Partager la publication "Israël annonce un important plan d’expansion pour agrandir la colonie Adam au nord de Jérusalem"
The Palestinian Information Center, 4 février 2026.- Le gouvernement d’occupation israélien a annoncé la signature d’un important accord d’expansion des colonies ; il prévoit la construction de milliers de nouveaux logements coloniaux dans la colonie Adam (également connue sous le nom de Geva Binyamin), construite sur des terres palestiniennes confisquées au nord de Jérusalem occupée, dans une nouvelle escalade montrant la détermination d’Israël à remodeler la réalité démographique et géographique de la ville.

Geva Binyamin. Capture d’écran de la vidéo ici où l’on peut voir l’ampleur du vol des terres palestiniennes.
Selon l’annonce officielle, le plan prévoit la construction d’environ 2.780 nouveaux logements, pour un coût initial estimé à environ 120 millions de shekels.
Le projet transformera la colonie, qui passera d’un avant-poste de taille moyenne en une grande ville coloniale, qui encerclera et étouffera davantage les villes et villages palestiniens environnants.
Des sources ont indiqué que le plan va au-delà de la construction résidentielle et inclut une vaste infrastructure coloniale, en particulier de nouvelles routes réservées aux colons construites sur de nouvelles terres volées aux Palestiniens qui relieront la colonie à des réseaux d’infrastructures exclusifs desservant uniquement les colons.
Les rapports indiquent que la première phase du projet a déjà commencé, avec environ 500 unités de colonie mises sur le marché, tandis que la construction et l’expansion devraient se poursuivre successivement afin de consolider le contrôle total israélien sur la zone.
L’expansion de la colonie Adam fait partie de la soi-disant stratégie israélienne du « Grand Jérusalem », qui cherche à relier les blocs de colonies entre eux, isolant ainsi Jérusalem occupée de son arrière-pays palestinien en Cisjordanie.
Le plan vise également à fragmenter le territoire palestinien en séparant la Cisjordanie nord et le sud de la Cisjordanie, éliminant ainsi toute possibilité future d’établir un État palestinien géographiquement contigu.
Depuis 1967, Jérusalem occupée a été soumise à des initiatives systématiques de judaïsation et à une « israélisation » forcée, les résidents palestiniens faisant face à des politiques discriminatoires destinées à les chasser par ce que les groupes de défense des droits décrivent comme un « déplacement silencieux ».
Ces mesures incluent la démolition de maisons, la révocation des pièces d’identité de résidence, et l’étranglement économique dû à de lourdes taxes municipales comme la taxe Arnona (1), ainsi que des restrictions sur la vie commerciale palestinienne.
Des sources basées à Jérusalem ont souligné que l’expansion de la colonie d’Adam n’est pas simplement un projet de logements, mais un outil géopolitique pour consolider la souveraineté israélienne sur les terres palestiniennes saisies et institutionnaliser un système d’apartheid en allouant terres et infrastructures aux colons au détriment de la population indigène.
Des groupes palestiniens et de défense des droits humains ont vivement condamné le plan, soulignant que la construction de colonies en territoire occupé constitue un crime de guerre au regard du droit international et de la Quatrième Convention de Genève, et appelant la communauté internationale à intervenir immédiatement pour stopper l’expansion des colonies israéliennes à Jérusalem et dans la zone C de la Cisjordanie.
Article original en anglais sur The Palestinian Information Center / Traduction MR
(1) L’Arnona est une taxe municipale annuelle obligatoire calculée sur la superficie du logement. Son montant n’est pas uniforme à travers le pays et dépend de plusieurs facteurs déterminés par l’ordonnance fiscale de chaque autorité locale. Elle finance les services fournis par la municipalité (entretien des rues, éclairage public, éducation, services sociaux, etc.). Certains catégories de la population peuvent obtenir des réductions (les nouveaux arrivants par exemple). Pour les Palestiniens maqdissis (habitants d’Al-Qods), elle constitue une véritable escroquerie car ils ne bénéficient pas des services municipaux qui leur sont dus, en particulier le ramassage des ordures dans les rues de Jérusalem-Est qui est pris en charge, la nuit, par les habitants eux-mêmes). (NdT)