Partager la publication "Un Trump « exaspéré » s’en prend à ses conseillers au sujet de la stratégie de guerre contre l’Iran"
Al Mayadeen, 30 juillet 2026 – Le président US Donald Trump est de plus en plus contrarié par l’absence de progrès vers la fin de la guerre contre l’Iran et par les désaccords entre ses hauts conseillers militaires sur la marche à suivre, a rapporté NBC News.

30 juillet 2026.- Les États-Unis ont lancé des frappes sur les provinces iraniennes d’Hormozgan et du Khouzistan. Une frappe de missile sur un quartier résidentiel de l’île de Qeshm a tué trois membres d’une même famille et blessé plusieurs enfants. Plusieurs cibles situées aux abords d’Ahvaz, d’Abadan, de Shadgan et d’Arvandkenar ont également été touchées. (Source : Iran Today)
Un allié du président, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré à NBC News : « Le président est exaspéré. Je ne pense pas qu’il croyait qu’il serait aussi difficile d’amener les Iraniens à accepter un accord. »
« Il n’y avait pas de véritable stratégie quant à la durée ou aux actions à mener pour atteindre l’objectif final… Il n’avait pas prévu que ce serait une guerre longue et interminable », a ajouté la même source.
Défaite stratégique
Un responsable US, s’exprimant également sous couvert d’anonymat, a indiqué que le mécontentement de Trump découlait de l’absence de consensus sur la gestion d’un conflit qui a débuté le 28 février par une agression conjointe américano-israélienne — qui a coûté la vie au dirigeant iranien Sayyed Ali Khamenei — mais qui a rapidement entraîné des représailles, la fermeture du détroit d’Ormuz et, finalement, une impasse.
« Après tout ce temps, il n’y a pas d’unité », a déclaré ce responsable. « Nous avons remporté une série de victoires tactiques, mais nous sommes confrontés à une défaite stratégique, sans orientation politique claire ni décision sur l’issue du conflit. »
Tensions au sein de l’équipe de sécurité nationale
La source a indiqué à NBC que Trump avait « explosé de colère » lors d’une réunion avec ses hauts conseillers à la sécurité nationale la semaine dernière, lançant des injures aux personnes présentes.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a démenti cette version des faits, déclarant : « C’est faux. Le président dispose d’une excellente équipe en laquelle il a confiance, et chacun au sein de cette équipe sait que c’est lui qui prend la décision finale. »
Mme Leavitt a ajouté que le président « ne restera pas les bras croisés alors qu’ils violent le [protocole d’accord], tuent nos soldats et tirent sur nos navires dans le détroit ».
« Tant que ce comportement ne changera pas, le sien ne changera pas non plus. Il est prêt à continuer de punir l’Iran », a affirmé Mme Leavitt.
« Prêt à l’action »
Le porte-parole en chef du Pentagone, Sean Parnell, a fait écho à cette position, déclarant que le département de la Guerre était « prêt à l’action, disposé à exécuter les directives du président à tout moment ».
M. Parnell a également indiqué que le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, et le chef d’état-major interarmées Dan Caine « sont parfaitement alignés et unis quant à la mission, à la stratégie et à la détermination concernant les opérations à l’étranger impliquant l’Iran ».
La guerre entre dans son sixième mois
Durant la campagne présidentielle de 2024, Trump s’était engagé à ne pas entraîner les États-Unis dans de nouveaux conflits interminables à l’étranger. Toutefois, après avoir lancé l’« opération Midnight Hammer » contre les installations nucléaires iraniennes l’été dernier, il s’est retrouvé engagé dans une autre guerre — qu’il avait pourtant qualifiée d’« incursion de courte durée » — et qui approche désormais de son sixième mois.
Bien que Trump ait affirmé que Téhéran cherchait désespérément à conclure un accord pour mettre fin aux hostilités, l’Iran a continué de résister à ces tentatives et a mené de nouvelles attaques.
Montée des pressions politiques intérieures
Parallèlement, de nombreux élus républicains souhaitent vivement voir la guerre prendre fin avant les élections de mi-mandat de novembre.
Certains craignent que la hausse des prix du carburant liée au conflit ne nuise aux candidats républicains dans les urnes et ne suscite un mécontentement susceptible d’aider les démocrates à reprendre le contrôle du Congrès.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui exercerait une influence sur les décisions de Trump, se trouvait à Washington cette semaine pour assister aux funérailles d’un sénateur républicain de Caroline du Sud.
Trump maintient une posture publique offensive
Malgré des informations faisant état de colère en coulisses, Trump continue d’afficher publiquement sa confiance.
S’exprimant sur Fox News mercredi, il a déclaré : « On va leur en casser la gueule… On va les frapper fort. Ils vont prendre une raclée. »
Le président s’est également dit déconcerté par l’approche diplomatique de l’Iran, alors même que ce sont les États-Unis qui sont revenus sur le protocole d’accord signé à Versailles en juin.
« Pour une raison inconnue, alors qu’on est en pleine discussion constructive, ils sortent de nulle part pour dire « on ne discute plus » », a-t-il déclaré.
Divergences sur la marche à suivre
Selon NBC, les avis divergents au sein de l’entourage de Trump se sont cristallisés autour de deux camps.
Hegseth et Netanyahu préconisent d’exercer une pression militaire accrue sur l’Iran, bien que Netanyahu n’aurait pas directement prôné cette stratégie lors de sa récente rencontre avec Trump à Washington.
À l’inverse, le vice-président JD Vance et Caine se montreraient sceptiques quant à l’utilité d’une action militaire supplémentaire.
Caine aurait mis en garde contre l’épuisement continu des stocks d’armes américains qu’entraînerait une campagne de frappes prolongée.
Un élu démocrate remet en question la stratégie de guerre
Ces divergences d’appréciation ont également suscité l’attention des députés US, certains remettant en cause la stratégie globale de Washington dans ce conflit.
Le représentant Kevin Mullin (Démocrate de Californie) a critiqué le rôle des États-Unis dans la guerre lors d’un entretien avec Elex Michaelson, de CNN.
« Nous y avons déjà consacré 37 milliards de dollars », a déclaré M. Mullin au sujet des dépenses américaines liées à la guerre avec l’Iran.
« C’est une guerre en quête de justification », a affirmé M. Mullin. « Je crains qu’au bout du compte, nous ne gaspillions des ressources et ne perdions des vies, sans pour autant nous rapprocher d’une véritable paix au Moyen-Orient. »
M. Mullin a soutenu que la position de Trump sur le plan intérieur « s’érode à l’heure même où nous parlons », citant la hausse du prix du carburant et du coût de la vie pour les ménages, ainsi que l’opposition de l’opinion publique à la guerre.
Il a déclaré que mettre fin au conflit devait être la priorité immédiate, tout en avertissant que les États-Unis pourraient en sortir affaiblis, sans accord en place et avec un détroit d’Ormuz toujours fermé.
« Ce président pourrait finalement aboutir à un résultat bien plus faible » que l’accord sur le nucléaire iranien conclu par l’ancien président Barack Obama, a-t-il souligné.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis ont repris leur offensive militaire contre l’Iran après une pause de cinq jours ; Washington a lancé de nouvelles frappes en réponse à une attaque iranienne au missile balistique visant une base militaire américaine et le quartier général du CENTCOM en Jordanie.
Article original en anglais sur Al Mayadeen / Traduction MR