B’Tselem, 31 août 2026.- Raj’in (راجعين – « Nous reviendrons ») est un documentaire immersif qui témoigne du nettoyage ethnique en cours des Palestiniens en Cisjordanie, perpétré par les milices de colons israéliens et l’État.
Tourné sur une période de trois ans, le film documente ce nettoyage ethnique à travers les récits de plus de onze communautés palestiniennes menacées de transfert forcé. Il mêle de manière viscérale des images à 360° à des séquences brutes filmées au téléphone ou à la caméra portative par des résidents palestiniens et des militants de la « présence protectrice ».
Le récit suit trois protagonistes à différents stades de la dépossession : Jaber, qui demeure sur ses terres malgré les attaques incessantes et les démolitions de maisons ; ‘Alya, qui a subi de multiples déplacements ; et la famille Hreizat, contrainte de démonter son foyer et de partir. En juxtaposant le quotidien à la violence des milices de colons et des forces israéliennes, le film révèle un paysage et une population sous une menace constante, ainsi qu’une politique visant à effacer toute présence palestinienne. C’est un témoignage poignant et sans filtre d’un monde en voie d’effacement, dont la narration est subtilement marquée par les intimidations auxquelles l’équipe de tournage a elle-même dû faire face pour capturer cette réalité.
Le titre arabe du film, Raj’in (راجعين – « Nous reviendrons »), provient d’un graffiti tracé par l’une des protagonistes, ‘Alya, sur sa maison avant qu’elle ne soit forcée de la quitter. Cette expression figure également dans un poème qu’elle a écrit, reflétant le concept de Sumud — la fermeté palestinienne et la détermination à rester sur sa terre malgré les déplacements incessants depuis la Nakba de 1948.
Nos partenaires de NowHere Media ont rejoint le projet en tant que coproducteurs à l’automne 2025 et nous ont aidés à trier trois années d’images abondantes. Ils ont collaboré à l’élaboration du récit, du storyboard initial jusqu’au montage, à la post-production et à la conception sonore. Grâce à leur expertise en narration immersive, ils ont contribué à donner vie à la réalité vécue par les communautés palestiniennes de Cisjordanie.
Nous exprimons notre profonde gratitude aux habitants des communautés que nous avons documentées ; ils nous ont accueillis chez eux et nous ont confié leurs histoires en des moments de grande incertitude et de peur. Nous remercions également les militants de la « présence protectrice » qui consacrent leur vie à soutenir ces communautés et à documenter la réalité dévastatrice à laquelle elles sont confrontées chaque jour.
Article original en anglais sur B’Tselem / Traduction MR