcé et l’effacement, renforcés par la complicité et le silence internationaux.

Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR