En 11 ans, les Palestiniens ont obtenu 66 permis de construire en Cisjordanie, contre 22.000 pour les colons israéliens illégaux.

Middle East Monitor, 22 février 2026.– Les autorités israéliennes n’ont accordé que 66 permis de construire à des Palestiniens en Cisjordanie occupée sur une période de 11 ans, tandis que 22.000 permis ont été délivrés à des colons illégaux, a rapporté dimanche un journal israélien cité par l’agence Anadolu.

Selon le quotidien Haaretz, seuls 66 permis de construire ont été délivrés à des Palestiniens entre 2009 et 2020, contre 22.000 permis accordés à des colons israéliens illégaux durant la même période.

« La majeure partie de la Cisjordanie étant interdite à la construction pour les Palestiniens, les habitants sont contraints de construire sans permis », a commenté le journal.

Haaretz cite les démolitions massives menées par les autorités israéliennes depuis janvier dans le quartier de Taawun, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.

Ce quartier, situé en zone C, « n’a reçu aucun permis de construire des autorités israéliennes, bien qu’il soit éloigné de toute colonie ou route d’accès », précise le quotidien.

Al-Taawun, ajoute le journal, n’est qu’un exemple de l’accélération du rythme des démolitions en Cisjordanie.

Rien qu’en janvier, l’armée israélienne a démoli 24 bâtiments palestiniens en zone C, faute de permis de construire.

Hausse des démolitions

Haaretz, citant le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), indique qu’au moins 2.461 bâtiments palestiniens ont été démolis ces deux dernières années pour défaut de permis de construire, contre 4.984 au cours des neuf années précédentes.

Environ 3.500 personnes ont ainsi perdu leur logement durant cette période, précise le journal.

OCHA n’a pas précisé si ces démolitions ont eu lieu exclusivement en zone C ou dans l’ensemble de la Cisjordanie.

Selon Haaretz, cette campagne de démolitions menée ces deux dernières années a coïncidé avec le déplacement d’environ 80 communautés palestiniennes, conséquence de l’expansion rapide des fermes et avant-postes illégaux des colons.

Les accords d’Oslo II de 1995 ont divisé la Cisjordanie en trois zones administratives : la zone A, sous contrôle palestinien total ; la zone B, sous administration civile palestinienne et contrôle sécuritaire israélien ; et la zone C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien total, qui couvre environ 61 % de la Cisjordanie.

Les Palestiniens affirment qu’Israël délivre rarement des permis de construire en zone C, empêchant de fait toute construction ou tout aménagement du territoire.

Les Palestiniens perçoivent ces mesures comme un prélude à l’annexion formelle de la Cisjordanie et une étape vers l’annexion de facto de vastes portions du territoire, des mesures qui, selon eux, compromettraient le cadre de la solution à deux États approuvé par l’ONU.

Dans un arrêt historique rendu en juillet 2024, la Cour internationale de Justice a déclaré illégale l’occupation par Israël des territoires palestiniens et a exigé l’évacuation de toutes les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR

Lire : « Demolitions escalate in Jerusalem… residential apartments and commercial buildings are demolished amid ongoing restrictive policies » (Les démolitions s’intensifient à Jérusalem… des immeubles résidentiels et commerciaux sont rasés dans un contexte de politiques restrictives). Wadi Hilweh Information Center, 15 février 2026, d’où sont tirées les photos.