Ramona Wadi, 29 janvier 2026. La France et le Brésil ont réagi différemment à la proposition du Conseil de la paix du président américain Donald Trump, bien qu’ils semblent viser le même objectif. La France a rejeté l’invitation, affirmant qu’elle porterait atteinte au cadre onusien. Le Brésil a demandé aux États-Unis de limiter le Conseil de la paix à Gaza et d’y inclure la Palestine. Récemment, le président français Emmanuel Macron et le président brésilien Lula da Silva ont tous deux appelé à un renforcement de l’ONU. Or, la France est l’un des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui a voté la résolution 2803.

Le logo du « Conseil de la paix » de Trump, à gauche, est en fait le logo de l’ONU repeint couleur or, et le monde est réduit à la seule Amérique du Nord.
La France gagnerait cependant à expliquer pourquoi elle a voté pour une résolution dont elle savait qu’elle fragiliserait l’ONU. Le Brésil ferait bien de se souvenir que ce prétendu Conseil de la paix repose sur l’impunité d’un génocide en cours. La France et le Brésil contribuent tous deux à l’impunité dont jouit Israël pour ce génocide. L’opacité qui caractérise la politique actuelle rend difficile la définition des allégeances, mais nul ne peut nier que les positions de la France et du Brésil ne témoignent d’aucune préoccupation pour les Palestiniens et la Palestine.
Renforcer l’ONU et respecter son mandat ne garantissent pas automatiquement les droits des Palestiniens. La résolution du Conseil de sécurité a cédé du pouvoir aux États-Unis. Si l’ONU remplissait véritablement sa mission, cette résolution n’aurait pas été adoptée. Même le plan de partage de 1947 n’aurait pas été adopté si l’ONU avait réellement respecté sa charte. Pendant des décennies, l’ONU a été, à tort, associée à la légitimité internationale, aux droits de l’homme et aux possibilités de recours, alors que sa trajectoire révèle une collusion avec des violations du droit international, des crimes de guerre et des génocides. Aujourd’hui, l’ONU a moins besoin d’être renforcée que d’être décolonisée à la racine.
L’accent mis sur le renforcement de l’ONU n’est dû qu’à la volonté des États-Unis, sous la présidence de Trump, de perturber un statu quo confortable. Sans le Conseil de la paix, l’ONU servirait les intérêts des anciennes puissances coloniales qui continuent de décider où intervenir et quels États doivent s’effondrer au nom de la démocratie. Concernant Israël, ces mêmes anciennes puissances coloniales continueraient de protéger le nettoyage ethnique, le colonialisme et le génocide, agissant dans le cadre de leurs prérogatives nationales et sous l’égide de l’ONU.
Que signifie le renforcement de l’ONU ? Quel type de pouvoir est envisagé ? Un pouvoir accru qui consiste à fermer les yeux sur le génocide ? Si les dirigeants mondiaux qui refusent d’adhérer au Conseil de la paix persistent à ignorer la complicité de l’ONU dans l’expansion coloniale et la violence israéliennes, il ne s’agit que d’un choix entre deux institutions différentes qui privilégient et perpétuent les violations du droit international.
Pendant des décennies, les Palestiniens ont été invités à s’adresser à l’ONU, avant la création du Conseil de la paix. Pendant des décennies, l’ONU a instrumentalisé les Palestiniens au service du colonialisme israélien. Le Conseil de la paix s’inscrit dans la continuité de cet héritage. Si les dirigeants mondiaux opposés au plan Trump cherchent à renforcer l’ONU dans sa gestion et son maintien de la violence coloniale, les Palestiniens n’ont d’autre choix que de se concentrer sur une seule option. En effet, les institutions se renforcent pour assurer leur pertinence et leur survie ; si le Conseil de la paix représente une menace, on peut aisément imaginer que les Palestiniens souffriront davantage de cette lutte pour le pouvoir.
Article original en anglais sur Middle East Monitor / Traduction MR