Partager la publication "Plus fort que toutes les armes… Retour des Palestiniens aux décombres de Gaza"
Centre Palestinien d’Informamtion, 21 février 2026.– Avec la réouverture partielle du passage de Rafah, les Palestiniens bloqués hors de la bande de Gaza depuis plus de deux ans continuent d’affluer, témoignant ainsi de leur volonté de retourner dans leur patrie malgré les ravages causés par la guerre et les nouveaux obstacles dressés contre leur retour.
Dans la cour de l’hôpital Nasser de Khan Younis, les sentiments de joie se mêlaient aux larmes, tandis que les familles attendaient l’arrivée des bus transportant les rapatriés à travers le passage, après un long voyage d’absence forcée.
C’est dans les embrassades et les larmes que la Palestinienne Fidaa Omran a retrouvé son père, sa mère et ses sœurs à l’hôpital, après un long séjour à l’étranger pour se faire soigner.
Dans une interview, Omran déclare : « Les services médicaux étaient disponibles à l’étranger, mais rien ne remplace le sentiment de rentrer chez soi et d’être parmi ses proches », ajoutant qu’elle a oublié les difficultés du voyage dès son arrivée à Gaza.
Joie et attachement à la terre
Fidaa Imrane affirme avoir attendu ce moment depuis longtemps, conseillant aux Palestiniens de ne pas songer à la quitter.
« Il n’y a pas de meilleur endroit que Gaza »
En février dernier, les forces d’occupation génocidaire ont rouvert partiellement le passage de Rafah, après avoir envahi la ville en 2024 et imposé des restrictions sévères, après une fermeture qui durait depuis mai et la prise de contrôle du côté palestinien du passage.
Les scènes du retour des personnes bloquées et des retrouvailles des familles séparées par la guerre ont constitué un signe supplémentaire de l’attachement des Palestiniens à leur terre et de leur détermination à faire échouer les plans de déplacement.
Malgré les destructions massives, les données indiquent qu’environ 80.000 Palestiniens à l’étranger ont enregistré leur nom pour retourner à Gaza, alors que les observateurs estiment que cette détermination perturbe les calculs des décideurs sionistes, qui ont annoncé à plusieurs reprises leur intention de vider la bande de Gaza de ses habitants.
Pour sa part, Taheni Omran, qui est revenue, décrit l’exil comme un « supplice permanent », affirmant qu’elle s’est sentie rassurée dès son arrivée à Gaza.
« Nous sommes nés ici et nous mourrons ici »
Omran indique qu’elle a été soumise à des mesures très dures lors de son passage au poste-frontière, notamment le menottage, le bandeau sur les yeux et un interrogatoire pendant des heures.
Dans la cour de l’hôpital, le jeune Hossam al-Mansi tenait ses enfants dans ses bras, décrivant son retour comme « une joie indescriptible » après une absence forcée due à une blessure subie pendant la guerre.
Al-Mansi affirme que, ajoutant qu’il a préféré rentrer avant la fin de son traitement, car « malgré l’oppression et la destruction, la patrie reste le seul endroit où nous nous sentons chez nous ».
« La terre de Gaza vaut le monde entier »
Une lecture politique de la situation
L’analyste politique Iyad al-Qara estime que le retour d’un seul Palestinien à Gaza « représente un échec pratique du projet de déplacement », expliquant que la décision de revenir combine deux dimensions fondamentales :
- Une dimension humaine, qui consiste à réunir les familles.
- Une dimension nationale, qui reflète la conscience collective des dangers du déplacement.
Il ajoute que « lorsqu’il doit choisir entre la souffrance de l’exil et la souffrance dans son pays, le Palestinien choisit son pays », soulignant que cette prise de conscience s’est déjà manifestée dans la détermination des déplacés à retourner dans le nord de la bande de Gaza dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Al-Qara affirme que les autorités d’occupation sont contrariées par l’insistance des Palestiniens à rentrer chez eux, estimant que les enquêtes et les mauvais traitements infligés aux rapatriés reflètent cette contrariété.
Des sources gouvernementales à Gaza accusent les autorités d’occupation de ne pas respecter les nombres convenus pour le passage des voyageurs, ce qui fait que le retour des personnes bloquées selon le mécanisme actuel prend des années.
Selon le bureau d’information du gouvernement, le taux de respect par l’entité sioniste du nombre de voyageurs n’a pas dépassé 29 %, du 2 février au 15 mars puisque seulement 811 voyageurs ont pu traverser le point de passage parmi 2800 allers-retours.
Les estimations du bureau gouvernemental de l’information, plus de 22.000 blessés et malades ayant besoin de quitter la bande de Gaza pour se faire soigner, dans un contexte d’effondrement quasi total du système de santé.
Échecs répétés
Avant la guerre, le passage de Rafah voyait passer quotidiennement des centaines de voyageurs sans intervention directe de l’entité sioniste, mais ce mécanisme a été perturbé par le déclenchement de la guerre.
Avec le soutien des États-Unis l’entité genocidaire a commencé une guerre à grande échelle environ deux ans depuis le 8 octobre 2023, qui a couté la vie à plus de 72 mille Palestiniens et blessé environ 171 mille palestiniens pour la plupart des femmes et des enfants, et a causé la destruction de 90 % de l’infrastructure civile.
Malgré cela, les Palestiniens considèrent que le retour, même vers la destruction, reste une option moins cruelle que l’exil, et un message renouvelé de l’échec des tentatives visant à les déraciner de leur terre.
Source : Centre Palestinien d’Information
